Les étés de ces dernières années dans l’Arctique canadien seraient les plus chauds depuis… 115 000 ans. C’est ce qu’affirme une récente étude.

Un « plus chaud » historique datant de 115 000 ans !

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications, des chercheurs indiquent que la zone Arctique du Canada connaîtrait les températures estivales les plus élevées depuis environ 115 000 à 120 000 ans. « L’Arctique se réchauffe actuellement deux à trois fois plus vite que le reste du globe, de sorte que les glaciers et les calottes glaciaires vont naturellement réagir plus vite », a ainsi déclaré Simon Pendleton, l’un des membres de l’équipe de chercheurs et issu de l’Université du Colorado (États-Unis).

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié les anomalies géographiques et la vieille glace sur l’île de Baffin, au Canada, en particulier sur les calottes glaciaires des hauts plateaux et les fjords profonds. Contrairement aux glaciers, les calottes glaciaires ne bougent pas et la matière qui repose sur le sol est préservée tant que la calotte reste en place.

De plus, la glace de l’Arctique préservant efficacement les mousses et les lichens anciens pendant des milliers d’années, les scientifiques ont pu avoir un aperçu par l’intermédiaire de cette flore.

Des paysages gelées depuis 40 000 ans

Selon Simon Pendleton, en ce qui concerne ces températures élevées, le siècle actuel serait probablement l’un des plus chauds au cours des 120 000 dernières années. Par ailleurs, à mesure que les calottes glaciaires risquent encore de reculer, les scientifiques pourraient découvrir des terres (et une végétation ?) encore plus anciennes.

En raison de la fonte de ces glaciers, ces terres en question connaîtraient alors une « nouvelle vie » après plus de 40 000 ans de glaciation. Si les probables découvertes à venir s’annoncent passionnantes, voici des hypothèses inquiétantes des possibles changements climatiques en cours. Pour l’heure, les chercheurs ont échantillonné une cinquantaine de plantes sur 30 calottes glaciaires de la région, ainsi que des échantillons de roches pour confirmer l’âge et l’historique de la couverture de glace.

Cinq années les plus chaudes depuis 1900

De plus, les chercheurs ont également laissé entendre que l’île de Baffin serait probablement complètement dépourvue de glace au cours des siècles à venir.

Des éléments qu’une récente étude américaine publiée en décembre 2018 viendrait conforter. Réalisé par la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis, le rapport affirme que la région de l’Arctique a connu des températures plus élevées au cours des cinq dernières années (2014-2018) qu’à tout autre moment depuis 1900, lorsque les relevés ont commencé.

Les impacts de ce réchauffement rapide comprennent une diminution de 50 % des populations de caribous et de rennes sauvages dans la toundra arctique au cours des deux dernières décennies. Enfin, cette hausse des températures observée coïnciderait également avec la prolifération d’algues toxiques nocives dans l’océan Arctique, lesquelles constituent une menace pour la biodiversité marine.

Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/Nasa Ice)
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