Les secteurs agricoles des pays européens sont en état d’alerte : la propagation de la peste porcine africaine pourrait causer de graves dommages dans les élevages.

Peste porcine africaine : l’Europe de l’Est d’abord

La peste porcine africaine (PPA) se propage peut-être plus lentement que d’autres maladies dans l’industrie porcine, mais elle est particulièrement dangereuse. Ce virus était inconnu en dehors de l’Afrique, où les porcs sauvages indigènes sont porteurs mais restent largement non touchés par la maladie, jusqu’en 1957. À l’époque, la peste porcine africaine est entrée au Portugal à bord d’un navire par le biais d’aliments contaminés qui ont été donnés aux porcs. Par la suite, ce fléau a circulé lentement dans toute l’Europe de 1957 à 1986.

Cependant, en 2007, une souche très infectieuse est apparue en Géorgie, en Europe de l’Est. Son développement s’est poursuivi tout au long des années 2010. De 2007 à 2019, la peste porcine africaine s’est répandue de façon constante et généralisée dans toute l’Europe de l’Est et arrive désormais en Europe de l’Ouest. Une fois de plus, c’est par l’intermédiaire d’une alimentation porcine contaminée que la maladie a pu progresser.

Peste porcine africaine : inquiétante propagation

Une propagation qui, loin d’être endiguée, continue de frapper le Vieux Continent. Au cours des quatre derniers mois, neuf pays européens ont signalé 1 000 nouveaux cas. Les principaux modes de transmission sont le porc cru et le transport de viande porcine congelée à travers l’Europe et le Royaume-Uni. De plus, l’infection de la population de sangliers sauvages en Europe, qui n’est pas naturellement aussi résistante que semblent l’être les sangliers africains, est un autre facteur essentiel de la propagation du virus. Ces sangliers parcourent de longues distances et peuvent infecter les porcs domestiques élevés dans des fermes commerciales.

Si la peste porcine africaine n’est censée présenter aucun danger mortel pour les humains, cette maladie est en revanche fatale pour les animaux qui la contractent. Elle provoque des hémorragies chez les porcs.

Compte tenu de ces risques de plus en plus présents, certains pays comme l’Allemagne (premier producteur de porcs de l’UE) pourraient envisager la construction de murs frontaliers pour empêcher les sangliers d’entrer. Au Danemark, les autorités ont validé la construction d’une clôture le long de la frontière avec l’Allemagne afin d’éviter les mouvements de sangliers sauvages entre ces pays.

Pas de vaccin pour l’instant

Pour le moment, neuf pays de l’Union européenne ont déclaré des cas de peste porcine africaine sur leur territoire. Cependant, les plus touchés restent toujours ceux de l’Est, à savoir la Pologne, la Roumanie, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie. Au mois d’octobre dernier, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Stéphane Travert avait annoncé la mise en place de mesures dans l’Hexagone pour prévenir d’une éventuelle contamination les élevages français. Des cas avaient été détectés quelques semaines plus tôt en Belgique, à quelques encablures de la frontière avec la France.

Pour faire face à ces menaces qui pèsent sur les élevages porcins européens, Bruxelles a attribué une enveloppe de 1,2 million d’euros aux pays membres. Par ailleurs, un important programme de recherche et d’innovation financé par l’UE depuis 2018 a pour mission de mettre au point un vaccin pour éradiquer la peste porcine africaine. Autant dire que le temps presse.

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/ajoheyho)
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