Gilets jaunes. Pas de fest-noz, pas de fest-deiz pour Gwendal Leroy…

Le procureur général de Rennes fait bien son travail ; il mérite une promotion. Pas de cadeau pour les Gilets jaunes ! Comme ce sont des Bretons, il n’y a pas de raison de se gêner.

« Employer la plus grande fermeté », c’est la consigne donnée par Jean-François Thony, procureur général près la cour d’appel de Rennes, aux neuf parquets bretons. Résultat des courses : « 304 enquêtes ont été ouvertes en lien avec le mouvement de contestation des Gilets jaunes. 340 personnes ont été placées en garde à vue. 234 personnes poursuivies, sur le ressort de la cour d’appel de Rennes. Un total de 26 années de prison a été prononcé, dont 15,5 années de prison ferme. » C’est la sévérité à 100 % : « À Saint-Nazaire, par exemple, une personne à été condamnée à deux ans de prison, dont six mois avec sursis ».

Pour ce qui relève des « violences policières », « une vingtaine de plaintes ont été déposées, sur les cinq départements. Cela va d’un manifestant touché à l’œil à un autre indisposé par les gaz lacrymogènes. » (Ouest-France, Bretagne, mercredi 6 mars 2019).

« Je suis un éborgné à vie »

C’est le cas de Gwendal Leroy, demeurant à Saint-Thurien, près de Quimperlé (Finistère). Il participait à la manifestation des Gilets jaunes le samedi 19 janvier à Rennes. Une balle de défense l’a touché à l’œil gauche. « Je suis un éborgné à vie », constate-t-il. Aux urgences, les médecins « m’ont surtout dit que j’avais définitivement perdu la vision de mon œil gauche. Mais, je le dis, j’ai de la chance : mon globe oculaire a été sauvé. », poursuit-il. « Auparavant, j’étais cariste intérimaire aux Papeteries Mauduit, à Quimperlé. Quand est arrivée la fin de mon contrat, je suis devenu Gilet jaune. Je cherchais du travail. », explique-t-il également (Ouest-France, mercredi 27 février 2019).

« Monsieur le Président, une telle « épidémie » de blessures oculaires gravissimes ne s’est jamais rencontrée. » Il y a un mois, au nom du principe de prévention, 35 ophtalmologues hospitaliers de renom, professeurs ou maîtres de conférences à l’université, ont écrit à Emmanuel Macron pour réclamer « un moratoire » dans l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) par les forces de l’ordre. Mais pas de réponse présidentielle (JDD, 10 mars 2019).

On peut également fournir quelques tarifs. Coût d’un lanceur de balles de défense : « 650 euros, d’une balle de défense : 30 euros, d’un lanceur de grenades lacrymogènes : 2 500 euros, d’une grenade lacrymogène : 15 euros, d’une grenade lacrymo GLI –F4 à effet sonore : 25 euros, etc. » (Capital, mars 2019).

Nous avons déjà eu l’occasion de souligner une réalité : jamais le gouvernement n’oserait se comporter avec les immigrés lors des émeutes de banlieues comme il le fait avec les Gilets jaunes – qui ne sont pas forcément des enfants de chœur. La gauche morale (partis, associations, médias, églises, etc.) hurlerait. Ce ne serait que protestations dans les journaux, les radios et les télés. L’éborgné breton Gwendal Leroy a eu droit à un article dans Ouest-France ; ce sera tout. Si ce dernier était un immigré ou un « migrant », Hamon Martin quintet organiserait un concert de soutien…

Bernard Morvan

Crédit photo : Flickr (cc)
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