L’immigration de la population africaine est l’un des enjeux majeurs des décennies à venir. Une nouvelle étude sur le sujet peut légitimement susciter l’inquiétude des Européens.

Africains : ce besoin d’ailleurs

Si l’Afrique se démarque par une natalité largement supérieure à celle des autres continents, elle se caractérise aussi par la forte volonté d’émigration de ses habitants. Il y a un an, une enquête mettait déjà en lumière ce phénomène. Lequel a été confirmé par une nouvelle étude récemment menée par Afrobarometer.

Que nous indique ce sondage réalisé au cours des deux dernières années auprès de 46 000 Africains dans 34 pays différents ? Que 37 % des Africains interrogés envisagent de quitter leur pays d’origine. Et ce, principalement pour des raisons économiques (recherche d’un travail pour 44 %, espoir d’échapper à une situation économique difficile pour 29 %). Ils sont par ailleurs 18 % à sérieusement réfléchir à cette idée d’émigration.

Volonté d’émigrer : en Europe pour 27 %

D’autre part, il apparaît que les hommes (40 %) sont plus enclins au départ que les femmes (33 %). De plus, Afrobarometer révèle que le désir de partir est plus fort chez les personnes vivant en ville (44 %) que dans les régions rurales (32 %). Remarquons également que ce sont les jeunes Africains qui regardent le plus vers l’étranger puisqu’ils sont près d’un sur deux à vouloir quitter leur pays chez les 18-25 ans sondés.

Quant aux pays de destination choisis, 29 % des interrogés aimeraient s’installer dans un autre pays de leur région et 7 % ailleurs en Afrique. Cette envie de rester sur le continent est particulièrement forte en Afrique australe (58 %) mais beaucoup plus faible en Afrique du Nord (8 %). Dans le même temps, ils sont près de 27 % à indiquer vouloir gagner l’Europe et 22 % concernant l’Amérique du Nord.

Bientôt 40 millions de migrants ?

Enfin, parmi ceux qui envisagent d’émigrer, en moyenne un sur 10 (9 %) affirme préparer actuellement son départ. C’est au Lesotho et au Zimbabwe que ces proportions sont les plus élevées sur le continent africain. Si, selon Afrobarometer, cette part ne représente « que » 3 % du total de la population de l’Afrique (1,3 milliard d’habitants), cela n’en reste pas moins un nombre de migrants potentiels très important en valeur absolue, à savoir 40 millions de personnes.

Bien que ce sondage n’ait qu’une valeur indicative, rappelons par ailleurs que cette même Afrique pourrait atteindre les 4,4 milliards d’habitants à l’horizon 2100 si les dernières prévisions démographiques se confirmaient à l’avenir. À défaut de la mise en place d’une solide politique de développement économique du continent africain au cours des prochaines années susceptible de tarir ces flux migratoires en devenir, l’Europe va devoir prendre des mesures drastiques face à ce phénomène. Et davantage prendre en compte les valeurs absolues que les pourcentages…

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