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Angela Merkel a-t-elle retenu les leçons de son échec concernant la politique migratoire de l’Allemagne ? Rien n’est moins sûr si l’on s’en tient aux déclarations formulées la semaine dernière par la chancelière.
Le futur de l’Allemagne dépend de l’immigration
Le 14 mai, Angela Merkel a célébré les 70 ans de la signature de la Loi fondamentale (constitution) allemande par un discours devant de jeunes migrants participant à un programme d’intégration.
L’événement était organisé par la Deutschlandstiftung Integration (Fondation allemande pour l’intégration), une fondation qui a mis en place en 2012 un programme destiné à aider les jeunes issus de l’immigration [NDLR : extra-européenne] à trouver un emploi. Le but de ce rendez-vous était de souligner l’importance de la question de l’intégration dans la Loi fondamentale allemande.
Lors de sa prise de parole, la chancelière a déclaré que l’avenir de l’Allemagne dépendait de sa capacité à gérer l’immigration et l’intégration. Il en va ainsi de la « viabilité économique et sociale du pays » d’être capable de relever ces défis selon l’ancienne patronne de la CDU.
Un quart des Allemands issus de l’immigration ?
Par la suite, Angela Merkel a évoqué le fait que « 19 millions d’Allemands » (soit un peu moins d’un quart de la population totale de 83 millions d’habitants) étaient « d’origine immigrée ».
Faisant référence à l’afflux récent de migrants, en particulier en provenance de pays du Moyen-Orient comme la Syrie et l’Irak, la chancelière a déclaré que s’il y a eu et continuera d’y avoir des difficultés, ces changements font partie de la transformation continue de l’Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et d’ajouter : « Nous avons bien compris comment l’immigration est en train de changer notre pays et comment elle va continuer à changer notre pays ». La rubrique des faits divers des quotidiens allemands aussi…
Puis, comme si elle n’avait retiré aucun enseignement de la crise politique qu’elle vient de traverser, Angela Merkel a poursuivi en affirmant que l’Allemagne « doit être un pays d’immigration et d’intégration. » Un impératif qui se justifierait selon elle par l’antériorité du phénomène :
« La diversité, y compris par le biais de l’immigration, est présente ici, au cœur de l’Europe, depuis des siècles ». Une diversité qui était, jusqu’à il y a quelques décennies rappelons-le, uniquement européenne. Un détail qui a visiblement échappé à la chancelière Merkel mais qui pourrait constituer une différence non négligeable dans la capacité d’intégration de ces « nouveaux Allemands »…
Crédit photo : DR
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