Une nouvelle étude américaine vient confirmer que l’immigration en provenance d’Afrique va s’intensifier en Europe dans les années à venir. C’est en tout cas la volonté de plus en plus d’Africains.

Une enquête édifiante

C’est une enquête menée par le centre de recherche américain Pew Research Center qui n’est pour l’instant pas évoquée par la presse française. Il est vrai que son contenu est pour le moins inquiétant. L’organisme basé à Washington révèle ainsi qu’une grande partie de la population de nombreux pays subsahariens souhaite émigrer en Europe.

Plus précisément, le rapport analysait les données sur les tendances migratoires des pays d’Afrique subsaharienne vers l’Europe et les États-Unis. Et plus particulièrement l’Afrique du Sud, le Ghana, le Nigeria, le Kenya, le Sénégal et la Tanzanie.

Europe

Un rapport dont le titre annonce déjà la couleur : Au moins un million d’Africains subsahariens se sont installés en Europe depuis 2010. Avant d’ajouter que « l’immigration subsaharienne vers les États-Unis est également en augmentation ».

Deux Ghanéens sur trois

Contrairement à de précédentes études sur le sujet, il n’est plus cette fois question de constater l’immigration mais de l’anticiper. Voilà pourquoi le Pew Research Center a interrogé des adultes de ces pays africains afin d’en savoir davantage sur les éventuels désirs de gagner l’Europe ou les États-Unis.

Les résultats sont sans appel. 75 % des Ghanéens, 74 % des Nigérians et 54 % des Kenyans envisagent de quitter leur pays et de s’installer en Europe. Une volonté d’émigrer qui, bien que moindre, est tout de même très importante en Afrique du Sud (51 %), au Sénégal (46 %) et en Tanzanie (43 %).

Point important, il s’agit d’intentions de quitter l’Afrique au cours des cinq prochaines années. Un horizon à court terme donc.

Un phénomène s’amplifiant

Par ailleurs, entre 2010 et 2017, le nombre de personnes émigrant des pays subsahariens a augmenté de 31% selon les chercheurs de Washington. Ce qui fait que l’Afrique dépasse de loin les chiffres de la région Asie-Pacifique où l’émigration a augmenté de 5 % et ceux de l’Amérique latine et des Caraïbes, qui ont augmenté de 9 %.

Europe

De plus, en 2010 près de 58 000 migrants ont demandé l’asile en Europe. Moins d’une décennie plus tard, en 2017, ce nombre avait plus que doublé pour atteindre 168 000. Sans compter tous les illégaux n’ayant effectué aucune demande et étant toujours présents malgré tout sur le continent. Des chiffres qui ne comprennent pas non plus les demandes de résidence permanente légale, de statut de réfugié, de visas familiaux ou de travail. Sans parler des étudiants internationaux. Les données livrées par le Pew Research Center sont donc une estimation basse du phénomène.

Les États-Unis moins accessibles

Bien que les USA soient en premier lieu davantage prisés que l’Europe dans les souhaits de destinations, la réalité est désormais toute autre. Les lois et les règlements y sont plus stricts et s’y installer devient de plus en plus compliqué. Un durcissement de la législation sur l’immigration dont Donald Trump avait fait l’un des thèmes phares de sa campagne électorale.

En conséquence de quoi, c’est donc bien l’Europe qui accueille le plus de migrants. Parmi les motivations de ces derniers, l’étude révèle également que le chômage élevé, le faible niveau des salaires ainsi que les conflits à répétition sont les principales raisons de l’immigration africaine.

Mais l’élément le plus décisif pour le futur sera incontestablement l’évolution démographique du continent africain. Et les prévisions en la matière ne laissent guère de doute sur la pression migratoire de plus en plus forte à laquelle l’Europe va devoir faire face. Les dirigeants de l’UE sont prévenus !

Crédit photos : Pixabay.com (CC0/gazetasecret)
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