Google contre Wikileaks : Julian Assange frappe fort

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Google contre Wikileaks. Julian Assange a décidé, dans un livre paru aux éditions Ring en ce mois de Mai, de révéler le contenu de sa confrontation avec le président de Google (de 2001 à 2011) et plusieurs fois invité du groupe de Bilderberg, Eric Schmidt.

ring-google

Le fondateur de WikiLeaks vit depuis six ans enfermé dans l’ambassade d’Équateur à Londres. Il a publié, sur le site WikiLeaks, plusieurs millions de documents confidentiels relatifs aux modes opératoires de l’armée américaine en Irak. Il a également dénoncé les circuits de corruption des dictateurs africains ou de certaines compagnies russes offshore, avant d’être poursuivi, et abandonné par de nombreux Etats susceptibles pourtant de le protéger.

WikiLeaks est en effet une organisation non-gouvernementale fondée par Julian Assange en 2006 dont l’objectif est de publier des documents pour partie confidentiels ainsi que des analyses politiques et sociales à l’échelle mondiale. Sa raison d’être est de donner une audience aux lanceurs d’alertes et aux fuites d’information, tout en protégeant ses sources. Plusieurs millions de documents relatifs à des scandales de corruption, d’espionnage et de violations de droits de l’Homme concernant des dizaines de pays à travers le monde ont été publiés sur le site internet depuis sa création.

En juillet 2010 Assange avait commencé à publier via Wikileaks des milliers de câbles diplomatiques américains. Il accélère le mouvement fin 2010, en publiant plus de 250.000 au total. Le 1er décembre 2010 Amazon supprime Wikileaks de ses serveurs. Au même moment, Bank of America, Visa, Mastercard et PayPal suppriment les comptes de Wikileaks.

Moins d’un mois après le début de la publication des premiers documents Assange est accusé de viol par la justice suédoise (accusation abandonnée depuis) et menacé d’expulsion vers les États-Unis. L’Équateur lui accorde l’asile politique mais le Royaume-Uni l’empêche de prendre l’avion et l’assigne à résidence avec bracelet électronique. En juin 2012 il se réfugiera à l’ambassade d’Équateur à Londres où il se trouve toujours au 16 mai 2018.

Mais c’est en juin 2011 que Julian Assange reçoit un visiteur inhabituel dans sa petite maison de campagne anglaise en résidence surveillée de Ellingham Hall : le président de Google en personne, Eric Schmidt, venu tout droit de la Silicon Valley. Au moment où Assange reçoit l’équipe de Google, il ne sait pas à qui il a véritablement affaire.

Le général assiégé de WikiLeaks, la plus audacieuse entreprise d’édition insurrectionnelle connue à ce jour, et l’empereur d’Internet vont croiser le fer : du Printemps arabe aux bitcoins, et des solutions technologiques aux problèmes politiques, tout les oppose. La collision Assange/Schmidt déferlera sur le rôle, le pouvoir et le contrôle de la Toile, la  » colonisation digitale  » de Google, ses relations avec le gouvernement américain et ses répercussions sur la vie privée, la surveillance de masse et la liberté d’expression. Enregistré sur magnétophone, Eric Schmidt ignorait que Julian Assange ferait un jour un livre de leur confrontation.

Google contre WikiLeaks est l’histoire de l’affrontement entre Schmidt et Assange, et tente de répondre à cette lancinante question : qui a réellement rendu visite à Julian Assange ce jour-là ? Fascinant et inquiétant, il contient la transcription intégrale de leur face-à-face et des textes additionnels écrits par Assange pour l’occasion, offrant la meilleure source disponible sur sa vision de l’avenir de l’Internet.

Tout au long de la journée du 23 juin 2011 et pendant trois heures les protagonistes échangent librement mais c’est surtout Schmidt qui pose les questions et Assange qui répond. Les lecteurs doivent se reporter au livre, passionnant et vibrant de bout en bout, démontrant que la devise de Google Don’t be evil (ne soyez pas diabolique) cache en réalité son contraire. Comme l’indique la page de garde :

Headphones connected to the headphones
Headphones connected to the iPhone
iPhone connected to the Internet
Connected to Google
Connected to the government

Casques connectés aux casques
Casques connectés à l’iPhone
iPhone connecté à l’Internet
Connecté à Google
Connecté au gouvernement

Ce livre présente les fondements et les objectifs de Wikileaks. Recevoir et diffuser l’information des lanceurs d’alerte et des journalistes censurés, sans faire généralement de tri au préalable, du moment que le bien soit plus grand que les préjudices. Pourtant, les propos du dirigeant de Wikileaks n’ont pas l’écho escompté, ni de soutien ouvert, sauf quand il s’agit de l’admiration vis-à-vis de ses manières de procéder et de penser son système global.

Ce livre permet de plonger dans le monde du world wide web, des nouvelles technologies et de ses évolutions, mais aussi des conséquences qu’aura la main mise sur ces outils de grandes multinationales comme Google, notamment sur la liberté d’informer, et d’être informé, de posséder à la fin toujours son libre arbitre. Êtes-vous réellement certain de le posséder encore lorsque vous parcourez la galaxie Internet ? Ce livre propose quelques réponses glaçantes, saisissantes, inquiétantes. Il faut le lire pour comprendre ce qui se trame à l’avenir et les menaces qui nous guettent.

Julian Assange, Google contre Wikileaks, éditions Ring, 263 pages.

Crédit photos : DR
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