Avec le développement exponentiel, ces dernières années, des crypto-monnaies (Bitcoin, Ethereum, Ripple, Stellar…), la technologie sur laquelle ces dernières reposent, la blockchain, n’en finit pas de faire parler d’elle… Considérée comme une véritable révolution dans le domaine du développement, elle offre de nouvelles perspectives et de nouveaux champs d’application à de nombreux secteurs d’activité : finance bien sûr, mais aussi ressources humaines, télécommunications, santé, musique, etc. Des perspectives qui constituent autant d’opportunités de carrière pour un profil tech en particulier, celui de développeur blockchain. Pourtant, sans doute du fait des compétences spécifiques qu’il requiert, ce métier peine encore à intéresser les candidats. On fait le point sur ce nouvel eldorado potentiel.

Qu’est-ce que la blockchain ?

Définie par Blockchain France, la blockchain (ou chaîne de blocs en français) est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Elle est principalement utilisée dans trois cas de figures : pour le transfert d’actifs (monnaie, titres, actions, obligations…), en tant que registre, pour assurer une meilleure traçabilité des produits et des actifs, ou encore pour exécuter automatiquement et sans intervention humaine des contrats spécifiques, appelés « smart contracts » (ou contrats intelligents). Plus concrètement, la chaîne de blocs constitue une sorte de vaste base de données, conservant l’historique de la totalité des échanges et transactions réalisés entre ses utilisateurs depuis sa création, le tout protégé par des procédés cryptographiques empêchant toute modification de ces informations a posteriori. Si l’on considère que la naissance de la blockchain remonte à la création du bitcoin en 2008, celle-ci n’a véritablement commencé à être massivement utilisée qu’avec l’émergence de l’Ethereum, en 2015.

Depuis, le secteur public comme le secteur privé cherchent à appréhender toutes les potentialités offertes par cette nouvelle technologie, qui les séduit tant par son caractère décentralisé que par sa sécurité et sa transparence. La chaîne de blocs pourrait ainsi constituer l’architecture de base des applications de demain, faisant d’elle l’un des enjeux majeurs de nombreux secteurs d’activité : banque, assurance, immobilier, ressources humaines, santé, industrie pharmaceutique, la musique… Le principal défaut de la blockchain réside dans sa complexité, qui ne la rend que peu accessible. Les développeurs parvenant à en maîtriser les subtilités sont donc d’autant plus recherchés par les recruteurs…

Développeur blockchain, l’un des profils tech les plus recherchés par les recruteurs

Ainsi, la blockchain constitue une formidable source d’opportunités pour les développeurs, avec une demande des recruteurs de plus en plus forte pour ces compétences spécifiques. A titre d’exemple, en 2016, on a pu observer une multiplication par dix des offres d’emploi liées à la chaîne de blocs sur les moteurs de recherche d’emploi. Depuis, elle ne cesse de croître chaque année, au point qu’on assiste actuellement à une véritable explosion de la demande pour ces profils. Les débouchés sont également de plus en plus conséquents, nombre de secteurs s’intéressant de près à cette technologie. Les secteurs d’activité les plus représentés parmi les recruteurs de développeurs blockchain sont ceux du consulting, des télécommunications, de la banque, de l’assurance et de l’industrie. 2 Les start-ups souhaitant créer des applications décentralisées via la chaîne de blocs sont les premières génératrices d’emploi pour ces talents.

Mais les PME et les grandes entreprises ne sont pas en reste : elles recherchent les spécialistes qui sauront leur permettre de tirer profit de cette nouvelle technologie. Pourtant, on ne peut que souligner (et déplorer…) le fait qu’il existe actuellement en France un réel manque d’offres de formation diplômante liées spécifiquement à la blockchain, et ce malgré la volonté de nos gouvernants de faire figurer la France parmi les nations pionnières de cette technologie (rappelons dans ce cadre la tenue, en avril dernier, de la Paris Blockchain Week, à laquelle participait LesJeudis). Les compétences liées à la chaîne de blocs, de par leur spécificité, sont donc particulièrement rares, ce qui entraîne une pénurie sur ces profils et une véritable tension entre l’offre et la demande pour ce métier. Certains recruteurs n’ont donc parfois d’autre choix que de former en interne des développeurs full-stack, qu’ils font ensuite évoluer vers des projets blockchain.

« Les offres d’emploi en blockchain recensées sur notre plateforme https://www.lesjeudis.com montrent que les recruteurs recherchent principalement, pour ce type de poste, des profils de développeurs ou d’ingénieurs anglophones, maîtrisant parfaitement les langages de programmation C++, Java et Python. Des compétences de haut niveau en datamining, chiffrement et cryptographie, mais aussi en sécurité informatique sont également requises. Malheureusement, ce type de profil constitue une denrée rare, et les recherches des candidats s’orientent principalement vers d’autres métiers IT (réseau, développeur web, etc.). Les talents maîtrisant ces compétences spécifiques sont donc particulièrement sollicités par les recruteurs ! », commente Servanne Morin,  du Groupe LesJeudis. La rareté de ces profils explique le niveau du revenu annuel médian des développeurs Blockchain, plus élevé que celui des développeurs logiciels.

Ainsi, en France, le salaire annuel moyen d’un développeur blockchain se situe entre 50 et 60 K euros. Il demeure toutefois encore bien loin de celui de leurs confrères américains, qui dépasse quant à lui allègrement les 150 K dollars…

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