Entretien avec Steve Read, « le génie de la permaculture »

permaculture

Les éditions de Terran viennent d’éditer le premier livre de Steve Read intitulé  Le génie de la Permaculture.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Steve Read est diplômé en sciences de l’environnement de l’université de Greenwich, précurseur en matière de permaculture urbaine, il met en place à Londres dans les années 1990 un réseau actif de restructuration des quartiers populaires. C’est en arrivant en Bretagne, où il s’installe avec sa famille, qu’il décide de vulgariser cette science. Pédagogue et activiste, Steve Read est le fondateur de l’Université populaire de permaculture et membre fondateur du réseau Brin de Paille.

Concepteur et formateur en permaculture depuis 1990, reconnu comme l’un des plus expérimentés et radicaux dans ce domaine, il a travaillé en Europe, en Afrique et au Proche-Orient.

La permaculture ne saurait être réduite à de simples techniques de jardinage : c’est une science et un art visant à aménager des écosystèmes humains – éthiques, durables et robustes – en harmonie avec la nature. Elle peut être mise en œuvre partout, à l’échelle d’un appartement comme d’une ville, d’un potager comme d’une ferme, et elle est accessible à tous. Sa pratique aux quatre coins de la planète l’a clairement démontré, il n’existe pas d’approche universelle en matière d’agriculture, d’architecture, de gestion de l’eau…, adaptée à tous les lieux, à tous les climats, à toutes les cultures : à chaque activité humaine correspondent des milliers de démarches différentes.

Principes généraux et déontologiques, méthodes de conception et de gestion des éléments (eau, sol, énergie, microclimats…] sont au cœur de ce livre. Enrichi d’exemples, d’exercices pratiques et d’une vingtaine de schémas, Le génie de la permaculture s’adresse à tous ceux qui désirent étudier cette approche globale et devenir concepteurs de systèmes permaculturels, ou souhaitent simplement se servir de cet outil puissant pour mieux faire aboutir leurs projets.

Le génie de la permaculture – Steve Read – 18€ (à commander ici)

Entretien avec Steve Read

Breizh-info.com : Tout d’abord, pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

Steve Read : Je suis permaculteur. J’ai passé 12 ans en Bretagne avant de partir m’installer dans l’Ardèche. J’ai pratiqué la permaculture depuis 30 ans. Je suis membre fondateur du réseau permacole Brin de Paille, je suis fondateur de l’Université populaire de permaculture, je suis à l’origine de l’initiative de créer un réseau de fermes modèles permacoles que nous appelons les centres de démonstration et formation à la Permaculture (CDFP)

Breizh-info.com : Qu’est ce que la permaculture ?

Steve Read : D’abord il faut comprendre que la permaculture n’est pas une forme de jardinage et surtout pas jardinage sur butte. Si nous parlons de la permaculture nous parlons de systèmes. Systèmes de jardinage, systèmes agricoles, systèmes de gestion de l’eau, systèmes économiques etc. Nous travaillons et nous pensons dans une manière systémique. Par exemple si nous prenons quelqu’un qui a un jardin potager, cette personne habite dans une maison, elle a besoin de l’eau, d’électricité, de choses autres qu’elle peut produire dans son jardin. C’est là que l’intervention d’un permaculteur est intéressante car il y a besoin de procéder à des expertises et des analyses de tous les systèmes présents afin de concevoir de nouveaux systèmes qui prennent soin de la terre (ne produisant pas des décharges toxiques, la production des besoins du système ne dégrade pas l’environnement etc.) et des êtres humains (il est ergonome, ses produits sont bons pour la santé etc.). Cela veut dire que le système permacole, nouvellement mis en place, aura intégré les points positifs déjà présents du lieu et aura éliminés les mauvais afin de créer de l’abondance et qu’il sera capable de redistribuer.

Breizh-info.com : Qu’est ce que votre livre va apporter à ceux qui veulent se lancer dans l’aventure ?

Steve Read : Je ne pense pas que nous serons obligés de respirer de l’air pollué, de manger de la nourriture qui n’est pas saine. Je sais que nous sommes capable de construire des maison qui sont moins énergivores et de mettre en place des systèmes économiques et sociaux qui prennent soin des gens et de la terre.

Breizh-info.com : Vous êtes le fondateur de l’Université populaire de permaculture. Pouvez vous nous présenter cette école de la vie ?

Steve Read : En gros l’UPP est un réseau de professionnels de la permaculture et aussi de personnes qui souhaitent le devenir. Notre démarche est de proposer des formations abordables et accessibles.

Breizh-info.com : Pouvez-vous nous présenter les activités qui sont menées en Bretagne, notamment à Plufur ?

Steve Read : C’est l’association Dyanmie, donc s’occupe Cloé Le Goïc, qui les organise. Y sont dispensés des cours certifiés  de permaculture depuis bientôt 20 ans avec moi-même et d’autres formateurs de l’Université populaire de permaculture notamment Yves Joignant et Pierre-Yves Petit sur l’écolieu de Kerzell’O où a été créée l’Université populaire de permaculture.

Sont également proposées des activités liées à la permaculture, l’approche au jardin, au verger… ainsi que des activités pour l’humain, le yoga des yeux, la méthode Bates, comment s’utiliser au mieux en jardinant etc.

Des apprentis permaculteurs que la démarche intéresse sont également accueillis.

Extrait du livre :

Les exemples que nous présentons ici ont pour seul objectif de montrer que la compréhension des écosystèmes naturels peut nous aider à créer des méthodes et stratégies de production durable. Comme cela a été souligné par ailleurs, il n’existe pas de stratégie ou de technique magique qui conviendrait à tous les climats, microclimats, types de sols et cultures humaines. L’approche permaculturelle consiste à observer les conditions spécifiques d’un lieu, à étudier des pratiques traditionnelles, à essayer de comprendre des méthodes de production différentes. C’est seulement ensuite que l’on trouve une approche appropriée aux conditions particulières d’un lieu, ou que l’on adapte une méthode qui marche bien ailleurs de manière à ce qu’elle se conforme aux exigences de ce lieu. Par exemple, le système verger-potager a été développé pour des zones froides et tempérées, les pommiers ayant besoin d’une période froide pour entrer en production ; par conséquent, ce système n’est pas adapté aux régions qui ne connaissent pas d’hiver.

Certaines plantes poussent naturellement en un lieu donné grâce aux conditions spécifiques du sol. Elles lui sont adaptées, et il est en outre probable que nombre d’entre elles sont comestibles. Nous pouvons faire des recherches pour apprendre à connaître celles qui sont susceptibles d’être mangées. Autrefois, notre régime alimentaire était beaucoup plus diversifié ; petit à petit, nous avons oublié beaucoup de plantes sauvages comestibles. Souvent fort nutritives, il serait très intéressant de les retrouver dans nos assiettes. Le jardinage sauvage consiste essentiellement à faire pousser des plantes sauvages comestibles à côté de celles que nous cultivons habituellement, mais surtout des variétés qui se ressèment spontanément ou sont pérennes. L’objectif est de créer un jardin qui soit autant que possible en autogestion. Une base de données de 7 000 plantes comestibles ou utiles est disponible depuis le site Internet http://permaculteur.free.fr/pfaf/fr-la/

Crédit photo : Pixabay (cc) et DR
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