Une lame, ça coupe et ça pique. La lame, le nouveau livre de Frédéric Mars (Les marcheurs), impacte, fait mouche. Il s’agit même peut-être du thriller politique de l’année 2019 ! (Bon ok, il reste 6 mois, mais la barre est placée haute).

Les éditions Métropolis frappent en tout cas fort avec ce livre, captivant, qui, malgré sa longueur, se lit de bout en bout, comme on regarde un excellent polar à la télévision.

Voici le synopsis :

Dans une France proche et obscure à la cité de La Solidarité, quartiers nord de Marseille : l’officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre ravagé d’une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête sur les réseaux mêlant drogues, migrants et traite d’êtres humains ne fait que commencer.

Le lendemain, à Lagos, capitale du Nigeria, dans le bidonville flottant de Makoko, l’instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter des revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain s’abat une immense vague-submersion, dispersant des milliers de réfugiés à travers le continent africain.

Au même moment, à l’Élysée, le président de la République Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour dévoiler le renforcement du dispositif Frontex. C’est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce fils de pasteur nigérian de ravir le pouvoir à l’extrême droite en 2027. À peine a-t-il achevé son allocution qu’on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos.

Ces trois histoires ne vont pas tarder à se rencontrer, d’une manière qui pourrait bien changer le monde.  Ce qui va les réunir ? Une lame, rien qu’une lame, qui déjà déferle et emporte tout sur son passage…

La lame, un grand thriller

La lame, c’est un thriller qui imagine notre futur proche (un futur proche qui, s’il se réalise, est une incitation à prendre ses valises pour aller vivre à Budapest, à Prague ou à Moscou, dans ce qu’il restera du monde blanc), qui décrit une France totalement ravagée par l’invasion migratoire. Une invasion permise par des élites totalement corrompues et intéressées par ces mouvements de population gigantesques venues d’Afrique. Des mouvements de population qui permettent à des mafias, organisées jusqu’au plus haut sommet de l’État, de réduire en esclavages des milliers d’êtres humains, à qui sont infligés tortures, viols, prostitution, meurtres… À côté de ce qui est décrit dans La lame et qui se passe en France, la mafia albanaise passerait presque pour une gentille organisation de scouts.

Les trois histoires parallèles — qui vont se regrouper — sont parfaitement orchestrées. Parfaitement crédibles également, que ce soit avec Backo Jackson, dixième président de la République française, noir présenté presque comme un dieu (comme le fût Obama en son temps aux USA) par des médias avides de diversité et d’africanisation. Mais aussi avec la description d’une ville de Marseille devenue une poubelle géante, sale, glauque, violente. Et d’une Afrique, en l’occurrence d’un Nigeria, victime d’un évènement climatique d’importance, tout en étant au bord de l’explosion démographique, avec des régimes qui — n’ayant pas oublié que leurs ancêtres vendaient déjà leurs populations aux plus offrants il y a quelques siècles — perpétuent la tradition africaine de l’esclavage.

Ne cherchez pas du politiquement correct dans le livre de Frédéric Mars, il n’y en a pas. Pour être un grand auteur de roman policier, de thriller, il ne faut de toute façon pas tourner à l’eau de rose et aux pièces de théâtre sponsorisées de BHL. Il faut avoir envie de défourailler à la vitesse d’un 9 mm et c’est ce à quoi s’attelle l’auteur, qui manie la plume comme les esclavagistes africains des cités de Marseille manient la machette dans le livre. Et le tout sans prendre position politiquement, mais simplement en anticipant, en imaginant ce à quoi pourrait, et c’est parfaitement crédible, ressembler notre pays demain. Sans prendre de gant non plus. Les descriptions trashs et violentes (livre à ne pas mettre entre toutes les mains, notamment celles qui sont potentiellement choquées rapidement) ne sont pas sans rappeler le style d’un Mattias Kopping.

Une semaine. Une petite semaine où la société bascule totalement, emportée par une lame. Lame de fond. Lame de couteau. Mais lame quand même.

Frédéric Mars, après Les marcheurs ou encore Le manuel du serial-killer, confirme qu’il est un grand auteur de thriller, avec La lame. Si vous aimé ce genre de bouquins, alors c’est celui qu’il vous faut cet été, sur la plage, où vous voulez, mais lisez-le.

« Attention, ça va couper chérie ».

YV

La lame — Frédéric mars — Métropolis — 21 € (à commander ci dessous)

Crédit photos : DR
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