Il est de ces associations subventionnées qui font un drôle d’usage des deniers publics. À Saint-Brieuc, la MJC du Plateau a ainsi une vision bien particulière de la culture.

249 116 euros de subventions

La Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) du Plateau est un nom bien connu de la vie briochine. Située dans le quartier dit « sensible » de Balzac, elle est à l’origine de diverses manifestations culturelles. Aux accents politiques parfois.

Pour ce faire, l’association se voit gratifier chaque année d’une subvention octroyée par la ville de Saint-Brieuc. En 2017, le montant s’est élevé à 249 116 euros. Quant à l’utilisation de ces fonds, la MJC fait des choix qui ne laissent pas de place à la culture bretonne. Rappelons que le quartier Honoré de Balzac comporte une multitude de nationalités parmi ses habitants. Dont une majorité d’extra-européens.

De tout sauf du breton

Du côté des activités proposées, il est notamment possible de suivre des cours de langue. Sur son site, la MJC du Plateau présente alors ces apprentissages en des termes bien particuliers :

« Les langues sont avant tout un passeport pour la découverte de cultures voisines ou éloignées. Ne sommes-nous pas tous colocataires de cette petite planète appelée Terre ? »

Une belle entrée en matière avant d’énumérer les langues enseignées sur place : allemand, anglais, espagnol, esperanto, japonais, russe et arabe. Arabe pour lequel il est précisé que les cours existent pour enfants comme pour adultes (?). Mais, si la découverte des cultures « voisines ou éloignées » tient effectivement ses promesses, la culture autochtone est passée à la trappe. Pas un seul cours de breton n’est ainsi proposé !

Entre jeunes du cru acculturés et nouveaux arrivants, il faut dire que la culture bretonne n’a pas vraiment le vent dans les voiles à Balzac. Pas de quoi perturber cependant l’agenda de la MJC du Plateau qui est sur tous les fronts en termes de multiculturalisme.

« Ethnique, branchée, académique »

Une actualité chargée qui doit certainement justifier le montant des subventions précité. Ainsi, il se passe toujours quelque chose à la Maison des Jeunes. Les dates s’enchaînent entre un stage de danse afro-tonic et une soirée polynésienne.

La danse revient d’ailleurs régulièrement dans l’agenda local. Là encore, la présentation générale ne manque pas de verve : « Ethnique, branchée, académique ou de salon, chaque danse a sa part d’émotions à partager ». Non sans ajouter par la suite : « Ces moments uniques d’expression des uns et des autres, dans la simplicité, font que chacun a sa place dans la ronde du monde ! » Le décor est planté.

Et quelles danses sont alors proposées au public ? Hip-hop, capoeira, danse créative ou encore ragga dancehall. Mais toujours pas la moindre trace de Bretagne dans tout cela.

Zéro à la Tolérance Zéro

La MJC du Plateau sait également s’entourer de partenaires de choix. Il en va ainsi de l’association UNVSTI qui organise un festival au nom explicite, Zéro à la Tolérance Zéro, du 12 au 31 mars prochains.

L’événement consacre la culture hip-hop et sera dédié cette année à une thématique récurrente ces temps-ci : « Vivre ensemble, faire ensemble ».

Mais le hip-hop et son univers n’entendent pas se limiter à l’agglomération de Saint-Brieuc puisque certaines animations sont ultérieurement prévues à Binic, Lannion ou encore Perros-Guirec. À titre informatif, l’association UNVSTI a quant à elle perçu au total 41 000 euros de subventions de la part de la ville de Saint-Brieuc en 2016.

Les contribuables briochins attachés à leur culture bretonne pourraient quant à eux plancher sur un autre concept : « Payer ensemble, faire sans nous ».

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Kev22)
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine