POUR LES SOLDATS TOMBÉS, documentaire immersif constitué d’images d’archives colorisées et sonorisées, est sorti cette semaine en salles. Petit-fils d’un ancien combattant, le célèbre réalisateur PETER JACKSON rend hommage aux soldats britanniques en racontant leur quotidien dans les tranchées.

Un siècle plus tard, la mémoire de ces soldats continue d’être honorée quotidiennement. C’est notamment le travail de la COMMONWEALTH WAR GRAVES COMMISSION (CWGC), qui se charge d’entretenir les cimetières et mémoriaux dédiés aux soldats du Commonwealth, qui ont péri lors des Première et Seconde Guerres mondiales.

Son rôle commence lorsqu’un corps est retrouvé sur un ancien champs de bataille. Il lui revient de récupérer les ossements et effets personnels du soldat et d’identifier son pays d’origine. Environ 50 corps sont retrouvés chaque année en France, alors que près de 100 000 hommes sont encore portés disparus.

À la suite de recherches permettant l’identification ou non du soldat, la CWGC produira une stèle afin de marquer sa tombe. Elle assurera l’entretien de la sépulture perpétuellement.

The CWGC Experience, pour mieux comprendre

Parce qu’elle est un acteur clé, gardien de la mémoire de ces hommes disparus, la CWGC a souhaité rendre visible son action en créant THE CWGC EXPERIENCE, le Centre d’interprétation de la Commonwealth War Graves Commission, ouvert le 26 juin dernier.

Installée à Beaurains, près d’Arras, la CWGC en France commémore plus de 570 000 soldats du Commonwealth tombés pendant la Première et la Seconde Guerres mondiale. Elle gère près de 3 000 cimetières et mémoriaux, dont 1 300 cimetières en mémoriaux en propre, et environ 1 700 sites dans des cimetières communaux. Pour ce faire, elle emploie environ 450 personnes en France, dont 320 jardiniers répartis en grande majorité dans les Hauts-de-France ainsi qu’en Normandie.

Du travail immense de l’organisation horticole la plus importante au monde à la tâche minutieuse qui consiste à regraver le nom d’un soldat dans la pierre, s’assurant ainsi que la bonne lisibilité de son nom assure la perpétuité de sa mémoire… les employés de la CWGC expliqueront eux-mêmes aux visiteurs en quoi consiste leur travail, et quel est leur ressenti alors qu’ils entretiennent des lieux si particuliers, au cœur du souvenir des soldats tombés au front.

L’histoire du soldat Arthur Burt

En 2017, des restes humains sont découverts près du village français de Lesboeufs, au cœur des anciens champs de bataille de la Somme. À côté d’un squelette complet, on retrouve des plaques d’identité artisanales en fer blanc gravées au nom du soldat Arthur Burt, qui appartenait à l’infanterie légère du duc de Cornouailles. Les recherches montrent qu’il a été tué le 16 septembre 1916, pendant la bataille de la Somme. Arthur est réinhumé dans le Guards British military cemetery de Lesbœufs avec tous les honneurs militaires, à côté de ses camarades, près de l’endroit où il a été découvert. Ses descendants présents à la cérémonie choisissent l’inscription qui est gravée sur sa stèle : « Un jour de devoir accompli / C’est un jour de repos qui commence ». Pendant la première partie de la Première guerre mondiale, on ne remettait aux soldats qu’une seule plaque d’identité. Celle-ci était immédiatement retirée des cadavres pour enregistrer le nom de ceux qui étaient tombés au combat. De nombreux soldats, dont Arthur Burt, comprirent que cette plaque en carton finirait par se détériorer et fabriquèrent eux-mêmes leurs plaques en métal.

Le fondateur de la CWGC, Sir Fabian Ware, eut l’idée d’un système à deux plaques pour aider à identifier les soldats. Après les pertes dévastatrices de la bataille de la Somme, l’armée adopta la suggestion de Ware et les deux plaques d’identité s’imposèrent comme une règle qui est encore en vigueur de nos jours. L’histoire d’Arthur Burt montre combien il est important de ne pas toucher aux artéfacts trouvés dans le sol. Les chasseurs de reliques qui touchent aux sépultures peuvent ainsi se rendent coupables d’empêcher l’identification d’un soldat

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