Union des droites : Samuel Maréchal lance l’Alliance pour la France…et s’en retire [interview MAJ]

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MAJ 9 juin 2019 : le ridicule en politique ne tue pas, heureusement. Quelques heures près avoir annoncé le lancement de l’alliance pour la France. le père de Marion Maréchal, Samuel Maréchal a annoncé qu’il se retirait de ce mouvement.

Constatant que l’ambiguïté n’arrive pas à être levée malgré des déclarations très claires sur le fait qu’il s’agit d’une initiative indépendante et sans vocation électorale et ne souhaitant pas que cette association interfère dans les activités de ma fille Marion, je décide de me retirer de cette association. 
Je continue mon engagement d’une autre manière au service de l’Alliance pour la France.

 

Dans la foulée des élections européennes – qui ont été marquées par la déroute de la quasi-totalité des partis de droite hors RN, et la consolidation du socle macroniste – les initiatives et les appels à l’union des droites se multiplient, tandis que de l’autre côté les caciques de LR tentent de faire renaître l’UMP – voire l’UDF – du début des années 2000. Nous avons rencontré Samuel Maréchal qui vient de lancer une nouvelle association, afin d’insuffler l’union des droites.

Breizh-info : Samuel Maréchal, quel est le but de votre association ?

Samuel Maréchal : C’est une association – ou un groupe de pression –  qui vise à rassembler tous les tricolores – ou patriotes – qui souhaitent qu’au second tour des élections à venir, municipales, régionales, cantonales, présidentielles, etc. il y ait un réflexe de vote tricolore contre Macron ou le candidat « officiel » macroniste – ces derniers sont en effet dans une logique de parti unique.

Breizh-info : Quel est le principe fondamental de votre association ?

Samuel Maréchal : Que les Français doivent intervenir dans le jeu politique face à la crise des pouvoirs politiques traditionnels et ce front médiatique qui veut conserver le cordon sanitaire vis-à-vis de candidats qu’il juge trop à « droite ». En province, ce vote peut sauver la France et notre peuple. Il faut reconnaître que partout la mondialisation a ramené au devant de la scène la priorité de défendre les nations et le protectionnisme.

Breizh-info : Et les exportations alors ? On peut remarquer lors des européennes que la Bretagne, l’Anjou, la Vendée, terroirs où il y a beaucoup de PME et d’industries exportatrices, n’adhèrent guère au protectionnisme et se sont tournées vers Macron.

Samuel Maréchal : Il y a des traités de libre-échange entre les États dans une logique de gagnant-gagnant. En plus, il faut prendre en compte les enjeux climatiques, et donc taxer les produits du quotidien qui nous viennent du bout du monde.

Breizh-info : C’est le syndrome de la coquille Saint-Jacques : un produit breton qui vient dans les faits du Pérou, du Vietnam, d’Argentine ou des îles Kouriles. Certes, mais encore ?

Samuel Maréchal : La France qu’on appelle « périphérique » en a marre de la gestion des partis parisiens et du diktat d’image imposé par les médias mainstream. Outre la nécessité de s’associer sur des idées de bon sens, il y a aussi celle de défendre des élus locaux, régionaux, etc. dont le premier des soucis, c’est la France et les Français. Il faut redonner la première place au fait politique [au sens grec de l’engagement pour la cité] et non à l’économie. Au niveau européen, les forces politiques se réunissent pour défendre en priorité les intérêts de leur nation.

Breizh-info : Un peu comme le groupe transpartisan breton à l’Assemblée nationale, qui n’a eu d’ailleurs que peu de succès sur les grands enjeux, comme la Réunification ?

Samuel Maréchal : C’est la même logique. Sauf que la politique, ce sera toujours du compromis et la nécessité de défendre l’intérêt du plus grand nombre, pas des logiques d’exclusion.

Breizh-info : Un des enjeux complètement occultés des européennes : le ras-le-bol des entreprises et des PME qui s’estiment écrasés de charges, et qui l’ont exprimé pendant la première phase des Gilets jaunes. Qu’en pensez-vous ?

Samuel Maréchal : On a l’impression que ceux qui créent les richesses sont en effet les premières victimes de l’échec pluridécennal de la gouvernance de notre pays. On entend régulièrement qu’il faut réduire les charges, mais en réalité, on entretient les rentiers d’un système à bout de souffle et totalement incompétent par rapport aux enjeux de la mondialisation.

Breizh-info : Et comment venir à bout de ce problème ?

Samuel Maréchal : Nous sommes en train de comparer les programmes des partis de droite : RN, DLF, LR… On se rend compte que 60 % des projets sont compatibles, et qu’on peut réduire les divergences sur les 40 autres pour cents.

Breizh-info : Dans nos colonnes, Charles Gave a plaidé pour un programme commun de la droite, comme il en a existé un qui a permis le retour au pouvoir de la gauche en 1981. Qu’en pensez-vous ?

Samuel Maréchal : Il faut certainement un programme commun des partis nationaux, et j’ai noté qu’il y avait déjà de grandes avancées aux européennes. Ainsi Bellamy et LR ont plaidé pour la préférence européenne et nationale, tandis que le RN abandonnait la sortie de l’euro.

Breizh-info : Cependant, dans les faits le peuple exècre les caciques de droite et leurs egos – et le total des voix de droite n’a jamais été aussi bas, autour de 32 %. Qu’en dites-vous ?

Samuel Maréchal : Beaucoup de votants tricolores ne sont pas allés voter. Si cette base électorale muette pousse les états-majors des partis, il y aura un souffle de renouveau qui se verra dans les votes, comme ça a été le cas pour le Brexit où beaucoup de gens qui ne votaient plus sont revenus voter.

Breizh-info : Pensez-vous que LR peut survivre aux européennes ?

Samuel Maréchal : Dans sa forme actuelle, non.

Breizh-info : Quel est l’avenir que vous pronostiquez ?

Samuel Maréchal : Ce n’est pas mon problème, je ne suis pas membre de LR. Je souhaite bon courage à ses dirigeants. Cela dit, tant qu’il n’auront pas défini un programme et une logique, tant qu’ils n’accepteront pas le soutien ou le fait d’appeler à voter pour un parti frère – le RN par exemple – ça ne marchera pas.

Breizh-info : Projetez-vous vers les municipales ?

Samuel Maréchal : Oui, elles sont importantes dans la reconstruction. De plus, les élus locaux sont moins sous la contrainte des états-majors et ils défendent souvent des programmes de bon sens.

Breizh-info : À propos de bon sens, Charles Gave dans nos colonnes disait que Béziers devait être un modèle pour les municipales à venir. Qu’en dites-vous ?

Samuel Maréchal : Je pense que Béziers est effectivement un modèle. Ce que Ménard a fait est vraiment un modèle, et c’est le cas aussi dans beaucoup de villes gérées par le RN comme Hénin-Beaumont ou Fréjus.

Breizh-info : Alliance pour la France est lancée par le père et l’ancien collaborateur parlementaire de Marion Maréchal. Et elle dans tout cela ?

Samuel Maréchal : Elle est directrice de l’ISSEP, une école de sciences politiques qui participe à former les dirigeants de demain. Elle donne du corps à ce qu’on attend, dans le cadre de la défense de la France et du peuple. Elle est à disposition pour permettre une alternance, car le RN ne pourra pas gagner tout seul.

Breizh-info : Elle a un rôle dans votre association ?

Samuel Maréchal : Pas du tout. Aujourd’hui, elle n’est pas dans une logique électoraliste.

Breizh-info : Où en est votre association ?

Samuel Maréchal : On a déposé le nom, on est en train de se structurer et de déposer l’association. Les gens intéressés peuvent nous joindre sur [email protected]

Propos recueillis par Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : DR
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