Nantes_squat_migrants

Les chiffres officiels sont tombés : la Préfecture a distribué 452 convocations très exactement aux migrants évacués ce matin square Daviais et invités à rejoindre la salle de l’Égalité pour que leur situation personnelle y soit examinée. Bien que les derniers soient partis vers midi – et leurs soutiens d’extrême-gauche vers 14 heures, à la fin de la journée, le lieu n’est toujours pas nettoyé.

Plusieurs mètres cubes de vêtements ont été abandonnés, ainsi que de nombreux déchets alimentaires. Pourtant Nantes Métropole a fait mettre dans une benne exprès – pour qu’ils soient gardés – matelas et vêtements. Seront-ils désinfectés, alors que des cas de gale ont été recensés dans le campement, et qu’il y a une forte suspicion de tuberculose ? Assez pour que les nettoyeurs soient en tenue blanche et manipulent les déchets avec une pince… ce qui retarde certainement le nettoyage, mais diminue les risques.

Une forte odeur d’excréments flotte sous la murette à l’est du square, des déchets traînent en nappes sur les pentes du square. Quant au gazon jadis verdoyant du jardin potager urbain, il n’est plus : il a été piétiné, détruit, arasé. Des plantations pourtant clôturées ont souffert aussi, les jardiniers de la ville auront fort à faire pour y remettre de l’ordre.

Et rien ne dit que le square ne soit pas réoccupé – des 452 migrants présents ce matin, 60 seront relogés par la ville de Nantes dans des logements précaires, hors parc HLM, 87 par la Préfecture. Les autres dormiront dehors. Et finiront tôt ou tard par squatter un autre bâtiment… ou de revenir square Daviais.

Louis Moulin

Crédit photo : DR
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