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L’arrivée de Matteo Salvini aux commandes du ministère de l’Intérieur italien n’est pas passée inaperçue. La politique migratoire de Rome a ainsi brutalement changé de cap. Les cartes en Méditerranée ont été redistribuées. Malte et l’Espagne viennent de le constater.
« chiudiamoiporti »
En Italie, le ton a résolument changé quant à l’accueil de migrants dans les ports. Le nouveau ministre de l’Intérieur issu de la Ligue du Nord Matteo Salvini vient d’envoyer un message fort aux organisations non gouvernementales (ONG) qui accostent habituellement sur les côtes avec des navires remplis d’extra-Européens.
Comment ? En refusant tout simplement que l’Aquarius, un navire appartenant à l’ONG française SOS Méditerranée, ne pénètre dans l’un des ports de la côte italienne. Dimanche 10 juin, Matteo Salvini a même, pour l’occasion, lancé le hashtag #chiudiamoiporti (que nous traduirons littéralement par « fermons les ports ») sur les réseaux sociaux.
Aquarius. Source : RFI
Renvoyés vers Malte
En plus de la fin de non recevoir destinée à SOS Méditerranée, le ministre italien s’est également adressé aux autorités de Malte afin que ces dernières accueillent l’Aquarius et les migrants se trouvant à son bord. « Le port le plus sûr, c’est le vôtre », a alors affirmé Matteo Salvini.
Une injonction à laquelle les autorités maltaises ont répondu par la négative. Elles ont argué, de leur côté, qu’en raison de la coordination initiale des secours depuis Rome, c’est à l’Italie que revenait le rôle de l’accueil de ses futurs demandeurs d’asile. À bord de l’Aquarius se trouveraient 629 individus en provenance d’Afrique, dont quelques 123 mineurs non accompagnés. Sept femmes enceintes seraient aussi embarquées sur le navire.
Finalement l’Espagne
Lundi 11 juin, le haut commissariat aux réfugiés de l’ONU est entré dans la danse et a incité Malte comme l’Italie à trouver une solution, arguant que le sort des passagers du navire de SOS Méditerranée était un « impératif humanitaire urgent ». Un plaidoyer sans conséquence puisque c’est finalement l’Espagne, par l’intermédiaire de son nouveau chef de gouvernement Pedro Sánchez, qui s’est portée volontaire pour accueillir l’Aquarius dans le port de Valence, ouvrant ainsi une nouvelle brèche (et provoquant un nouvel appel d’air) concernant l’immigration en Europe.
De son côté, Matteo Salvini évoquait sa « victoire » sur Twitter. Un message qui sonne comme un avertissement pour les autres ONG qui tenteraient de nouveau d’accoster en Italie.
VITTORIA!
629 immigrati a bordo della nave Aquarius in direzione Spagna, primo obiettivo raggiunto! Vi racconto in diretta gli ultimi sviluppi.#chiudiamoiporti
?? LIVE > https://t.co/q4oe6fSZ0L pic.twitter.com/eMcoOg8yzW— Matteo Salvini (@matteosalvinimi) 11 juin 2018
Au cours d’une conférence de presse qu’il a tenu à Milan ce même 11 juin, le chef de la Lega a réaffirmé sa satisfaction : « De mémoire de citoyen, c’est la première fois qu’un bateau ayant secouru des migrants en Libye les débarquera dans un autre port qu’un port italien, c’est le signe que quelque chose est en train de changer ». Mais, par effet de ricochet, ce changement va concerner plusieurs États européens du bassin méditerranéen. Et rien ne dit que l’Espagne va indéfiniment se substituer au rôle de pays d’accueil que jouait l’Italie jusqu’alors.
Crédit photo : Wikimedia Commons (CC)
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