Matteo Salvini

Pour la première fois depuis bien longtemps, le nombre de migrants clandestins expulsés d’Italie est supérieur à celui des arrivées. C’est ce qu’a avancé le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

50 000 migrants en moins

Le reflux migratoire en Italie a-t-il commencé ? C’est ce que peuvent laisser penser les déclarations du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini sur le sujet lors d’une conférence de presse tenue le 23 janvier :
« Entre le 1er janvier 2018 et le 1er janvier 2019, le nombre de migrants présents dans des structures en Italie, évidemment à la charge des citoyens italiens, a incroyablement diminué de 50 000 », a déclaré le leader de la Lega. Ce dernier affirmant que ce nombre de migrants présents dans les diverses structures étaient de 183 000 il y a un an contre 133 000 aujourd’hui. Et Matteo Salvini d’ajouter : « Faites le calcul, en multipliant par 30 euros par jour, du montant des économies réalisées. »

Si des voix critiques en Italie soulignent qu’aucune étude officielle n’a été publiée jusqu’alors pour prouver les chiffres avancés, le ministre de l’Intérieur s’est félicité du travail accompli depuis sa prise de poste. Ce solde négatif entre les arrivées et les départs de migrants extra-européens illégaux est effectivement une nouveauté en Italie. Ensuite, Matteo Salvini a déclaré qu’il s’agirait de « la première année où on enregistre en Italie plus d’expulsions que d’arrivées de migrants: pour 155 arrivées, 221 rapatriements ont déjà été effectués, auxquels s’ajoutent 368 reconduites à la frontière. Donc 600 entre reconduites et expulsions ».

Matteo Salvini cible la mission Sophia

Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur italien a rappelé son désaccord sur la mission Sophia, mission militaire européenne créée en 2015 pour lutter contre les réseaux de passeurs en Méditerranée. La poursuite de celle-ci est menacée compte tenu des profondes divergences entre les différents gouvernements de l’UE sur la prise en charge des naufragés sauvés par leurs navires.

Cette mission Sophia est sous commandement italien et son quartier général est basé à Rome. De plus les navires de la marine italienne jouent un rôle prépondérant dans les opérations menées au large de la Libye. Mais la coalition Lega/M5S entend modifier certaines règles. Notamment celle qui contraint l’Italie à accueillir sur son sol les migrants recueillis en mer par les navires italiens de la mission Sophia.

« Soit les règles changent, soit nous mettons fin à la mission », a déclaré Matteo Salvini le 23 janvier sur son compte Twitter.

« Dites-moi quel est l’avantage pour l’Italie ? »

La mission Sophia doit se poursuivre jusqu’au 31 mars 2019. Mais certains pays de l’UE commence à se désengager du projet, à l’instar de l’Allemagne. Le pays a effectivement annoncé qu’il retirerait la frégate Augsburg du dispositif en Méditerranée à partir du 6 février. Tout en maintenant dans le même temps une dizaine de militaires et de marins allemands en poste au Quartier Général à Rome. En attendant de voir si une issue politique se présente.

De son côté, Matteo Salvini a commenté la décision de l’Allemagne : « Si quelqu’un se défile, ce ne sera pas un problème pour l’Italie. Il nous fait plutôt une faveur ». Mais pas question pour autant de mettre fin à la mission Sophia selon l’exécutif italien : « L’Italie n’a jamais demandé la fin de Sophia », a tenu à préciser le ministre des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi le 23 janvier.

Par ailleurs, Matteo Salvini a aussi rappelé que l’Italie avait joué « collectif » dans l’intérêt de l’UE. Mais sans contrepartie avantageuse pour son pays :
« Ça fait six mois que nous demandons un changement des règles de la mission Sophia, nous avons même signé sa prorogation contre l’intérêt italien. L’Europe nous a dit non, et si aujourd’hui certains se défilent, ce n’est pas un problème ».  Il n’a pas manqué de rappeler également les chiffres pour les secours effectués par les navires de Sophia : de juillet 2015 à décembre 2018, 43 327 migrants ont débarqué en Italie, « soit 100% des personnes secourues ». De quoi s’interroger : « Dites-moi quel est l’avantage pour l’Italie […] ? » Le leader de la Lega connaît déjà la réponse.

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