L’arrêt des soins de Vincent Lambert, en état végétatif depuis plus de 10 ans, a débuté ce lundi matin au CHU de Reims.

Un nouvel épisode (le dernier ?) dans cette tragique affaire, qui déchire une famille (les parents et deux frères et soeurs veulent poursuivre l’hydratation et l’alimentation de Vincent Lambert, la femme, les autres frères et soeurs veulent arrêter), qui met sur la place publique la question de l’euthanasie (alors qu’aujourd’hui on parle d’arrêt des soins, de privation d’eau et de nourriture pour faire mourir le patient).

Un débat à la fois sociétal, religieux, philosophique, qui divise profondément la société française.

Ainsi, le commentaire de Wilfried sur les réseaux sociaux : « L’incroyable pression médiatique sur le sort de Vincent Lambert est symptomatique d’un certain nombre de traits schizophréniques de notre société, véritable affaire Dreyfus de l’Hippocrate.  Tout d’abord, l’insistance, sur les radios du groupe radio France, de la proximité d’avec le milieu « catholique intégriste » des parents du malade. J’aimerais bien savoir quel serait le ton si ce pauvre homme appartenait à une autre communauté religieuse. 
Ensuite, la même insistance se retrouve, au sujet de la prétendue douceur de la mort, par insuffisance rénale, à grand renfort de « sédatifs profonds ». Je note donc qu’il est possible d’enlever la vie d’un innocent accidenté, mais qu’il serait inhumain de se débarrasser de criminels terribles et avérés, comme de terroristes étrangers sanguinaires. Il serait de même parfaitement contraire à nos « valeurs », terme devenu impénétrable, de renvoyer des clandestins sur leur terre, mais tout à fait admissible de priver de ses parents, un homme extrêmement diminué que l’on décide d’achever.  Notre droit s’arroge donc le droit de tuer le malchanceux en même temps qu’il s’interdit d’éliminer le malfaisant. Un trait de poussière de plus dans le sablier du désastre.»

Pierre et Vivane Lambert ont à nouveau saisi la Cour européenne des droits de l’Homme  selon une procédure d’urgence pour demander le maintien des soins prodigués à leur fils alors que la CEDH avait rejeté fin avril leur requête contre l’arrêt du Conseil d’Etat qui avait validé la décision d’arrêter les soins de leur fils. Le Conseil d’Etat a également annoncé avoir été saisi.

Selon l’AFP, « les médecins vont arrêter la nutrition et l’hydratation artificielles qui sont prodiguées à Vincent Lambert, tout en mettant en oeuvre une sédation profonde et continue jusqu’à sa mort. Cette procédure est encadrée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui interdit l’euthanasie et le suicide assisté mais autorise l’arrêt des traitements en cas «d’obstination déraisonnable». Selon cette loi, les traitements peuvent être «suspendus» lorsqu’ils «apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie». La décision doit être prise par les médecins de façon «collégiale».

Voici une vidéo diffusée par Viviane Lambert, la mère de Vincent Lambert, vidéo qui, pour plusieurs médecins, ne signifie rien.

Quelle que soit l’issue de cette affaire, tragique, la surmédiatisation, la bataille de l’image en pleine société du spectacle et de l’émotion – alors que la famille aurait pu régler cela en interne sans demander l’intervention de l’Etat – auront joué sans aucun doute un rôle dans la conclusion et dans la destinée de Vincent Lambert.

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