28/11/2017 – 09h00 Paris (Breizh-info.com) – Aux élections européennes de 2014, le Mouvement breton s’était payé le luxe de présenter deux listes ; celle de Christian Troadec et celle de l’UDB. Dans cette circonscription électorale dénommée « Ouest » (Bretagne (4), Pays de la Loire, Poitou-Charentes), les résultats ne pouvaient qu’être mauvais. Ils le furent au-delà de toute espérance : 3,05% des exprimés pour les premiers et 1,01% pour les seconds.

Puisque l’important est de participer, les 18 candidats et suppléants de chaque liste firent acte de militantisme ; on parle de candidature de témoignage lorsque le candidat va à l’abattoir ! Reste à savoir comment les factures furent réglées par l’UDB. En effet, pour obtenir le remboursement des frais de campagne, il faut obtenir au moins 3% des suffrages exprimés aux élections européennes (contre 5% aux élections législatives) ; ce remboursement couvre le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches, circulaires ainsi que les frais d’affichage. Ce fut donc ric-rac pour Troadec grâce à ses 3,05% mais exclu pour Christian Guyonvarc’h, victime de son 1,01%.

Certains songent à renouveler l’opération en 2019. Cette fois un sérieux obstacle se présente ; en effet des huit circonscriptions dites régionales, on passerait à une circonscription unique – comme avant 2004. C’est ce que mijote Emmanuel Macron.

Avec une liste nationale, trouver 74 candidats et autant de suppléants devient mission impossible pour le Mouvement breton. Sans oublier l’importance de l’engagement financier.

Bien sûr, les amateurs et les naïfs – souvent les mêmes – parleront des Alsaciens, des Occitans, des Corses, à qui on ferait appel pour monter une liste « nationale » (sic). Rappelons que Christian Troadec avait la ferme intention de se présenter à l’élection présidentielle de mai 2017. Lui aussi comptait sur les Corses, les Alsaciens, les Occitans pour l’aider à trouver les 500 parrainages de maires. L’échec fut total et Troadec fut donc contraint à renoncer.

Sauf miracle, ce qui s’est passé en 2017 risque donc de se reproduire en 2019.

Bernard Morvan

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1 COMMENTAIRE

  1. « Bien sûr, les amateurs et les naïfs – souvent les mêmes – parleront des Alsaciens, des Occitans, des Corses, à qui on ferait appel pour monter une liste « nationale » (sic). »
    Sauf que la configuration est différente : les listes corses, surtout, et alsaciennes ont des résultats plus importants que les professionnels politiques bretons.
    Comment vont-ils réagir face à ce coup d’arrêt dans un élan positif alors que les Bretons accumulent le ridicule ? Les gauchistes pendant des décennies. Les droitards ne faisant pas mieux. Les indépendantistes, itou.
    Si ce sont les Corses et Alsaciens qui décident de lancer une liste par défaut, il ne faudrait pas que des naïfs côté breton ne bloquent quoi que ce soit sous prétexte d’une fierté très mal placée. La Bretagne qui devrait être une locomotive, n’est qu’un wagon de bout de train. Même les Catalans pourraient bénéficier d’un peu du succès de leurs compatriotes ibériques.
    Troadec a eu une bonne idée pour la présidentielle, sauf qu’il s’y est pris beaucoup, beaucoup, beaucoup trop tard et grossièrement.
    Des Asselineau et autres Cheminade ont bien réussi à avoir les 500 signatures.
    Troadec s’est vu trop beau et a perdu trop d’énergie dans les élections intermédiaires.
    Mumbach et Lassalle ont aussi fait office de parasite.
    Pour la question européenne, ce sont les Corses qui vont décider. Si les Alsaciens donnent leur aval, c’est faisable. Les Bretons iront coller les affiches.
    Reste que cette décision de circonscription unique est aussi, bien que ce soit marginal, motivé par la hantise d’un discours fédéraliste. Autre erreur de Troadec. Qui a aussi souffert de pressions sur les élus locaux.
    Jamais le discours antiparisien n’a été si fort. Entre autres par le cauchemar que représente les banlieues parisiennes. Jamais la grande ville n’a eu une image aussi négative et la campagne idéalisée. Jamais l’extrême-gauche n’a autant loué le local. Jamais les fafs n’ont autant joué la carte « identitaire régionale ».
    Il suffit d’une voix pour porter ce discours.
    Michel Onfray pourrait l’être s’il était un peu plus cohérent et surtout s’il cherchait autre chose qu’à satisfaire son égo tout en ménageant sa petite conscience.
    Idem pour Lassalle qui serait un atout sous réserve qu’il joue pas plus que le 3e homme (si seulement il joue sincère).
    Mais en l’état actuel, il n’y a vraiment que Gilles Simeoni de crédible. Cet homme est le seul à avoir la carrure. Mais dans quelle mesure estime-t-il que cela peut être efficace pour la Corse ? C’est du quitte ou double et on ne peut pas, les Bretons encore moins, regretter si les Corses ne s’engagent pas au niveau hexagonal. Il y a de quoi leur faire passer des paliers pourtant mais le risque aussi de voir leur remarquable travail gâché est aussi grand.
    La Bretagne, elle, n’a qu’un effondrement d’ampleur à attendre pour espoir. Politiquement, à l’heure actuelle, c’est le vide abyssal. En dehors d’une hypothètique réunification pour assurer une barronnie à Rugy et assurer des voix à Macron qui en aura bien besoin dans 5 ans.

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