Dealers dans les HLM de Nantes Métropole Habitat : 8% des halls concernés

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Nantes Métropole Habitat s’est décidé – très probablement à l’instigation des pouvoirs publics et de la PJ, déterminés à lutter contre le trafic de drogue qui gangrène Nantes – à décompter les halls touchés de près ou de loin par le trafic de drogue. Le décompte est édifiant : près d’un hall sur 10 abrite des dealers, et 28 sont carrément annexés par le deal.

Sur l’ensemble des halls HLM de la ville, 164 (8 %) connaissent des perturbations, dont 134 à des degrés forts : si 40 accueillent des groupes de jeunes plus ou moins discrets, 66 recueillent des « incivilités » régulières et 28 sont annexés par le deal. Certains d’entre eux se trouvent d’ailleurs très près du domicile du premier adjoint, Pascal Bolo (PS) – qui a préféré fermer les yeux toutes ces années, quitte à dévier les bus de la TAN ou demander aux contrôleurs d’éviter les abords de ces halls très juteux pour le business de la drogue.

Plus discutable, Nantes Métropole Habitat a décidé de s’attaquer au problème – les municipales, c’est l’an prochain. Et si Johanna Rolland en vient à promettre la gratuité des transports le week-end, c’est que ça sent le sapin. Mais si la cause mérite du courage, Nantes Métropole n’est pas téméraire et ne préfère traiter que le haut de l’iceberg : les 28 halls les plus pourris.

Au programme, condamnation de l’une des deux portes du hall, installation de grilles et de portillons, vitrage des entrées opaques, obstacles coupe-vue pour que les dealers ne puissent plus voir les policiers arriver – l’inverse risque d’être aussi vrai et de compliquer planques et filatures –, déploiement de la vidéo-surveillance, réfection des cages d’escalier, etc.

Un emplâtre sur une jambe de bois ?

Mais ces mesures risquent d’être coûteuses – l’on parle déjà d’un million d’euros pour modifier le parking d’un immeuble sévèrement touché par le deal – et surtout inutiles. Tant pis pour le contribuable. « Les dealers s’adaptent », lâche un policier nantais. « Ils ne vont pas céder un point de vente qui rapporte, ils choisiront la facilité – se déplacer dans un autre hall – ou tout simplement empêcheront les travaux. Ils savent déjà scier les caméras au pied, ils savent aussi incendier les engins de chantier ou menacer les travailleurs, hélas. Ce sont les ouvriers qui paieront la trouille politique de Johanna Rolland ».

Car celle-ci semble avoir encore perdu une bonne occasion de se taire et lâche carrément le morceau dans les colonnes de nos confrères d’Ouest-France (19 juin) : « un des endroits où le RN a le plus progressé aux européennes, c’est justement sur la pointe est de l’île de Nantes », gangrenée par le deal.

« Les dealers ont fait de notre quotidien une prison, et la mairie ne fait qu’y ajouter des barreaux »

On peut d’ailleurs ajouter que le RN a fait de bons scores, voire les a améliorés aux abords des quartiers sensibles nantais – là où les habitants subissent « l’enrichissement culturel » au quotidien : deals, rodéos, délinquance, cambriolages, irrespect, voitures brûlées, bruits les soirs du ramadan, bâtiments publics brûlés pendant les émeutes, etc. « Repeindre les halls ne changera rien à notre quotidien », relève un habitant de la Boissière, « mettre des grilles et des digicodes non plus : les dealers ont fait de notre quotidien une prison, et la mairie ne fait qu’y ajouter des barreaux ».

Un travailleur social ajoute : « Il serait nettement plus utile de s’attaquer à la cause, c’est-à-dire le marché, et donc à ces fils de bourges, et bons électeurs socialistes, qui ne voudront jamais vivre dans les quartiers sensibles et mettent leurs enfants dans le privé si leur école publique accueille des enfants de là-bas, mais qui savent très bien y venir pour trouver de la drogue. Gageons que Johanna Rolland n’en aura jamais le courage et préférera faire payer quelques portes, caméras et pots de peinture aux contribuables, puis venir inaugurer les travaux avec la presse. Mais en définitive, elle jette de l’argent par les fenêtres au service de sa réélection ».

Louis Moulin

Photo d’illustration : DR
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