Aux Pays-Bas, un récent sondage indique que le parti controversé DENK, pro-islam et qui a récemment fait parlé de lui en incitant les Néerlandais mécontents de limmigration extra-européenne à quitter leur pays, séduit de plus en plus.

DENK, un parti fondé par des Turcs

Il cristallise bien des attentions dans le paysage politique hollandais. Fondé en février 2015 par Tunahan Kuzu et Selçuk Öztürk, deux anciens membres turcs du parti travailliste PVDA (d’obédience socialiste), DENK connait un important succès dans les quartiers où la population extra-européenne, et plus particulièrement musulmane, est importante. Ce qui est notamment le cas dans certains quartiers d’Amsterdam.

Malgré sa jeune existence, DENK, signifiant « Pense » en néerlandais et « Égalité » en turc, obtient trois sièges aux élections législatives de 2017. Et recueille par la même occasion plus de 216 000 voix. Aux élections municipales du 21 mars 2018, DENK poursuit sa montée en puissance et est arrivé largement en tête devant les partis de gauche traditionnels dans certaines zones urbaines. Plus précisément, le parti a remporté au total 24 sièges dans 13 villes des Pays-Bas. DENK compte ainsi trois conseillers municipaux à Amsterdam et Rotterdam.

En hausse dans les sondages

Initialement, DENK avait pour ambition de devenir le porte-voix des intérêts de la communauté turque en Hollande. Avec plus de 400 000 ressortissants originaires du pays d’Erdogan recensés en 2017, les Turcs représentent la minorité extra-européenne la plus importante des Pays-Bas.

Mais le parti est en train de gagner de nouvelles adhésions dans l’opinion néerlandaise si l’on en croit un récent sondage. Et, bien au-delà de sa base turque, DENK est en passe de fédérer le vote musulman dans le pays. La formation obtiendrait six sièges potentiels en cas d’élections législatives. Soit tout simplement le double de son résultat en 2017 !

Contrôle des médias et diversité obligatoire

Une progression qui a de quoi poser question lorsque l’on sait que l’un des fondateurs de DENK, Selcuk Öztürk, a annoncé qu’il souhaitait voir les médias placés sous contrôle dans le pays.

L’autre leader du parti, Tunahan Kuzu, a même déclaré en juillet dernier à propos des Néerlandais réticents à l’avènement de la société multiethnique défendue par DENK : « S’ils n’aiment pas les Pays-Bas en mutation dans lesquels vivent des personnes ayant des cultures différentes… comme dans la ville de Zaandam ou dans le quartier de Poelenburg, ils peuvent quitter le pays ».

Dans ces conditions, les positions prétendument antiracistes de la formation sont à considérer sous un angle différent. Se présentant comme un parti de gauche, les députés de DENK ont été par ailleurs les seuls du parlement à ne pas vouloir reconnaître le génocide arménien. Autre différence de taille avec la gauche néerlandaise traditionnelle qui a cherché, en vain à promouvoir l’intégration : DENK défend pour sa part le principe de la cohabitation des différentes communautés.

De quoi en tirer un enseignement majeur pour les Néerlandais « de souche » qui ne croient pas, eux non plus, à l’intégration : la nécessité de se communautariser, avant que la démographie ne devienne le seul arbitre des élections aux Pays-Bas !

Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/Guilhem Vellut)
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