Une vidéo circule depuis dimanche 17 novembre mettant en cause le travail effectué par les journalistes de Breizh-info. Une mise au point s’impose donc.

Cette vidéo s’en prend à deux articles dont elle conteste la véracité. Le premier, qui n’est plus en ligne aujourd’hui, était fondé sur le témoignage d’un membre du personnel médical faisant état de diverses agressions et bagarres à l’intérieur du CHU de Nantes il y a quelques semaines.

Nous avons retiré cet article avant la sortie de la vidéo. Étant donné la gravité des faits relatés, nous avons estimé en effet qu’un seul témoignage, aussi véridique soit-il, ne suffisait pas. Nous admettons donc une imprudence sur ce point. Un petit test distrayant permettra à tout lecteur de juger si cette imprudence est propre à Breizh-info : prenez votre quotidien favori et comptez le nombre d’articles rédigés à partir d’une unique déclaration…

La vidéo s’en prend essentiellement à un détail secondaire de l’article : l’intervention des agents de sécurité de l’hôpital, soit « plusieurs hommes armés ». D’où un démenti unanime des syndicalistes interrogés au CHU de Nantes : non, les agents de sécurité ne sont pas armés. Tous ont manifestement imaginé qu’il était question d’armes à feu. Or les matraques et bombes à gaz lacrymogène sont des armes anciennement de sixième catégorie (Aujourd’hui C ou D en fonction de la contenance).

Breizh-info avoue sur ce sujet un peu de sensationnalisme… et la vidéaste a embrayé ! Quant à la fréquence des incidents au CHU, véritable sujet de l’article, il suffit de s’en remettre à ce que disent les agents de sécurité eux-mêmes, et pas seulement dans Breizh-info.

Le service communication du CHU de Nantes ne souhaite pas évoquer les sujets sensibles…

Par ailleurs, on note que le service communication du CHU de Nantes refuse de répondre aux questions sur des sujets sensibles. Cela peut se comprendre : l’image de l’établissement est en cause. Parfois, les événements ont trop de témoins pour être dissimulés ; ainsi, le squat du hall des urgences par des dizaines d’immigrés, plusieurs nuits de suite, en ce mois de novembre n’a pu être tu. Il en va autrement de ce qui se passe à l’intérieur des services. Est-il normal que des témoins – médecins, infirmières etc. – en arrivent à craindre pour leur poste, pour leur carrière, s’ils acceptent de témoigner de façon non anonyme sur ce qui se passe dans des établissements publics ?

Le patron de sex-shop n’a rien vu, rien entendu…

Le second article, toujours en ligne, relate le témoignage d’un chauffeur de la TAN sur les difficultés de son métier. Là encore, la vidéo cherche essentiellement à exploiter un détail de l’article, qui évoque des coups de feu, tirés début août, non loin d’un bâtiment de la compagnie de bus de la métropole nantaise. Un témoignage non corroboré par le représentant d’un syndicat de chauffeurs et par un commerçant situé à proximité des lieux cités. Ainsi, parce que deux personnes n’ont pas entendu de coups de feu ceux-ci n’auraient pas été tirés ? La contre-enquête effectuée par la vidéo laisse notoirement à désirer.

Breizh-info avait évoqué des coups de feu tirés « juste à côté du dépôt [d’autobus] au Sillon ». Le syndicaliste interrogé évoque lui ce qui se passe « sur les dépôts »… donc pas au même endroit (déjà, le dépôt du Sillon s’étend sur trois hectares en zone urbaine : des coups de feu entendus à un bout peuvent être inaudibles à l’autre). Quant au commerçant, responsable de l’un des plus gros sex-shops de l’agglomération nantaise, sa boutique se trouve à 250 m à vol d’oiseau de l’entrée du dépôt… mais à 100 m du très bruyant périphérique nantais. Sans savoir ni où ni quand les coups de feu ont été entendus, il témoigne… n’avoir rien entendu. (Entre nous, moi non plus. Et vous ?) Que prétend-on démontrer avec ce genre de propos ? Ceci étant dit, les coups de feu dans l’agglomération nantaise, c’est devenu monnaie courante. La carte tenue à jour par Breizh-info en témoigne. Édifiant.

Une vidéaste obnubilée par les armes à feu ?

Encore une remarque : « hommes armés du CHU, coups de feu du dépôt TAN », la vidéaste semble obnubilée par les armes à feu. Mais, brandissant son pistolet à bouchons, elle ne semble pas très bien savoir de quoi il s’agit. Pas étonnant alors qu’elle ait raté sa cible…

Au sein de la rédaction de Breizh-info, après plus de 15 000 articles rédigés en 5 ans, nous savons pertinemment, parce que média alternatif, que nous sommes lus, relus, épiés dans nos moindres faits et gestes, par une certaine police de l’Internet, à la recherche de la moindre erreur que nous pourrions commettre.

Que les journalistes qui n’en commettent jamais nous jettent la première pierre. Quel intérêt aurions-nous, sérieusement, à faire dans la fausse information alors que, chaque jour, nous n’avons qu’à piocher dans le réel pour transmettre des informations identiques  à nos lecteurs ?

Une interview dissimulée et tronquée

Pour terminer sur cette vidéo qui circule, plusieurs précisions tout de même. Tout d’abord, notre journaliste interrogé ne savait pas qu’il était enregistré. La loi impose pourtant de prévenir son interlocuteur en cas d’un éventuel enregistrement. Pour une vidéo qui se veut « morale », c’est un mauvais début.

Les propos de notre journaliste ont en outre été en partie coupés, notamment à la fin lorsqu’il explique qu’un « lecteur qui ne lirait que Breizh Info aurait une vision biaisée de l’actualité ». Car il continue – ce que vous n’entendrez pas sur la vidéo – en disant que ce serait le cas pour n’importe quel lecteur ne se focalisant que sur une seule source d’information, quelle qu’elle soit.

C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de médias alternatifs comme le nôtre : apporter de l’information différente, un ton différent. Cela n’enlève en rien la nécessaire complémentarité et le travail effectué par d’autres médias. Au lecteur, ensuite, de ne pas s’enfermer dans une bulle et d’ouvrir son champ de réflexion et d’information au maximum.

Pour terminer. Depuis cinq ans, avec un lectorat toujours plus important, Breizh Info est devenu un de ces médias empêcheurs de tourner en rond. Un média qui donne la parole à TOUS ceux qui veulent la prendre, c’est dans notre ADN. Tant pis pour les grincheux et les sectaires qui n’ont pas encore compris cela.

On peut nous détester. On peut aussi nous reprocher ou soulever à raison des erreurs que nous ferions, et nous les corrigeons, et nous les corrigerons, comme nous l’avons toujours fait.

On peut nous accuser ou nous taxer de beaucoup de qualificatifs. Mais pas de celui de menteur ou de malhonnête. C’est le fondement même de notre site que le combat au service de la vérité.

Oui, chers lecteurs, chères lectrices, nous vous l’affirmons haut et fort, Breizh info est un média honnête.

Et maintenant, au travail !

La rédaction

Illustration: DR
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