Thierry Sutter, d’Étel, organise depuis des années des conférences et des débats avec Denis Seznec, le petit-fils de l’ancien bagnard. Adhérent de l’association France-Justice, il se passionne pour cette histoire depuis 30 ans et se bat pour que justice soit rendue.

Récemment, de nouvelles données sont venues se rajouter au dossier, contestées par l’entourage de Denis Seznec :

Début mai 2018 en effet deux des petits-enfants de Guillaume Seznec, Jean-Yves et Gabriel Seznec, rapportent les confidences que leur a faites leur père « Petit Guillaume » (fils de Guillaume Seznec et de son épouse Marie-Jeanne, âgé de 12 ans en 1923) : c’est Marie-Jeanne qui aurait accidentellement provoqué la mort de Pierre Quéméneur, au domicile des Seznec à Morlaix, en repoussant ses avances déplacées. Selon ses fils, Petit Guillaume a entendu des cris de sa mère ; il a vu Quéméneur allongé sur le sol. Lorsque Marie-Jeanne a repoussé Quéméneur, ce dernier est tombé, sa tête a heurté un fauteuil en bois et il est mort. Guillaume Seznec est arrivé plusieurs heures après. Il a fait jurer le silence aux témoins (Marie-Jeanne, Petit-Guillaume et Angèle Labigou, la bonne). Jean-Yves et Gabriel Seznec pensent que, en raison des convictions religieuses de leur grand-père, Guillaume Seznec n’a pas brûlé le corps de Quéméneur, mais l’a enterré en un lieu qu’ils ne connaissent pas. Le serment de silence aurait été passé devant l’Église qui ensuite a apporté son soutien à Guillaume Seznec et à sa famille. Cependant, Denis Seznec, tout en considérant lui aussi que Guillaume Seznec était innocent de l’assassinat, conteste cette version, qu’il qualifie de roman.

Thierry Sutter explique pourquoi : 

Je pense tout d’abord que c’est une vengeance d’un avocat, Denis LANGLOIS (avocat de la famille Seznec 1976-1990).

Il s’est auto exclu car il ne voulait pas que Denis SEZNEC lui mette un autre avocat dans les pattes (c’est ce qu’il le pensait). C’était son affaire à lui. Pour preuve l’acharnement à 80 ans à continuer à faire fouiller les autres et à écrire un deuxième livre en 2015 sur l’affaire. Un livre à la thèse inverse du premier qu’il avait écrit dans les années 90.

Comment un avocat peut-il déontologiquement parlant s’opposer à une affaire qu’il avait lui-même défendu !! Que fait le conseil de l’ordre des avocats !! Je ne sais pas.

On pourrait ajouter que , dans sa plaidoirie de 1932 au tribunal civil de Rennes dans l’affaire de diffamation où il défendait le journal La Province contre des membres de la famille Quémeneur, Maître Lamour rappelait que , lors de l’enquête de 1923 , on avait envoyé un homme de faible corpulence passer un grattoir à l’intérieur du four de la scierie Seznec ( qui , si j’ai bien compris , devait ressembler à un four à pain ) , afin de vérifier l’hypothèse du brûlage du corps de Quémeneur par Seznec chez lui , et qu’il n’avait pas été retrouvé le moindre reste organique ressemblant à un vestige humain .

Les hypothèses variables de Monsieur Langlois se heurtent donc non seulement au bon sens mais au contenu de l’enquête.

Langlois a eu plusieurs versions de la pseudo agression sexuelle de Quemeneur sur Marie-Jeanne SEZNEC, ces versions viennent du même homme, Petit-Guillaume, fils de Guillaume SEZNEC qui avait 11 ans lors des faits, il aurait raconté ces histoires différentes, une première fois à Bernard LE HER (frère de Denis SEZNEC), la deuxième à deux de ces fils, Jean-Yves et Gabriel SEZNEC.

  • La première version racontée à Bernard, qu’il aurait enregistrée mais perdue (pas de bol, l’histoire de sa vie, il perd les bandes sons). Ce serait que Marie Jeanne Seznec aurait mis un coup de chandelier pour se défendre, Quemeneur serait tombé sur un coin de cheminée, serait mort et avec l’aide de Guillaume SEZNEC arrivé plus tard auraient enterré le corps tous les deux dans le sous-sol de leur maison…
  • La seconde version vient donc des 2 fils de Petit-Guillaume, qui ont selon un reportage télévisé plusieurs versions eux aussi. Marie-Jeanne SEZNEC se serait débattue à mains nues de l’attaque sexuel du conseiller Général Quemeneur, sans chandelier cette fois-ci, il aurait trébuché, serait tombé la tête contre un accoudoir de fauteuil et serait mort (pas de chance).

Autre chose me surprend, la disparition du corps.

  • Il est brulé et jeté dans la rivière,
  • Il est brulé et enterré dans un cellier hors de la maison,
  • Il est emmené dans la voiture d’un copain de Guillaume SEZNEC et on ne sait pas où est le corps…
  • Tous les artisans (M-J. Seznec + G. SEZNEC + le copain + la Bonne + Petit-Guillaume) de ces multiples disparitions se seraient confessés et auraient prêtés serment devant un évêque de ne jamais rien révéler de ce qu’il se serait passé. (L’évêque du Morbihan a fait état dernièrement qu’un ecclésiastique avait obligation de dénoncer un meurtre).

Aussi troublant, Quemeneur va violer Marie-Jeanne Seznec avec les papiers de la vente du manoir de Plourivo, ces mêmes papiers qui sont souillés par le sang de Quemeneur juste sur le montant de la vente (pas de chance encore) alors qu’il n’avait presque pas saigné, abracadabrant.

Et encore, Quemeneur devait aller à un mariage à Plourivo le samedi, il n’y est pas allé, Pourquoi ?? pas de motif. Par contre le lendemain il est à Morlaix pour agresser sexuellement Marie-Jeanne SEZNEC, et bizarrement personne ne l’a vue, ni dans un train, ni dans la rue ce jour-là, l’homme invisible va frapper, attaquer Marie-Jeanne SEZNEC avec la bonne dans la maison et les enfants dans la cour…

En tout cas, Petit Guillaume à l’esprit très encombré, il raconte différentes versions à plusieurs personnes.  Il a 4 enfants, mais ne raconte son histoire qu’à 2 d’entre eux, car selon mes sources, Thierry et Guilaine ses deux autres enfants ne paraissent pas au courant.

Il est surprenant d’analyser que Denis Langlois ne fait parler que les morts, Bernard LE HER et Petit-Guillaume entre autres.

Autre chose m’interpelle encore, ce témoignage des 2 cousins arrive juste après le décès de leur maman, n’aurait-elle pas été mise au courant de cette histoire par son mari !!  Il aurait été simple de lui demander des explications avant son décès alors que Denis LANGLOIS connaissait soi-disant ces versions depuis 1978.

Autre question que je me pose, pourquoi Petit-Guillaume ne s’est pas exprimé après la mort de sa maman en 1931, et après le décès de son grand-père en 1953 !!, Pourquoi est-il allé creuser à Paris en 1936 avec sa sœur Francette afin de retrouver le corps de Quemeneur alors qu’il savait qu’il était enterré à Morlaix !!!

Dans une émission télévisuelle à charge contre la thèse de Plourivo et certainement commandité par Denis LANGLOIS et ses acolytes, j’ai entendu des mensonges qu’il faut que je dénonce aujourd’hui. Entre autres un mensonge qui m’est facile de démontrer, (Denis SEZNEC ne connait pas ses 2 cousins qui ont témoigné, Faux, lors des réunions de France-Justice, Jean Yves SEZNEC était présent, il m’a lui-même été présenté par son cousin Denis).

Pourquoi Langlois, avocat de la famille qui était parait-il au courant de 1978 n’a rien dit durant toutes ses années !  Connaissait-il cette thèse qu’il défend maintenant avec tant d’ardeur, il devait peu y croire à ce moment-là.  Il aurait dû en parler pendant que Bernard LE HER était encore vivant.

Personnellement, je fais des recherches sur cette affaire depuis plus de 20 ans, je n’ai rien à y gagner et n’ai jamais écrit de livres.

  • Il en ressort que l’enquête a été mené en partie par Bonny (triste personnage qui a magouillé beaucoup d’affaires au bénéfice de l’état) en 1936 il avoue avoir reçu l’ordre de déposer la machine chez Seznec le compromettant. En 1944 il déclare regretter d’avoir envoyé un innocent au bagne.
  • Un crane a été retrouvé en 1953 à Plourivo avec des procès-verbaux, crane bizarrement perdu encore par les services de l’état.
  • Plusieurs témoignages font état de coup de feu à Plourivo aux dates correspondantes à la disparition du Conseiller Général, dont celui de Gabrielle DAUPHIN qui elle est encore vivante.
  • Le beau-frère de Quemeneur Maitre Pouliquen avait fait des essais de la signature de Quemeneur, qui hérite des biens de son beau-frère.

Je pense comme beaucoup que Guillaume Seznec était le prête nom de Quemeneur pour le trafic des Cadillac, a été accusé du meurtre de Quemeneur afin de cacher un secret d’État.

Plusieurs choses sont encore surprenantes

  •   Si Guillaume SEZNEC avait aidé son épouse à cacher le corps de Quemeneur, après le décès de sa femme en 1931, pourquoi aurait-il refusé la grâce qui lui a été proposé en 1933 après la mort de celle-ci.
  • Pourquoi les garçons de Guillaume SEZNEC ne se sont pas occupés de leur grand-père a son retour du bagne, on ne les voit pas se battre pour l’innocenter non plus pendant qu’il y était, n’y avait-t-il pas une forme de jalousie de la part au moins de Petit Guillaume ? J’ai entendu dire que Guillaume n’avait pas salué ses garçons à son retour, ses garçons l’auraient-ils délaissé durant son passage au bagne ? d’où ce témoignage à retardement ?

Je pense que la seule conséquence de ces prétendues révélations est de redonner un peu de notoriété à Denis Langlois, de rendre délicate une éventuelle nouvelle demande en révision. Le rêve de Denis Langlois est certainement d’être considéré par la postérité comme celui qui aurait mis un point final à l’affaire Seznec. Chacun existe comme il peut…

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