Frédéric Mortier (DLF) : « Nous sommes enfermés dans un système où il n’y aura que des votes extrêmes »

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Ce samedi avait lieu la fête des Fédérations de Debout la France (DLF)à Piriac, en présence de Frédéric Mortier, secrétaire général de Debout la France – numéro 2 du parti, donc – et maire de la commune de Longué-Jumelles (49) depuis 2008.

Les fédérations charentaises, d’Anjou, Maine, Poitou et Loire-Atlantique étaient concernées. Nous l’avons interviewé.

Breizh Info : Frédéric Mortier, Nicolas Dupont-Aignan a dit non ces jours-ci à Marine le Pen par rapport à la constitution d’un front commun pour les européennes. Qu’en dites-vous ?

Frédéric Mortier : Il faut d’abord mettre en place un programme commun, sérieux, audible, pédagogique. Les français doivent comprendre pourquoi ils votent. Et Debout la France doit être le pivot du rassemblement sur cette base.

Breizh Info : Au vu du poids électoral respectif, c’est plutôt au FN – ou au RN depuis le 1er juin – de rassembler autour de lui ?

Frédéric Mortier : Aujourd’hui nous faisons 7% dans les sondages, on veut faire comme Villiers et Pasqua en 1999. Debout la France aspire beaucoup d’anciens du FN, mais nous ne sommes pas un FN bis.

Breizh Info : Sur quelle base voulez-vous faire une liste ?

Frédéric Mortier : Sur celle des Amoureux de la France [avec le CNIP et DLF] qu’on va synthétiser au maximum.

Breizh Info : Pouvez-vous nous donner néanmoins quelques idées-forces ?

Frédéric Mortier : Le rétablissement des frontières – on a d’ailleurs lancé une proposition de loi pour un référendum d’initiative partagée en ce sens, mais les élus LR n’ont pas osé la signer. Le sujet de l’immigration est le principal, on ne peut pas continuer à accueillir tout le monde et n’importe quoi. On veut aussi que la Banque centrale européenne ne soit pas cantonnée à la seule lutte contre l’inflation, qu’elle n’oblige plus à faire de l’emploi l’éternelle variable d’ajustement, qu’elle soit plus souple. Qu’on ait à la tête de l’UE des chefs de gouvernement capables de parler d’une voix aussi forte que celle de Trump et de Poutine, et non des commissaires ou des administratifs non élus

Breizh Info : Que pensez-vous de la victoire des nationalistes en Slovénie, leur arrivée au gouvernement en Italie ?

Frédéric Mortier : Nous sommes enfermés dans un système où il n’y aura que des votes extrêmes. Aux prochaines européennes, les souverainistes seront en tête. Nous avons déjà pris des contacts en République Tchèque – au niveau du Premier Ministre – mais aussi en Angleterre, Espagne, Italie, pour faire un groupe au Parlement si l’élection se passe bien.

Breizh Info : En Autriche le chancelier Sébastian Kurz s’est mis au travail et a annoncé l’expulsion de 60 imams ainsi que la fermeture de 7 mosquées financées par l’étranger. Qu’en pensez-vous ?

Frédéric Mortier : Il faudrait le faire en France aussi, mais pour ça il faut du courage politique. Il n’y a plus de règles ni de frontières, la France est livrée à tous.

Breizh Info : Aujourd’hui, combien êtes vous à Debout la France ?

Frédéric Mortier : Vingt mille adhérents, 95% des départements sont structurés, la moitié des délégués de circonscription nommés, 400 cadres dans le parti. On a pas mal d’adhérents nouveaux depuis le très bon choix de Nicolas Dupont-Aignan à la présidentielle, quelques LR, beaucoup du FN, des chevènementistes, des gens qui n’avaient jamais voté…

Breizh Info : Que pensez-vous du dossier Notre-Dame-des-Landes et de la situation résiduelle assez difficile pour le retour de la ZAD dans le droit commun ?

Frédéric Mortier : J’ai toujours été contre l’aéroport car je pense que ça aurait destructuré l’économie locale et causé des dépenses énormes pour les infrastructures routières nécessaires. En revanche, pour ce qui est des zadistes, si on n’est pas capable de mettre dehors une centaine d’extrémistes de gauche, c’est inquiétant. Et il est assez extraordinaire de voir la Préfecture négocier pour les terres avec des hors-la-loi. Bref, c’est un peu à l’image de la France aujourd’hui.

Breizh Info : Autre dossier local, que pensez-vous de la réunification bretonne ?

Frédéric Mortier :  Je ne suis pas régionaliste et je trouve que c’est un grand danger. Cela dit, même s’il y a une dimension historique et culturelle, je pense qu’il faut arrêter de bouger en tous sens ces régions et que ce n’est pas un sujet aujourd’hui. Pour le Maine-et-Loire en particulier, on n’a rien à y gagner. Mais c’est une question qui nécessiterait surtout un référendum local.

Breizh Info : Et les Pays de la Loire, qu’en pensez-vous ?

Frédéric Mortier : C’est complètement un échec. Retailleau n’a pas changé grand-chose par rapport à Auxiette, les Pays de la Loire n’aident pas le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Sarthe [qui songent à se rapprocher pour peser face à la métropole de Nantes]. Je suis très très déçu de Retailleau, qui n’a rien insufflé ou proposé, qui a passé la main sans stratégie, il s’agite mais il n’y a pas de ligne directrice.

Breizh Info : à Sant-Nazaire, le FN/RN a proposé une liste d’union pour les municipales à Gaël Bourdeau, qui a répondu qu’il n’en ferait rien sans programme national commun. Or c’est au niveau local que l’union des droites se fait, notamment en Gironde plus récemment ou à Béziers autour de Robert Ménard. Qu’en pensez-vous ?

Frédéric Mortier : On n’a pas demandé à nos responsables d’attendre, ils peuvent discuter avec qui ils veulent, mais on attend de voir ce qu’on vaut aux européennes, en terme de résultats et de programme. On engage des préinvestitures, mais pas des unions, c’est trop tôt encore. Cependant, tout est possible.

Breizh Info : N’est-ce pas un problème, dénoncé par M. Ménard justement, lié à l’esprit boutiquier des partis contre l’intérêt général de l’union, « hors les murs » ?

Frédéric Mortier : OK, on fait l’union, mais avec quel projet derrière ? Gaël Bourdeau a toute largesse pour discuter avec qui il veut sur un programme, mais ce n’est pas le sujet. Les gens en ont marre de la cuisine politique, des alliances, des apparentements, il faut repasser par les idées. Au gouvernement, il y a des ministres qui ne savent pas de quoi ils parlent, le maire, lui, les gens lui font confiance. Aux municipales on voit LREM qui dit « on va raccrocher du PS, du LR et des centristes », mais on s’en fout du projet ?! Nous on veut discuter du fond. On est l’un des seuls partis qui remet l’idée avant la politique.

Breizh Info : Que pensez-vous qu’il arrivera à Macron ?

Frédéric Mortier : Il va arriver à Macron la même chose qu’en Italie. Avant, ils avaient un Macron. Les Français n’en peuvent plus de la politique politicienne, et Macron ne fait que de la com’. Les gens en ont assez.

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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