La France vote pour le retour de la Russie dans l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe

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Éjectée de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) après les événements de Crimée en 2014, la Russie y est de retour malgré la vive opposition de l’Ukraine, des pays Baltes et du Royaume-Uni. Plus étonnant, les seize délégués français ont voté unanimement en faveur de ce retour. Tentative de réchauffement ou changement de braquet de Macron, tenant jusque là d’une position dure, calquée sur celle des Etats-Unis, par rapport à la Russie, sans engranger de succès tactique ou diplomatique ?

La chaine russe RT a fait le décompte des pays qui ont voté pour ou contre le retour de la Russie dans l’APCE, une organisation qui regroupe 47 pays eurasiatiques (sauf la Biélorussie depuis 1997) qui se sont engagés à respecter les droits de l’Homme.

Douze pays ont voté à l’unanimité pour le retour de la Russie dans l’organisation internationale : Andorre (2 délégués), l’Autriche (5), l’Azerbaïdjan (6), Chypre (2), l’Espagne (5), la France (16), l’Irlande (1), l’Islande (2), la Norvège (5), la Serbie (5), Saint-Marin (2) et la Turquie (10). Onze pays se sont prononcés majoritairement pour ce retour, dont l’Arménie (2 pour, 1 contre), la Suisse (4 pour, 1 contre), l’Allemagne (11 pour, 2 contre), l’Italie (12 pour, 1 abstention) ou encore la Hollande (5 pour, 2 contre).

La Russie, gros contributeur de l’APCE

Trois pays se sont prononcés majoritairement contre : la Pologne (1 pour, 9 contre), la Suède (1 pour, 4 contre), et le Royaume-Uni (2 pour, 8 contre, 3 abstentions). Enfin cinq pays ont voté tout à fait contre : l’Estonie (3 délégués), la Géorgie (5), actuellement secouée par une nouvelle poussée de russophobie dans les rues de Tbilissi, sur fonds de règlements de comptes entre forces politiques internes et pro-occidentales, la Lituanie (4), l’Estonie (3) et l’Ukraine (11) ; cette dernière a annoncé qu’elle suspendait sa participation aux travaux de l’Assemblée.

Selon l’un des élus italiens à l’APCE, Alvise Maniero, « l’absence de la Russie au sein de l’APCE allait à l’encontre de la raison même d’exister de l’institution. Sa raison d’être est de permettre aux 47 pays d’avoir des influences réciproques et de nous permettre d’aller vers les valeurs et les objectifs que nous voulons développer. Les pères fondateurs de l’institution l’avaient fondée comme un moyen d’unir après la seconde guerre mondiale les ex-belligérants ».

Outre le poids géopolitique majeur de la Russie, des enjeux budgétaires ont pu intervenir. Exclue, la Russie ne payait plus sa cotisation de 33 millions d’euros par an à l’APCE, dont elle était l’un des plus gros contributeurs avec la France et l’Allemagne… qui étaient peut-être las de porter à bouts de bras le poids budgétaire de cette institution internationale.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photo : [cc] illustration Bandvela sur Pixabay
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