Le 7 juin, un compagnon du Devoir s’est fait voler son portefeuille quai Malakoff, tout près de leur maison nantaise – qu’on reconnaît facilement à son clocher tors. Le voleur, plutôt que de se faire oublier, a eu une stratégie novatrice et curieuse. Il a appelé plusieurs compagnons du Devoir sur Nantes – grâce aux numéros retrouvés dans le portefeuille – jusqu’à identifier sa victime.

Celle-ci s’est vu proposée de faire un  don  de 500 euros au voleur pour récupérer son portefeuille et les documents d’identité qu’il contient ; le rendez-vous a été fixé mail Picasso, tout près du quartier (sensible) de Malakoff. « A la voix, au téléphone, c’était un noir », relève un proche de la victime. La tentative d’extorsion, si elle est peu courante à Nantes, a une justification économique : 500 euros, c’est à peu près la valeur sur le marché noir des documents d’identité volés et revendus ; une carte d’identité s’y revend plus de 150 euros ; selon leur nature, leur état et leur date d’expiration, les pièces d’identité volées peuvent atteindre jusqu’à 1500 euros.

Les papiers d’identité volés sont utilisés pour toucher des prestations sociales – pour un coût de 20 milliard d’euros aux administrations en 2011 – ou ouvrir des comptes en banque. La même année, 7% des documents utilisés pour ouvrir un compte en banque étaient considérés comme frauduleux. Ces comptes servent ensuite à faire des achats sur internet ou à acheter des voitures avec des crédits. Des clandestins s’en servent aussi pour se maintenir indûment sur le territoire – notamment dans le cadre de réseaux criminels organisés. Les filières de revente sont souvent communautaires et bien organisées à l’échelle du territoire, voire à l’étranger.

LM

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