Si le rap est devenu la musique la plus commercialisée en France, Booba en est l’un des principaux vendeurs de disques dans l’Hexagone. Mais son public ne semble pas s’offusquer de certaines de ses paroles, notamment lorsqu’il est question de « kouffar ». Dérapage ?

Double disque de platine

Celui qui se fait appeler le « Duc de Boulogne » et qui vit à Miami est toujours aussi populaire auprès du public français malgré les années passées. Le dernier album de Booba, sorti fin 2017 et intitulé Trône, lui a même permis de réaliser le meilleur démarrage de sa carrière en devenant double disque de platine un mois et demi après la sortie du CD.

Un succès qui intervient dans un contexte où la société française a définitivement intégré le rap comme une composante à part entière. En témoignent notamment les dernières Victoires de la Musique. Mais également la généralisation d’un vocabulaire directement issus de l’univers des « quartiers » par une grande partie de la génération 15-30 ans. L’utilisation de mots issus de la langue arabe par cette même jeunesse a aussi été favorisée par les textes de rap. De même que l’intonation caractéristique qui l’accompagne généralement. Bref, le rap n’a plus rien d’une musique ostracisée, si tant est qu’il le fût un jour.

Se « faire péter chez un kouffar »

Revenons à présent sur le cas Booba. Alors que la critique a quasi unanimement salué la parution de son album Trône, elle a ignoré (consciemment ou non ?) des textes qui posent question.

Ainsi, sur le morceau Terrain, le rappeur parisien reprend un bien drôle de refrain :

« Beaucoup trop d’banlieusards au shtar, le responsable c’est leur bigo
J’vais m’faire péter chez un kouffar, décapsuler 70 gows
Dans l’rap B2O c’est un cauchemar, 92 parle en kilos
Comme la police t’arrives trop tard, sur le trône à jamais amigo ».

Si le terme « shtar » fait référence à la prison, l’utilisation de « kouffar » n’est pas anodine. Il s’agit ici de désigner les mécréants, soit les non-musulmans. Quant au décapsulage qui s’en suit, Booba évoque les 70 vierges qui attendent les martyrs d’Allah au paradis.

Alors que le terrorisme islamiste a encore frappé il y a quelques jours à Paris, la banalisation culturelle de certaines idées ne semble pas interpeller les consciences, particulièrement au sein de la presse musicale. Un glissement général en toute tranquillité pour une radicalisation « OKLM » diront certains. « La branche Al-Qaïda du game » dirait Booba.

Crédit photo : Wikimedia Commons (cc)
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

1 COMMENTAIRE

Comments are closed.