Nantes : des dizaines de téléphones et des kilos de stupéfiants projetés par-dessus les murs de la maison d’arrêt

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Malgré l’arrestation de cinq jeunes délinquants en mai dernier et de trois autres en août en train de projeter des objets prohibés par-dessus les murs de la maison d’arrêt de Nantes – Carquefou les projections ne s’arrêtent pas, pas plus que les juteux trafics autour d’elles. FO-Pénitentiaire tire ce matin la sonnette d’alarme alors qu’en août et septembre des kilos de produits stupéfiants et des dizaines de téléphones ont été balancés par-dessus les murs de la maison d’arrêt.

« Généralement, c’est de la viande, du shit, des portables, des clés USB, parfois de l’alcool », résume un surveillant pénitentiaire. Mais aussi des couteaux qui peuvent servir aux détenus pour couper leur viande, mais aussi pour leurs règlements de compte et même pour tenter une évasion. Voire d’autres armes.

Fo Pénitentiaire signale qu’en « août et septembre, 40 projections ont été interceptées […] qui représentent près d’un kilo de produits stupéfiants, 40 téléphones, une lame de scie… Quand on sait que certains jours une quinzaine de projections sont récupérées par les détenus et que l’on peut évaluer à moins de 20% les colis interceptés, on ne peut qu’imaginer les quantités de substances et objets illicites qui circulent dans la détention ».

Et d’enfoncer le clou : « suite à des projections lors du week-end du 22 septembre, pas moins de 20 téléphones et 150 grammes de produits stupéfiants avaient été saisis lors de fouilles inopinées. Hier après-midi [le 1er octobre] ce sont près de 250 grammes de produits stupéfiants saisis ».

Le syndicat brocarde l’inaction de la direction, qui laisse les détenus « sortir de la cour de promenade pour aller gambader et récupérer les colis en zone neutre ou grimper sur les toits des cours de promenade ». Quant à Mme le ministre de la Justice, alertée par les sénateurs Priou et Vaugrenard, « aucune réponse ». La direction interrégionale pénitentiaire de Rennes ne fait rien de plus à part « refuser le transfert des détenus qui franchissent les grillages des cours de promenade pour se rendre en zone neutre ou grimper sur les toits ».

Alors que presque tous les détenus ont – en toute illégalité – des téléphones et que la quantité de stupéfiants qui circule en détention est impressionnante, c’est à se demander si les prisons servent encore vraiment à punir les détenus.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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