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Mai 2019 : élections européennes. Que deviendra Alain Cadec (LR), « représentant au parlement européen » depuis 2009 et président du conseil départemental des Côtes-d’Armor depuis 2015 ? Là, on nage dans le cumul avec deux charges lourdes. Comme il n’y a que 7 jours dans une semaine, comment s’y prendre pour concilier Bruxelles et Saint-Brieuc ?
D’autant plus que Cadec n’est plus, depuis 2014, un député européen de base ; devenu président de la commission pêche (27 députés venus de tous horizons et de tous partis) il a à traiter des dossiers compliqués. Par exemple l’interdiction de la pêche électrique cette année. Maintenant, c’est au « 48e parallèle » qu’il s’attaque ; traversant la Bretagne d’est en ouest, celui-ci délimite les zones de pêche auxquelles sont attribuées les « TAC » (totaux admissibles de captures). Voilà ce que nous explique la journaliste Florence Autret qui lui a rendu visite au treizième étage du siège bruxellois du Parlement européen (Le Télégramme, samedi 14 juillet 2018).
Malheureusement, Mme Autret a oublié d’interroger Cadec sur ses intentions pour 2019 : grand chef à Bruxelles ou bien grand chef à Saint-Brieuc ? Car il ne pourra plus conserver ses deux casquettes, conséquence de la loi organique « interdisant le cumul des fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur » (14 février 2014). Ce sera l’un ou l’autre. Car, selon l’article 9 de cette loi, « les membres du conseil départemental exerçant un mandat de député, de sénateur ou de représentant au Parlement européen ne peuvent recevoir ou conserver de délégation ». En clair, Cadec pourra demeurer député européen et conseiller départemental de base, mais plus député européen et président du conseil départemental. Quel déchirement pour cet homme qui possédait un « second chez lui » à Bruxelles où il passait « trois jours par semaine, trois ou quatre semaines par mois ». La solution miracle : pour mener ces deux mandats de front, « le secret, c’est d’être bien entouré », dit-il (Le Télégramme, samedi 14 juillet 2018).
Ce qui signifie que son travail à Saint-Brieuc est assuré par son directeur de cabinet. Coup classique. Pourtant les électeurs ont voté pour Cadec, pas pour son directeur de cabinet ! En des temps anciens Raymond Marcellin avait perfectionné la technique. Président du conseil général du Morbihan,il vivait à Paris dans un appartement loué par le Département – aux frais du contribuable donc. Et le vrai patron, à Vannes, s’appelait Yves Caroff, son directeur de cabinet. Ce dernier faisait la pluie et le beau temps et constituait l’interlocuteur unique des notables (conseillers généraux et maires). Tandis que « le ministre » – c’est-à-dire Marcellin – faisait figure de personnage lointain apparaissant une fois par mois à Vannes pour la session du conseil général. Reconnaissons qu’il ne ratait pas non plus l’inauguration de la foire exposition de Vannes. Bref, Marcellin savait « déléguer » dans les grandes largeurs !
Reste à savoir quand Cadec annoncera son choix. Bien entendu, s’il choisit le Parlement européen, il lui faudra figurer en position éligible sur la liste LR. Or la liste des Républicains (Laurent Wauquiez) n’est créditée actuellement que de 15% des intentions de vote (sondage IFOP – Fiducial, 29 juin 2018). La vie est un combat, disait de Gaulle !
Bernard Morvan
Crédit photo : Corentin Béchade/Wikipedia (cc)
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