L’auteur des coups de feu sur un tramway, le 16 juin à 23h35, à la station Médiathèque, à l’ouest du centre-ville, n’a pas encore été identifié. Mais nous avons reçu un témoignage sur cette fusillade et la scène particulièrement humiliante vécue par les policiers qui venaient d’interpeller le groupe visé dans le tramway. Elle témoigne de l’ampleur du laisser-aller sécuritaire à Nantes et de la dérive « marseillaise » de la capitale bretonne depuis plusieurs années.

« Les coups de feu ont eu lieu après une embrouille dans le tram entre deux groupes de dealers clandestins du Maghreb, l’un qui deale sur Commerce et l’autre vers Médiathèque », raconte Ali*. « Je suis arabe aussi, donc j’en parle sans détour, mais moi je bosse. Eux sont venus faire de l’argent facile sur le dos des gens. Donc ils se sont embrouillés, y en a un qui a tiré avec un pistolet à plomb et après, quand les flics sont arrivés, ils ont sorti du tram les gens visés que les autres disaient ne pas connaître et les leur ont présentés ».

« Médiathèque c’est notre quartier »

C’est là qu’intervient une scène édifiante : « les autres ont dit aux flics ‘’maintenant vous dégagez, Médiathèque c’est notre quartier, c’est chez nous’’. C’est assez impressionnant, car eux ne sont pas chez eux ici, ils n’ont pas de papier, ils dealent, ils volent, et ce sont les policiers qui sont partis la queue basse ».

Pourquoi ? « J’avais vu autre chose, il y a quelques mois. Il avait eu une opération conjointe sur Feydeau-Commerce avec des BACs d’autres villes, Paris, Rennes. Un gros groupe, ils n’arrêtaient pas de faire des contrôles, ramener les types au commissariat, confisquer la drogue. Y en a un, il est pris en flagrant délit de vol de portable rue Kervégan, il a un couteau sur lui, du shit, le flic fait son boulot, l’autre lui dit, ‘’fais ce que tu veux, demain même lieu même heure, je te casse la gueule sale pute’’.

« Le flic le ramène au commissariat, et le lendemain quand il fait sa tournée, l’autre il est déjà là, il l’interpelle, ‘’hé sale pute, tu te souviens ? Viens ramène ta sale gueule’’ Dans ces conditions ce n’est guère étonnant que les policiers n’insistent pas. S’ils les secouent, c’est eux qui auront des grosses emmerdes, alors que les voleurs clandestins font ce qu’ils veulent, ce sont les maîtres de la ville ».

LM

Crédit photo : DR
[
cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine