Bretagne. Isabelle Le Bal devient « Madame réunification »

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Au conseil régional de Bretagne, le groupe « Droite, centre et régionalistes » (président Marc Le Fur) vient de relancer la question de la réunification. A la manœuvre, Isabelle Le bal (Quimper), Delphine David (Montfort-sur-Meu) et Anne Maud Goujon (Guidel), qui proposaient la création d’une mission « Bretagne nouvelle » dotée d’un premier budget de 500 000 euros pour « favoriser les échanges entre les acteurs économiques, politiques, culturels et sociaux bretons et ceux du département de Loire-Atlantique ».

Prenant le train en marche, le président, Loïg Chesnais-Girard, propose à Isabelle Le Bal : « Si la région voisine est d’accord pour travailler en commun, on peut même faire une mission avec elle. Je veux bien vous missionner pour aller négocier avec les Pays de la Loire. Nous, on apporte 500 000 euros et eux aussi. Allons-y, avançons, et on se retrouve à la prochaine session. » (Le Télégramme, lundi 19 février 2018).

A coup sûr, si la mission aborde de front la question de la réunification, elle court à l’échec. Pour trente-six raisons, la majorité du conseil régional des Pays de la Loire s’y opposera. Mais il y a certainement moyen de faire avancer plusieurs dossiers. On peut travailler ensemble dans différents domaines : amélioration des liaisons ferroviaires Nantes – Quimper et Nantes- Rennes (par Châteaubriant, c’est plus court que par Redon), un seul organisme pour géer le maritime et le portuaire, complémentarité des aéroports…

Au sein du conseil régional de Bretagne, il a toujours existé une majorité en faveur de la réunification – droite et gauche confondues. Au groupe FN, on n’est pas hostile à une Bretagne à cinq ; sans manifester le moindre enthousiasme : « Mais on estime que rien ne doit se faire sans référendum », indique son président Gilles Pennelle (Le Télégramme, mercredi 14 février 2018). Oubliant que lorsque son pays d’origine, la Normandie, a été réunifiée il n’y a pas eu de référendum (loi du 16 janvier 2015).

En proposant à Isabelle Le Bal d’aller négocier avec le conseil régional des Pays de la Loire la réunification, Loïg Chesnais-Girard sait bien que l’affaire ressemble à mission impossible. Dans ces conditions, autant la confier à un membre de l’opposition ! Il faut en effet se reporter au nouvel article L 4122-1-1 du code général des collectivités territoriales qui définit le droit d’option (après modification par la loi du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions) : Un département et deux régions contiguës peuvent demander, par délibération concordante de leurs assemblées délibérantes, adoptées à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés, une modification des limites régionales visant à inclure le département dans le territoire d’une région qui lui est limitrophe. La modification des limites territoriales des régions concernées est décidée par décret en Conseil d’État. » On souhaite bien du plaisir à Isabelle Le bal pour y parvenir !

Conclusion : seule une loi procédant à un redécoupage de l’ensemble des régions de l’hexagone peut permettre le retour à la Bretagne 5. Sinon, si on retire aux Pays de la Loire la Loire-Atlantique, clé de  voûte géographique de cette région, on voit mal ce que vont devenir la Vendée, le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe. D’autant plus que, qui dit réunification, dit conflit pour la désignation de la capitale régionale : Nantes ou Rennes ? Seul un système bicéphale permettrait de résoudre cette difficulté.

B. Morvan

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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