La Compagnie des Pêches de Saint-Malo a accueilli son nouveau navire, l’Émeraude, le long des quais malouins le 18 septembre.

En remplacement de la Grande Hermine

Il aura navigué pendant plus de 30 ans avant de terminer son ultime campagne de pêche au mois de mars dernier. Le chalutier la Grande Hermine a tiré sa révérence. Le célèbre navire de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo a fait son temps. Et, modernisation de la flotte oblige, il est remplacé par l’Émeraude, un chalutier-usine dont la commande a été passée fin 2015. Si la Compagnie des Pêches de Saint-Malo est de nouveau l’armateur, elle a acquis l’Émeraude en copropriété avec l’armement boulonnais Euronor.

l'Émeraude
La Grande Hermine. Source : bateaux-de-saint-malo.com

La construction de ce navire de 80 mètres a été réalisée par le chantier naval norvégien Kleven pour un montant avoisinant les 40 millions d’euros. Ainsi, l’Émeraude vient de terminer sa première campagne de pêche tandis qu’il peut embarquer 38 marins à son bord. Pour rappel, l’autre chalutier de la Compagnie des Pêches, le Joseph Roty II, mesure quant à lui 90 mètres de long et est dédié à la fabrication du surimi. De plus, l’armement dispose aussi de l’Ocean Tiger, un navire de 60 mètres spécialisé dans la pêche à la crevette nordique.

L’Émeraude arrive à Saint-Malo

Les Malouins ont donc dû attendre le mardi 18 septembre pour voir l’Émeraude franchir les écluses du port et venir accoster dans le bassin Duguay-Trouin après avoir déchargé sa pêche sur le quai Vauban. Une manoeuvre en deux temps pour cause de tirant d’eau trop élevé à pleine charge. Ce qui empêchait le navire de passer le pertuis entre les deux bassins.

À l’instar de la Grande Hermine, l’Émeraude va essentiellement pêcher du cabillaud (l’intégralité des quotas français en mer de Norvège), du lieu noir et de l’églefin. Les filets seront réalisés à bord puis congelés immédiatement. L’ambition de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo est de doubler le tonnage de filets grâce à une importante robotisation des tâches.

Pêche durable

Par ailleurs, l’Émeraude s’inscrit dans une démarche de pêche durable avec des économies d’énergie significatives ainsi qu’une valorisation maximale des captures avec aucun rejet. Les parties les moins nobles des poissons sont transformées en huile et en farine.

Sur le plan des nouveautés, les marins pourront aussi apprécier le gain de confort et de sécurité par rapport à la Grande Hermine. Le navire est notamment doté d’un pont couvert de 50 mètres. Des cabines équipées d’Internet et une salle de sport sont également présentes à bord.

Le baptème officiel de l’Émeraude aura lieu à Saint-Malo le 6 octobre prochain. Un beau rendez-vous pour perpétuer la tradition de la grande pêche dans la cité corsaire.

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/chisloup)
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