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Le 1er octobre dernier se déroulaient les élections provinciales québecoises (équivalent de nos législatives, sachant qu’au Québec il y a deux paliers gouvernementaux, un fédéral et un provincial).
Au final, c’est la Coalition Avenir Québec menée par François Legault qui détrône le Parti libéral du Québec avec une majorité écrasante. Et voici les principales propositions principales faites par la CAQ :
- Scolarité obligatoire dès 4 ans pour les enfants
- Abolition des taxes scolaires dans l’ensemble de la province
- Baisse massive des taxes et charges des entreprises
- Privatisation et encouragement de l’entreprise privée, diminution du rôle de l’État
- Baisse du taux d’immigration de 20%
- Soutien à la francisation de la province.
En France, François Legault a été décrit par les médias dominants comme un populiste anti-immigration façon Salvini, ou Marine Le Pen, en raison de sa promesse d’une baisse de l’immigration de 20%. Difficile toutefois de leur trouver des points communs…
Sur l’immigration, la CAQ semble en effet être mal à l’aise avec sa propre politique. Cette baisse des taux migratoires de 20 %, M. Legault la souhaite seulement sur 2 ans avant de revenir aux seuils précédents. Rien de très agressif, pour le Québec donc.
Dès son élection, la première revendication de la Coalition Avenir Québec concernait le port des signes religieux chez les fonctionnaires. Le parti affirme même que les récalcitrants – ceux qui veulent continuer leur signe religieux – perdront leur emploi. Il s’agit tout simplement de l’application de la laïcisation de l’État comme on peut l’observer en France. Une proposition toutefois contraire au fameux multiculturalisme canadien inscrit dans la Constitution canadienne. Justin Trudeau a d’ailleurs déjà menacé d’invalider une telle mesure. Cette proposition risque d’ailleurs fort de se confronter à la Cour suprême et de rouvrir un conflit constitutionnel avec le Québec …
Outre-mer, François Legault est présenté comme le nouveau Donald Trump ou encore comme Marine Le Pen. Pourtant, le seul lien à faire avec Donald Trump est le porte-monnaie de M. Legault qui est un multimillionnaire issue de l’establishment, comme Trump. Il devrait d’ailleurs céder rapidement devant les chambres de commerce qui réclament la possibilité d’employer de la main d’œuvre à bon marché.
Personnage peu charismatique, M Legault, qui affirme dès qu’il le peut qu’il adore les migrants, s’est empressé de rejeter Marine Le Pen qui venait de saluer sa victoire. Une déclaration de la leader frontiste qui avait suscité l’enthousiasme y compris de médias alternatifs qui ont cru voir un nouveau leader « de l’axe populiste » au Québec. Il est vrai que notre Québec est méconnu, et que la situation politique y est très mal maitrisée par la presse en Europe.
Quelles réactions au Québec ?
Les réactions à ces élections sont mitigées. Les réactions les plus proches de celle que l’on observe en France proviennent directement des milieux de gauche et des minorités culturelles qui craignent « le retour de la bête immonde » et « des déportations ». La peur faire vendre.
Déjà, de grandes manifestations contre le racisme s’organisent . Les lobbys s’organisent pour en découdre. Pourtant, dans les milieux nationalistes, aucune attente ne semble provenir de ces résultats électoraux, aucun parti de type Lega ou RN n’ayant été engagé électoralement.
Retrouvez ci-dessous le point sur les sièges attribués et les pourcentages (capture wikipedia)

Si le Parti libéral du Québec vient de concéder sa plus grande défaite depuis longtemps, celui-ci se maintient toujours à trente-deux sièges restant l’opposition officielle, mais sa politique notamment d’ouverture culturelle et en faveur d’un Québec Cosmopolite semble avoir lassé les électeurs.
Québec solidaire, un parti politique pouvant être qualifié de « Front populaire » du fait de sa coalition de petits partis socialistes, communistes et indépendantistes de gauche, vient de faire une percée au Parlement. Une coalition qui se veut le « parti des minorités », qui a réussi à séduire une partie de la jeunesse québécoise, notamment via l’écologie radicale, au détriment du parti vert qui existe depuis déjà longtemps. .
Autre phénomène intéressant, le Parti québécois , parti de l’indépendance du Québec, s’écroule. L’abandon de son aile droite, exclue du parti, et l’adhésion aux politiques immigrationnistes pour séduire la gauche, n’ont pas plaidé en sa faveur. Une très mauvaise nouvelle finalement pour l’idée indépendantiste, puisque concrètement, plus personne ne l’incarne au Parlement.
La vague dite Caquiste montre toutefois à nouveau le fossé qui sépare Montréal du reste de la province. La majorité de l’île (de Montréal) est restée très fidèle au parti libéral. Ces territoires se caractérisent d’ailleurs par leur forte mixité ethnique, ou par leur majorité anglophone. Certains voient dans ces élections l’opposition entre pays réel et pays légal (ou pays imposé).
Est-ce que la CAQ de François Legault est anti-immigration et nationaliste ?
Ce Parti fut fondé et rallié par des anciens du Parti libéral et du Parti québécois sur les restes de l’ancienne Action démocratique du Québec. Non, la CAQ n’est pas anti-immigration bien que ce soit probablement sa promesse de baisse de l’immigration plutôt osée qui lui a permis cette majorité parlementaire.
Mais comme mentionné plus haut, son leader a déjà signifié que cette baisse ne serait que temporaire après que les journalistes et les chambres de commerce l’aient malmené sur la question. La seule chose que ce parti politique a de nationaliste est sur le plan économique. En réalité, il s’agit plutôt d’un parti proche de la petite bourgeoisie d’affaire québécoise.
Reste à voir désormais à l’avenir comment ce parti et son chef résisteront à la tempête médiatique qui s’est emparée du pays, puisqu’ils vont être trainés dans la boue – y compris à tort – par les médias mainstream, francophones comme anglophones, fédéralistes comme provinciaux. Cela en dit long sur les réactions qui en découleraient au Québec si un jour, un parti réellement nationaliste émergeait sur le plan électoral …
Alexandre Peugeot
Crédit photo : DR
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