La nouvelle présidente de l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni fait polémique compte tenu de ses propos antérieurs sur les Blancs qu’elle voulait opprimer comme sur l’islam.

Zamzam Ibrahim et l’oppression des Blancs

Zamzam Ibrahim, la nouvelle responsable du NUS (Union nationale des étudiants du Royaume-Uni) présente un profil bien particulier. Élue sur la base d’un appel à une grève nationale au sein des universités britanniques, la jeune femme de 24 ans demande notamment le retour des visas de travail post-études pour les étrangers. Elle remplace ainsi Shakira Martin, qui était à la tête du NUS depuis deux années.

Royaume-Uni
Shakira Martin. Source : The Independent

Mais, avant même son élection, Zamzam Ibrahim n’était pas une inconnue du paysage médiatique outre-Manche. En 2017, ses anciens écrits publiés sur les réseaux sociaux et datant de 2012, avaient fait l’objet d’une controverse. Alors qu’elle était âgé de 16 ans au début de cette décennie, la future responsable étudiante twittait le 9 mai 2012 sous le hashtag #ifIwasPresident [NDLR : « si j’étais Président »] : « J’opprimerais les Blancs juste pour leur donner un avant-goût de ce qu’ils nous ont fait vivre ! » Tout en espérant par ailleurs une « prise de pouvoir islamique ».

Lors de sa prise de parole à l’occasion de son élection le 10 avril dernier à Glasgow, elle a ainsi déclaré : « Notre syndicat national et notre secteur de l’éducation font face à certains des plus grands défis auxquels ils ont dû faire face de mémoire d’homme et ont un besoin urgent de transformation. Les universités du Royaume-Uni font face à la faillite, les étudiants n’ont pas les moyens d’aller en classe et le racisme sévit sur nos campus. »

Une dénonciation du racisme qui prend une dimension un peu spéciale au regard des anciens propos de Zamzam Ibrahim sur les Blancs, bien que celle-ci ait tenté de se justifier en expliquant que ses écrits de 2012 avaient été « sortis de leur contexte » et que ses opinions avaient changé depuis.

Islam et amitié homme-femme

La nouvelle prise de fonction de la jeune femme d’origine somalienne n’a donc pas manqué de provoquer un certain scepticisme quant à la future ligne suivie par l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni. D’autant plus, qu’au-delà de ses anciennes déclarations mentionnées précédemment, Zamzam Ibrahim avait également, en 2012, suggéré que l’amitié entre les hommes et les femmes n’était pas conforme aux préceptes islamiques : « J’ai eu ce débat avec de nombreux amis ! Peut-être dans certains cas, mais du point de vue de l’islam, c’est incorrect pour les filles d’être amies avec un homme de toute façon ! »

Dans un Royaume-Uni où les thèmes du féminisme, de l’homosexualité et de l’identité de genre sont de plus en plus présents dans la société (y compris dans les universités), la nouvelle présidente du NUS va donc devoir soigneusement peser ses mots lors de ses prochaines prises de parole. Au risque de donner des sueurs froides à la gauche progressiste britannique qui devra affronter tôt ou tard ses propres contradictions…

Crédit photos : Facebook NUS
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