Depuis 36 ans, le sentier qui longe le littoral à Saint-Briac, en Ille-et-Vilaine, fait l’objet d’une procédure judiciaire. En cause, la présence de villas dont les terrains coupent l’accès au chemin. Une bataille de longue haleine engagée par les habitants du village, qui ont pourtant la loi de leur côté.

Un problème d’accès

Tout près de Dinard, le village de Saint-Briac-sur-Mer offre une vue imprenable sur le littoral de la Côte d’Émeraude. De quoi réjouir les randonneurs… sauf que le sentier côtier est entravé par des propriétés privées qui en barrent l’accès. Une situation compliquée qui n’est pas propre à la commune : l’État a d’ailleurs promulgué une loi le 31 décembre 1976 afin de faire respecter le principe de servitude sur ces sentiers. En d’autres termes, les propriétaires dont les terrains mordent sur les chemins côtiers doivent assurer un passage de 3 m de largeur afin de laisser l’accès au rivage aux promeneurs ; ce qui n’est pas respecté à Saint-Briac.

L’opposition des résidences secondaires

En cas d’obstacle, l’État peut alors prendre un arrêté pour faire assurer la continuité du sentier. Toutes les communes du bord de mer en Ille-et-Vilaine disposent d’ailleurs d’un tel document… sauf Saint-Briac, dont l’arrêté, pris en 1982, a été annulé en 1988 pour vice de forme. C’est là que naît la querelle entre les habitants et les riches propriétaires, parmi lesquelles la famille de John Kerry, homme politique américain, et de Brice Lalonde, ancien maire de la commune et ancien ministre de l’Écologie. Refusant tout aménagement impactant leur propriété privée, ils multiplient les recours auprès des tribunaux. Néanmoins, la préfecture de l’Ille-et-Vilaine a fait savoir que la loi serait appliquée ; des travaux ont d’ailleurs d’ores et déjà été engagés.

Lentement, mais sûrement, le sentier côtier de Saint-Briac devrait être restauré, mettant ainsi fin à une longue discorde. L’ouverture aux promeneurs devrait avoir lieu au cours de l’année 2019.

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