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L’agriculture biologique va-t-elle sauver les abeilles (domestiques) dans l’Hexagone ? C’est ce que laisse entendre une étude sur la question.
Agriculture intensive : des abeilles en manque de fleurs
Sur Breizh-info.com, nous évoquons régulièrement le sort des abeilles, menacées par divers facteurs. Si la mortalité de ces dernières ou l’épineux sujet des pesticides sont des points d’inquiétudes, voici cette fois une nouvelle plus réjouissante. D’après une étude française publiée le 26 juin dans le Journal of Applied Ecology, l’agriculture biologique améliorerait les conditions de vie des abeilles mellifères. Pas vraiment une surprise pour les connaisseurs de la nature, cela étant dit.
Les travaux ont été conduits par une équipe de chercheurs du CNRS, de l’Inra et de La Rochelle Université. Dans le cadre d’un dispositif, unique à l’échelle européenne, de suivi des abeilles domestiques, les scientifiques ont passé au crible six années de données archivées concernant 180 ruches situées dans le centre-ouest de la France.
En quoi une production agricole biologique est-elle donc profitable aux abeilles vivant aux alentours ? Celles-ci se nourrissent exclusivement de nectar et de pollen. Et elles connaissent une période de disette alimentaire durant les mois de mai et juin, entre les périodes de floraison du colza et du tournesol. Ce manque de fleurs à la fin du printemps est caractéristique des zones où est pratiquée une agriculture intensive. En conséquence de quoi, les abeilles collectent moins de pollen et produisent moins de miel durant cette période de l’année. De plus, la croissance des colonies est freinée.
Des abeilles plus prolifiques avec l’agriculture bio
Dans ce contexte, il apparaît en parallèle que l’agriculture biologique constitue une bonne alternative pour préserver l’avenir des abeilles françaises. Avec ce mode de production, les abeilles domestiques auraient donc accès à plus de ressources. À l’instar des adventices, aussi appelées « mauvaises herbes ». Une dénomination plutôt inappropriée pour le coup…
Parmi les colonies d’abeilles vivant au milieu de terres exploitées en agriculture biologique, l’équipe de chercheurs a découvert des quantités supérieures par rapport aux colonies situées dans des paysages agricoles conventionnels. En effet, ce sont jusqu’à 37% de couvain (qui désigne l’ensemble des oeufs, des larves et des nymphes protégés par les abeilles), 20% d’abeilles adultes et 53% de miel supplémentaires qui ont été observés dans les zones travaillées de manière naturelle.
De quoi déduire également de ces résultats que l’absence de pesticides à l’échelle locale permet de réduire la mortalité des abeilles. Par ailleurs, la meilleure disponibilité de fleurs mellifères dans la zone de prospection des abeilles permet d’augmenter les réserves en miel. Une corrélation qui rappellent le fragile équilibre d’un tel écosystème.
Crédit photos : DR
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