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Ce reportage datant d’après les accords du Vendredi Saint (1998) montre la solitude, la solitude d’un lendemain de guerre et de l’histoire qui passe et qui laisse les hommes seuls, avec leurs souvenirs. Brendan, Gerald et Tom sont d’anciens volontaires de l’Armée Républicaine Irlandaise (IRA). Pour eux, et pour tous les républicains irlandais, le temps de la lutte armée est désormais révolu.
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- Mais comment vivre en paix après trente années de guerre et de vie sacrifiée ?
- Comment reconstruire sa vie alors qu’au regard de la société, on demeure un criminel ?
- Et comment accepter que la paix ne ressemble pas à la victoire ?
Ils sont aujourd’hui chauffeurs de « Black Taxi » dans les ghettos républicains de Belfast.
Les Black Taxis sont l’un des symboles les plus forts de la résistance. Ils ont été créés au début de la guerre, quand le gouvernement britannique a décidé de suspendre le service de bus qui desservait ces quartiers. À Belfast, les bus étaient conduits par des protestants, qui refusaient d’aller risquer leur vie dans ces zones républicaines. Les habitants se sont donc organisés, ils ont acheté de vieux taxis pour en faire leur transport en commun.
Ces taxis collectifs demeurent, aujourd’hui encore, leur transport privilégié, 7J/7, du matin au soir, sillonnant un même parcours. Conduire un Black Taxi est l’un des rares emplois possibles pour les anciens prisonniers. D’ailleurs, ce système communautaire de transport a été créé aussi dans le but de leur donner du travail.
Ces trajets représentent l’enfermement et l’absence d’horizon de toute une génération qui a passé la première moitié de sa vie en guerre, au combat ou en prison.
Un film d’Élisabeth Jonniaux pour Kuiv Production.
Crédit photo : DR
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