Éric Alary : « Les jeunes paysans ont beaucoup de mal à s’installer » [Interview]

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Les éditions Perrin viennent de rééditer, en poche, le livre d’Éric Alary, L’Histoire des paysans français. Un livre passionnant, désormais financièrement accessible à un plus grand nombre, pour comprendre l’évolution de la paysannerie en France et les menaces qui pèsent aujourd’hui sur ceux qui, tout au long des siècles, ont nourri le peuple, et cherchent encore aujourd’hui à le nourrir.

Nous avons profité de la réédition de l’ouvrage pour interroger M. Alary (lire l’interview qu’il nous avait donnée à l’époque de la première parution du livre).

Breizh-info.com : Qu’est-ce qui a évolué ces dernières années concernant la paysannerie et l’évolution de l’agriculture en France ?

Éric Alary : Ces dernières années, les paysans dans leur majorité ont pris conscience que la terre n’était pas inépuisable et qu’il fallait trouver de nouvelles idées pour vivre mieux dans les villages, pour que les paysans et les citoyens (citadins et ruraux) puissent trouver une nourriture saine dans leur assiette et à un prix raisonnable, qui permette aux paysans de vivre décemment. Je pense notamment aux éleveurs. Il faut repenser l’agriculture ensemble ; l’Europe y aidera, mais que penser des paysans qui vivent grâce aux subventions ? Faut-il poursuivre dans la voie d’une agriculture totalement libérale et destructrice pour certaines familles rurales ? Les grandes surfaces peuvent-elles continuer à faire la loi ? Nombre de paysans réagissent avec les néo-ruraux en proposant les circuits courts et les alternatives de ventes grâce à l’AMAP et à la Ruche par exemple. C’est en plein boom ; il faut continuer dans cette voie ; ce n’est pas une régression, mais une nécessité.

Breizh-info.com : Le Salon de l’agriculture qui se tient cette semaine n’est-il pas, plus qu’une mise en valeur de l’agriculture, une grande farce à ciel ouvert ? Est-ce réellement la vitrine de l’agriculture en France ?

Éric Alary : Le Salon de l’agriculture a le mérite de mettre en avant les producteurs et les spécialistes de l’outillage agricole ; de plus, cela permet une vive exposition médiatique ; pourquoi les hommes politiques y passeraient-ils autant de temps sinon, à quelques rares exceptions près ? Cela dit, le Salon n’est plus une vitrine idéale du monde paysan et agricole ; des débats ont lieu et personne n’est dupe. Cela permet aussi aux paysans d’être reconnus quand ils atteignent l’excellence.

Breizh-info.com : Qu’est-ce qu’un paysan en 2019 ?

Éric Alary : En 2019, le paysan n’est plus tout jeune et il a mal assuré l’avenir de la relève ; les jeunes paysans ont beaucoup de mal à s’installer. Il faut les aider assurément. Un paysan se définit de multiples façons ; tout dépend de son activité. Il peut être gros éleveur, gros céréalier, petit producteur de proximité, maraîcher de plus ou moins grande capacité de production, forestier, etc. Je remarque que nombre de paysans ont besoin de beaucoup de terres ou de bêtes pour produire et vendre à l’export dans une agriculture capitaliste dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est à bout de souffle.

Breizh-info.com : Les campagnes se peuplent petit à petit de « néo-ruraux », qui reviennent à des méthodes traditionnelles d’agriculture (je pense notamment à la permaculture). Comment percevez vous ce mouvement de retour à la terre ?

Éric Alary : Le retour à la terre n’a rien de nostalgique ; 8 millions de Français se diraient prêts à aller vivre à la campagne ; celle-ci n’a pas les moyens et les structures pour les recevoir tous. Cependant, cela dit quelque chose de la saturation des citadins du monde urbain, pressé, pollué (même si les campagnes souffrent aussi de pollutions diverses) ; s’installer à la campagne c’est avoir de la patience, surtout si l’on envisage de pratiquer la permaculture. Il faut une bonne diffusion de l’information auprès des potentiels consommateurs. L’État doit pousser un peu plus dans ce sens comme il essaie de le faire avec le bio ; le bio a tellement de succès que les aides de l’État sont dépassées. À l’heure du grand débat national, il faut aussi penser à rouvrir des services dans les communes rurales même si elles ne sont pas rentables. Est-ce fou de penser encore à un État de services et non pas à un État-providence ? La France doit beaucoup à ses villages ; elle ne doit pas éprouver de nostalgie mais construire demain avec les villages tels qu’ils sont repensés de nos jours par l’arrivée des rurbains.

Breizh-info.com : Vous publiez parallèlement une Nouvelle histoire de l’Occupation. Pouvez-vous nous parler de ce livre ?

Éric Alary :  Avec la Nouvelle histoire de l’Occupation qui sort le 21 mars prochain, je reviens à mes premières amours, à l’étude de la Seconde Guerre mondiale ; j’ai écrit un dictionnaire et de nombreux livres sur ce sujet. Cette fois-ci, il s’agit d’offrir une synthèse totalement originale sur l’histoire de l’Occupation, vue du côté allemand. Cela permet de revisiter l’Occupation en France avec les dominations allemandes : culturelle, économique, répressive, financière, militaire, etc.

L’histoire des paysans français – Éric Alary – tempus – 8,5 €

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
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