La Bretagne — surtout ses petits aéroports — n’est pas particulièrement gâtée en matière de destination vers le nord de l’Europe, et notamment vers les pays celtes. C’est toujours la croix et la bannière, hormis au départ de Nantes, pour se rendre vers l’Irlande, ou vers l’Écosse. Pour le Pays de Galles ou l’île de Man, c’est encore pire.

Toutefois, l’aéroport de Nantes propose de se rendre à Dublin, mais aussi à Édimbourg, capitale de l’Écosse, via la compagnie Ryanair. C’est cette destination que nous avons choisie de vous présenter.

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Pour un week-end à Édimbourg, vous partez le vendredi début d’après-midi, vous rentrez le lundi dans l’après-midi. Horaires abordables, prix relativement abordables (il faut toutefois penser à trouver une solution pour le parking à l’aéroport de Nantes, hors de prix, et de plus en plus engorgé). Sinon, en réservant à l’avance sur Internet, comptez à partir de 40 euros pour trois journées de stationnement (alors que vous pouvez trouver un billet d’avion aller à partir de 8 € pour Édimbourg en voyageant au mois de mai, actuellement, cherchez l’erreur…)

Destination Édimbourg, capitale de l’Écosse

Une fois les contrôles de plus en plus liberticides et insupportables passés à l’aéroport, direction l’Écosse. L’aéroport d’Édimbourg accueille deux fois plus de passagers que celui de Nantes à l’année (aéroport qui commence à saturer sur la foule qui s’y masse), mais les Britanniques sont mieux organisés. C’est plus calme, moins stressant, moins bruyant. Au final, on finirait par reconnaître les yeux bandés si l’on se trouve dans un aéroport en France ou bien dans le nord ou l’est de l’Europe….

Mais revenons à nos moutons. Le temps d’un week-end, ne pensez pas pouvoir faire le tour de l’Écosse. Pour cela, prévoyez a minima une à deux semaines (et encore). Non, pour ces 2-3 jours, prévoyez vraiment de rester à Édimbourg, avec éventuellement un détour par Glasgow (une heure de train) notamment si vous voulez assister à un match de football des Rangers ou du Celtic (le week-end de notre reportage, c’était un dimanche de Old Firm, derby explosif entre les deux équipes, l’une protestante et loyaliste, l’autre catholique et soutien de la cause républicaine irlandaise). Pour un Old Firm, ne comptez pas trouver un ticket de match, c’est quasiment impossible (les billets s’envolent à plus de 1 500 livres au marché noir). Pour les autres matchs, vous devriez trouver votre sésame.

Côté football, côté sport, vous pourrez dans tous les cas être servi à Édimbourg. Pour le football, deux équipes jouent en première division écossaise : les Hearts, club protestant de la ville, situé à l’ouest de la ville, à deux pas du stade de Murrayfield. Les Hibernians (Hibs), club catholique situé au nord-est de la ville. Deux stades superbes, à l’ancienne, de quoi passer un bon moment, pour un match de football d’un niveau sans doute médiocre, mais avec des équipes et des joueurs qui, chose rare désormais en Europe, prétendent encore défendre une identité, un club, un quartier, une culture.

Côté rugby, à Édimbourg, vous pourrez voir une rencontre de Pro 14 à Murrayfield, avec le club d’Édimbourg, en passe de devancer, en termes de niveau, les Glasgow Warriors. Le stade ne sera pas aussi plein que pour un match de l’équipe d’Écosse (si vous tombez un week-end de Tournoi des 6 nations, foncez et tentez de vous procurer un billet, ambiance énorme), mais certains matchs drainent du monde, et une sacrée ambiance. Nous avons assisté à la rencontre entre Édimbourg et le Munster, quart de finale de la Champions cup de rugby. Une marée rouge, irlandaise, avait envahi le stade, pour assister à la victoire du Munster, dans une superbe atmosphère (nous reviendrons plus en détail sur ce match).

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Sur un samedi ou un dimanche, si vous aimez le rugby ou le football, vous aurez déjà de quoi vous occuper, à Édimbourg comme à Glasgow. Mais ce n’est pas forcément que pour le sport que vous allez vous rendre en Écosse.

Édimbourg, une belle capitale chargée d’histoire

Édimbourg (prononcez Edineble si vous ne voulez pas avoir l’air trop bête et si vous voulez respecter l’accent local, difficile à comprendre il faut le reconnaître) est une ville de 482 000 habitants (son aire urbaine en contient le double). Une ville dense (1 863 habitants au km2), mais où l’on n’étouffe pas. Sa taille humaine permet d’y déambuler, en mode randonnée, pour la visiter en long, en large, et en travers.

Pour avoir une vue d’ensemble de la ville, il faut impérativement vous rendre sur la colline Arthur’s Seat, en plein cœur de la ville. C’est une colline de 251 mètres d’altitude, que l’on emprunte en allant à l’est de la Old Town, la vieille ville d’Édimbourg. Le sommet est situé à 1,5 km du château de la ville. Au nord de la ville, une autre colline, plus modernisée, vous attend : Carlton Hill. Vous y découvrirez le palais d’Holyrood, le Parlement écossais, ou encore le Monument national d’Écosse, sorte de Parthénon local.

Ce qui fait le charme d’Édimbourg, c’est que partout où vous vous promenez, vous avez envie de visiter. Vous tomberez sur des boutiques insolites, sur des parcs verdoyants, et sur des monuments importants et touristiques, dans toute la ville. Et notamment sur le château, inratable, mais cher à visiter. Perché sur la colline de Castle Rock, on y retrouve les joyaux de la couronne d’Écosse, des tableaux somptueux, mais aussi les appartements de la reine, le siège de l’ancien parlement écossais, ainsi qu’une place d’armes (avec le fameux Scottish national war memorial). Pour évitez d’attendre trop longtemps votre visite, réservez un billet coupe-file, même si au final, l’addition risque de grimper.

Difficile de tout faire dans un week-end, surtout si on veut prendre son temps. Mais à la visite du château, vous pouvez ajouter celle des souterrains d’Édimbourg, qui vaut vraiment le coup. Appelé The Real Mary King’s Close il s’agit de ruelles enfouies sous les bâtiments de la vieille ville (Old Town), des ruelles où s’entassaient les populations les plus pauvres, un labyrinthe où l’on peut facilement imaginer ce qu’il se passait, et l’atmosphère qui devait y régner. Glauque, mais à visiter, et avec des enfants, succès assuré !

Nous n’avons pas fait la visite du Parlement écossais, ou du Musée national d’Écosse, mais ce sont deux activités très recommandées. Tout comme, mais là encore il y a des choix à faire, un déplacement court à Stirling, sur le lieu de deux batailles mythiques remportées d’abord par William Wallace puis ensuite par Robert the Bruce face aux Anglais. Comptez 50 minutes de train (via la gare d’Édimbourg, située à Haymarket, vous pouvez vous rendre quasiment partout !). Une fois sur place, vous pourrez visiter le château de Stirling, son église, mais aussi le site de la bataille et le Bannockburn Heritage Centre qui est un musée qui vous fait revivre cette bataille clé dans l’histoire de l’Écosse.

Tout ceci, c’est bien gentil, mais vous commencez à avoir faim, et soif !

Où boire, où bien manger, à Édimbourg ?

À la question « Où boire à Édimbourg », la réponse facile serait : à chaque coin de rue, et plus encore. Comme dans toute ville britannique qui se respecte. Les pubs sont légion. Nous allons vous en donner quelques-uns qui valent le coup, avec différentes ambiances (testés et approuvés par nos soins).

Tout d’abord, si vous avez envie d’éviter les pubs à touristes, et de vous imprégnez de la culture locale, choisissez plutôt de vous excentrer, pour des pubs de quartier. Du côté du stade des Hearts, un pub traditionnel (qui accueille les supporteurs de club avant les matchs) est The Tynecastle Arm. Situé sur Gorgie Road, vous pourrez y manger, y déguster quelques whiskys écossais, et voir du football, et encore du football.

Autre lieu, autre ambiance, dédiée au rugby cette fois-ci, à deux pas de Haymarket, le Teuchchters, sur William Street. Si vous aimez le calme, les pubs boisés, classes, la bonne nourriture, et le public amateur de rugby, alors cet endroit est fait pour vous. Autant dans certains établissements, c’est un vacarme perpétuel, autant là, ce n’est pas le cas. Un lieu qu’on vous recommande vivement !

Pour le côté vacarme, grosse ambiance, live football live rugby and live music, nous vous conseillons un autre pub : The Three sisters (cowgate). Plus qu’un bar, c’est d’une véritable fan zone dont il s’agit, qui se transforme en night club ensuite. Il faut aimer le bruit assourdissant, la proximité, la sueur, et la bière renversée sur son pantalon le temps d’un match, mais si c’est cette ambiance qui vous plaît, foncez.

On peut également citer des pubs comme le Malone Irish Bars (Haymarket), où il ne vous est toutefois pas conseillé d’aller avec un maillot des Rangers, ou le Roseburn bar à Murrayfield. Mais bien entendu, d’autres innombrables pubs sont sans doute très agréables également.

Enfin, si c’est le whisky qui vous intéresse, le Scotch Whisky Heritage Centre vous permettra de découvrir les procédés de fabrication et l’histoire de cette boisson divine (3 000 bouteilles exposées, dégustation dans la foulée). Mais en marchant dans les quartiers, vous trouverez également certains bars qui vous proposeront des dégustations de nombreux whiskys méconnus.

Pour manger, s’il reste de la place, on ne pourra malheureusement pas vous dire qu’Édimbourg est la capitale européenne de la gastronomie. Comme partout en Grande-Bretagne, les rues sentent le graillon. Le gras et la junk food sont les rois. Il y a quelques adresses qui sont recommandées sur Trip Advisor, plus ou moins exotiques, mais honnêtement, nous avons été déçus du début à la fin en termes de restauration, nous n’irons donc pas de nos conseils. Ou plutôt : trouvez-vous un bon breakfast, un bon brunch, et ça, les pubs savent faire, pour vous permettre de passer la journée tranquillement ensuite. Et pour le soir, advienne que pourra, mais là encore, certains burgers servis dans des pubs n’ont rien à envier à des restaurants qui proposent de la nourriture insipide.

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Vous avez bien marché. Vous avez visité Édimbourg (nous avons oublié de mentionner la cathédrale et les clochers de la ville, somptueux). Vous avez vu un match de football ou de rugby. Vous avez bien bu, et moyennement mangé. Il ne vous reste plus qu’à reprendre l’avion, et à rentrer en Bretagne ! En se faisant la promesse de revenir à Édimbourg, ou bien en Écosse, sur plusieurs semaines, à la conquête du nord de ce pays magnifique.

YV

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