2018 : une année chargée pour Paul Molac

15/02/2018 – 07h00 Ploërmel (Breizh-info.com) – A l’Assemblée nationale, Paul Molac, député de Ploërmel, est apparenté au groupe LREM ; il a suivi la voie ouverte par Jean-Yves Le Drian… Mais on ne peut pas le qualifier d’inconditionnel de la macronie. Un exemple : le jour du débat sur l’ISF, il se trouvait dans sa circonscription  – façon pour un membre de la majorité de signifier son désaccord au Gouvernement. Il aurait pu s’abstenir, mais sans doute ne tenait-il pas à jouer au frondeur comme le faisait Philippe Noguès (PS), député d’Hennebont lors du mandat précédent.

« Si j’avais siégé, j’aurais aussi voté avec l’opposition » de gauche, qui a bataillé contre ce « cadeau aux plus riches ». Sans s’embarrasser du fait que la suppression de l’ISF, remplacé par le seul impôt sur la fortune immobilière (IFI), était une promesse du candidat Macron. « Pendant ma campagne législative, j’avais prévenu que j’étais contre. J’ai défendu des choses dans le précédent mandat, je ne vais pas porter l’inverse parce qu’on a changé de majorité », réplique le député LREM du Morbihan, déjà élu en 2012 sous les couleurs EE-LV. Comme trois autres élus du parti présidentiel, Molac s’était abstenu sur la loi antiterroriste. Quand le texte suivant, sur les hydrocarbures, a été discuté, il s’est réjoui de pouvoir voter avec la majorité. (Libération, lundi 30 octobre 2017).

A coup sûr, à l’école Le Drian, Molac a appris pragmatisme et réalisme. Un parlementaire efficace tient compte de sa marge de manœuvre… Et puis, l’essentiel pour lui ne s’appelle-t-il pas défendre les intérêts bretons et avancée de la régionalisation ! Dans ces conditions, appartenir au groupe écologiste, puis au groupe des « marcheurs » ne présente guère d’importance. Si bien que, pendant la campagne présidentielle, il s’est rallié au candidat qui avait le plus de chances de s’installer à l’Élysée.

« Le choix Macron reste un choix imparfait, mais c’était le leur, selon lui. Le Ploërmelais ne le regrette pas. Pendant la campagne, l’ancien ministre de l’Économie lui a semblé le moins jacobin et le plus ouvert sur la question de l’autonomie des régions. « Il faut dire qu’il y avait du lourd en face », reconnaît-il. Le président n’a pas promis pour autant de grandes avancées en faveur de la décentralisation.

Le Morbihannais annonce la couleur : il devrait profiter de la réforme constitutionnelle prévue cette année pour réveiller le débat et promouvoir des régions plus libres de leurs mouvements. En proposant notamment de faciliter le droit à l’expérimentation locale. Une nouvelle proposition de loi pour la promotion des langues régionales, dont il est un des principaux artisans, est également déjà rédigée. Lors du dernier mandat, les socialistes l’avaient retoquée. » (Le Mensuel du Morbihan, février 2018).

Bien entendu, Molac suit de près le dossier corse. Car il n’a pas oublié ses convictions. « Notamment sur la défense de la langue bretonne. « Nous regardons de près les avancées sur la co-officialité de la langue corse ! En Bretagne, on sait que, pour qu’un tiers des jeunes Bretons deviennent bilingues, au rythme de l’enseignement actuel, on en a pour un siècle ! », se désole-t-il. Pour Molac, les Corses ont surtout réussi « à crédibiliser les idées autonomistes ». Les passions constitutionnelles du duo Simeoni et Talamoni ont même fait des petits. Alors que les deux dirigeants nationalistes réclament une modification de l’article 72-3 de la Constitution pour inscrire la Corse dans les territoires bénéficiant d’une plus grande liberté de gestion, le député breton verrait plutôt une modification de l’article 74 traitant du statut particulier des collectivités d’outre-mer «  en supprimant juste le terme d’«outre-mer» pour l’appliquer à l’ensemble des territoires. Ça [lui] irait très bien ». (Marianne, 2 février 2018).

Élu d’une circonscription rurale, Molac ne perd pas de vue l’intérêt qu’il y aurait à constituer au Palais-Bourbon un groupe idoine. Des députés défendant les communes rurales auraient beaucoup de pain sur la planche. Il y songe. « Être dans un grand groupe, c’est compliqué à gérer alors qu’être dans un petit permet plus de liberté. Pour que cela puisse se faire, il faudrait quinze députés, attachés aux territoires de préférence, nettement ruraux.

C’est toujours quelque chose qui me tient à cœur. Mais s’il voyait le jour, ce groupe ferait partie de la majorité présidentielle. Je ne suis pas un frondeur puisqu’au global, je suis en accord avec Macron » (Ouest-France, Morbihan, mardi 10 octobre 2017).

B. Morvan

Crédit photo : DR
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