Septembre 1950, les forces communistes nord-coréennes ont envahi la majeure partie de la Corée du Sud. Pour contrer cette offensive, une coalition dirigée par les États-Unis vient en aide à la Corée du Sud. Le Général Douglas MacArthur (Liam Neeson) prépare un débarquement risqué sur les plages de la ville portuaire d’Incheon, dans le dos des forces communistes. Au préalable, il organise une opération clandestine à Incheon pour recueillir des informations. Le capitaine Jang Hak-Soo (Lee Jeong-jae) dirige ainsi un commando de huit soldats sud-coréens chargés d’infiltrer le centre de commandement de l’armée nord-coréenne à Incheon, dirigé par le commandant Lim Gye-Jin (Lee Beom-soo). Ce commando doit déterminer l’emplacement des défenses nord-coréennes (mines, artillerie…) et sécuriser un phare essentiel au succès du débarquement. Particulièrement méfiant, le commandant communiste tente d’entraver la mission de Jang Hak-Soo. Leur lutte s’achèvera sur la plage du débarquement…

Memories of War est un film de guerre sud-coréen réalisé par Lee Jae-han, sorti en 2016. Il raconte un fait réel survenu à la bataille d’Incheon, pendant la guerre de Corée, entre le 15 et le 28 septembre 1950. MacArthur pense alors qu’il peut stopper l’offensive nord-coréenne s’il opère un débarquement audacieux derrière les lignes ennemies. Sept jours avant le débarquement, un commando est infiltré à Incheon. Mené par le lieutenant Eugene Clark, avec l’aide d’habitants locaux, le commando recueille des informations sur les marées et les fortifications ennemies. Puis il allume un phare à Palmi-do. La bataille d’Incheon met fin à une série de victoires de l’Armée populaire communiste de Corée et permet une contre-attaque des forces des Nations unies jusqu’à la reprise de Séoul.

La bataille d’Incheon avait déjà été traitée au cinéma par Terence Young en 1981 dans Inchon, un film américano-sud-coréen, avec Laurence Olivier en général MacArthur. Dans cette nouvelle évocation du débarquement, le récit est centré sur l’action préliminaire à la bataille. En effet le scénario de Lee Man-hee raconte, en la dramatisant, l’opération « Trudy Jackson », menée par la CIA et l’armée américaine, qui consista à infiltrer une équipe en Corée afin de recueillir des renseignements tactiques. Il se focalise sur l’antagonisme entre le chef de la mission, Jang Hak-soo, et un colonel nord-coréen impitoyable, Lim Gye-jin,

On peut être surpris par un scénario « à l’américaine » (par exemple la lutte finale entre les deux ennemis) et une interprétation « à la coréenne » (un jeu exagéré). Cependant, les nombreuses scènes d’action et la nervosité de la mise en scène créent un rythme soutenu.

Ce film s’inscrit dans l’évolution idéologique des films sud-coréens. Après la guerre de Corée et jusqu’aux années 1980, le cinéma de Corée du Sud a produit des films anticommunistes. Puis il a montré le drame de la division des coréens en deux pays antagonistes. Dans L’île étoilée (1993) de Park Kwang-su, les habitants d’une ile de Corée refusent que leur ancien instituteur soit enterré dans l’île, car ils le jugent responsable de la mort de plusieurs sympathisants communistes. Ce film suggère que la division entre les coréens doit maintenant laisser la place à une réconciliation. Les Monts Taebaek (Im Kwon-taek, 1994) met en scène deux frères, l’un communiste et l’autre nationaliste, qui s’affrontent au sein d’un village en 1948, juste avant la guerre de Corée. Dans Joint Security Area (Park Chan-wook, 2000), l’amitié entre soldats du Nord et du Sud dans un poste frontière est rendue possible. L’amitié entre soldats du nord et du sud pendant la guerre de Corée est également au centre de la comédie Welcome to Dongmakgol (Park Kwang-hyeon, 2005) ou du film de guerre Frères de Sang (Kang Je-Gyu, 2004) qui a connu un important succès. Traitent également de la guerre de Corée The last witness (Bae Chang-ho, 2001), The front line (Jang Hoon, 2011) et 71: Into the Fire (John H. Lee, 2011).

Memories of War est ainsi particulier puisqu’il renoue avec les films sud-coréens anticommunistes. Le commandant communiste nord-coréen est un véritable tyran. Ce message politique a provoqué les foudres de Télérama : « la vision des communistes (forcément cruels) est digne des pires films de propagande anti-« rouges » du maccarthysme ».

Kristol Séhec

Memories of War, DVD 19,99 euros, Blu-Ray 24,99 euros. Wilde Side Vidéo.

Crédit photo : DR
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2 Commentaires

  1. Il est intéressant de remarquer que le LST 715 figurant sur l’illustration a bien participé au débarquement d’Inchon.

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