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Lorsque les migrants clandestins installés square Daviais ont été évacués dans cinq gymnases de la ville le 20 septembre dernier, Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes, avait promis que ce serait provisoire, jusque début octobre. Force est de constater que le calendrier a déjà dérapé et que le dossier continue de renvoyer maire socialiste et préfète nommée par Macron (bientôt retraitée) à leur incompétence. Il serait maintenant question que les migrants restent dans les gymnases jusque fin octobre. Les clubs concernés – privés de gymnase – ruent dans les brancards.
En effet, depuis le 20 septembre, les gymnases Émile-Morice, (quai Hoche, île de Nantes), Noël Paon (rue des Hauts Pavés), Raphaël Lebel, (Grand Blottereau – Doulon), Léo-Lagrange (Ile Gloriette), et la Géraudière (rue Santos Dumont – Chêne des Anglais) sont réquisitionnés pour loger sommairement les 698 migrants clandestins africains évacués du square Daviais. La plupart d’entre eux viennent de la Corne d’Afrique et des Soudan, mais aussi pour certains du Niger et de Guinée.
« Ça ne pouvait pas ne pas prendre plus de temps que prévu », commente un proche du dossier. « Tandis que la mairie jurait aux clubs que c’était jusqu’au 1er octobre, l’on disait aux migrants que c’était jusqu’au 15, maintenant la mairie laisse entendre que c’est jusqu’au 15, les migrants s’attendent à rester jusqu’au 30 etc. »
Et pour cause : la mairie de Nantes peine à des places pour 300 des 698 migrants. Près de 70 seraient accueillis à Saint-Herblain dans un bâtiment mis à disposition par Harmonie Habitat, le centre de vacances EDF de Saint-Brévin l’Océan en accueillerait 70 dès ce mercredi, Rezé en prendrait 15 à 20 – elle logeait jusque-là 130 migrants et Roms, mais La Turballe, une mairie divers droite partante pour en prendre 15, a refusé d’en avoir 95 pendant quatre mois dans son centre VVF, et ce même si la ville de Nantes – via le CCAS – paye le logement des migrants et la préparation des locaux.
Saint-Sébastien sur Loire a aussi refusé faute de locaux et de volonté politique. Les élus du pays d’Ancenis – Ancenis et Varades (Loireauxence) en tête, ainsi que Treffieux dans le pays de Nozay, se sont montrés prêts mais rien n’a encore été décidé.
Au mieux, les derniers migrants pourraient quitter les gymnases nantais le 30octobre
Bref, au mieux, les derniers migrants pourraient quitter les gymnases nantais le 30. Et ils ne seraient logés que pour quatre mois. Un provisoire dénoncé par les associations pro-migrants qui refusent cependant de faire appel à leur vivier de bénévole pour loger ces mêmes migrants et ainsi pallier l’insuffisance des mairies – qui elles-mêmes se substituent à l’État défaillant tant pour loger les demandeurs d’asile que pour renvoyer les clandestins hors du pays.
Pendant ce temps les clubs jonglent sans leurs gymnases. Nantes Breil Basket – 250 licenciés – a déplacé ses matchs à Coubertin et la Durantière au lieu du gymnase Noël Paon (Hauts Pavés) occupé par près de 200 migrants. La section basket de l’association sportive et culturelle Saint-Médard s’est repliée au gymnase de Doulon.
Des adhérents de clubs – qui ont payé une cotisation mais ne peuvent plus s’entraîner – ont déjà demandé à être remboursés. D’autres tempêtent contre la Ville qui a imposé l’occupation des gymnases par les migrants sans proposer de solution de rechange pour les clubs.
Et la cohabitation ne se passe pas toujours bien : au Grand Blottereau, des joggeuses n’osent plus aller courir dans le parc, par peur d’être agressées par les migrants – ceux-ci ne restent en effet pour les gymnases que pour y dormir – sans possibilité de rentrer après 22 heures, voire 23 heures par endroits – et y manger, le matin et le midi. Le reste du temps ils baguenaudent dans les alentours, stagnant parfois en groupes assez importants qui peuvent paraître intimidants.
Annulation de la 30e édition de Cactus en folie au Grand Blottereau : ça pique !
Des événements qui devaient se tenir dans les gymnases concernés sont aussi annulés. Ainsi, la 30e édition de Cactus en Folie Grand Ouest organisée par la société nantaise des amateurs de cactées et plantes grasses (SNACPG) le 6 et 7 octobre au gymnase Raphaël Lebel du Grand Blottereau est annulée.
« Je ne tiens pas à engager une polémique », nous explique le président de la SNACPG Francis Leux, « d’autant que la Ville nous aide pas mal en nous mettant à disposition la salle et du matériel, mais on n’a été mis au courant que quand la Ville a pris la décision d’y mettre les migrants, en milieu de semaine [le 21 septembre] et la solution qui nous a été proposée – dans des salles de classes – ne nous paraissait pas adaptée. Trouver une salle à l’extérieur à moins de quinze jours de la manifestation nous a semblé très compliqué, donc on a préféré annuler que de faire dans de mauvaises conditions. Après avoir fait beaucoup de communication sur le sujet depuis avril, je me vois forcé d’essayer d’avertir toute notre communauté que cette manifestation est annulée. Rendez-vous en 2019 ».
Crédit photo : DR
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