Elle est le premier groupement de producteurs de légumes et d’horticulteurs de l’Hexagone. Comment se porte la SICA de Saint-Pol-de-Léon dans un environnement en forte évolution ?

Dans le sillage d’Alexis Gourvennec

Revenons tout d’abord sur l’histoire de la SICA de Saint-Pol. Cette société d’intérêt collectif agricole pris la suite du Comité de l’artichaut en janvier 1961. Elle est alors présidée par un jeune entrepreneur qui ne manquera pas de marquer l’histoire économique bretonne par la suite : Alexis Gourvennec.

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Source : Wikipedia

L’organisation garantit enfin aux producteurs une indemnisation en cas d’invendus. Le but étant ainsi d’assurer un prix plancher à la vente. Dans la foulée, un marché au cadran verra le jour à Saint-Pol-de-Léon. C’est également à l’énergie d’Alexis Gourvennec et à son acharnement pour défendre concrètement le « vivre et travailler au pays » que l’on doit la naissance de la compagnie maritime bretonne Brittany Ferries.

Le bio progresse

À l’heure actuelle, ce sont près de 700 exploitations et 900 producteurs qui font partie de la SICA de Saint-Pol. La récente publication des résultats de 2017 révèle une année correcte, sans être exceptionnelle.

Ainsi, le chiffre d’affaires de la société a atteint les 205 millions d’euros au terme de la période. Une progression de 1,5 % au regard de 2016.Un chiffre d’affaires parmi lequel l’activité légumière représente 170 millions d’euros.

Autre enseignement, la part croissante du bio dans les ventes de la SICA. Il a effectivement augmenté de 25 % entre 2016 et 2017. De quoi rapporter près de 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 5 % du global. Une filière bio qui est en place depuis 20 ans à Saint-Pol-de-Léon et qui produit annuellement près de 20 000 tonnes de légumes.

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Plateforme logistique

En ce qui concerne l’avenir, la SICA dispose d’un projet de longue date. Mais celui-ci met du temps à voir le jour. La plateforme logistique de Saint-Pol-de-Léon, une priorité pour les producteurs, n’est pas prête d’être opérationnelle. Des recours ont en effet été déposés pour bloquer les travaux.

Tandis que la présidence de la SICA est passée des mains de Jean-François Jacob à celles de Marc Kerangueven, la plateforme reste une priorité pour l’organisation léonarde. Son but est de permettre un gain logistique alors que les 20 stations de la SICA éparpillées sur le Finistère sont devenues beaucoup trop coûteuses. Mais l’enjeu est également de pouvoir répondre aux nouvelles exigences de conditionnement de la clientèle.

Aujourd’hui comme hier, les paysans léonards vont devoir batailler et s’adapter pour poursuivre leur belle aventure.

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Kergourlay)
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