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Raymond Le Deun a pris le lundi 5 août ses fonctions de préfet du Val-de-Marne. Une nomination, accompagnée d’une légion d’honneur, qui suscite l’indignation, en Corse, notamment des familles de victimes de la catastrophe de Furiani, en raison du passif de M. Le Deun. Explications.
18 personnes dont une lycéenne de 15 ans ont trouvé la mort dans la catastrophe nationale du stade de Furiani, le 5 mai 1992. 2.457 personnes en ont réchappé… blessés et traumatisés à vie. Parmi les victimes, beaucoup témoignent en fauteuil roulant. Car, en plein match opposant le SC de Bastia à l’Olympique de Marseille ce 5 mai, la partie haute de la tribune nord s’est écroulée. Pour les spectateurs situés au plus haut des gradins, c’est une chute de 15 mètres. Cette tragédie est encore très vive et présente dans les esprits, et les familles restent mobilisées afin qu’un hommage demeure avec notamment la journée vierge en matchs de football le 5 mai de chaque année. #pasdematchle5mai.
Raymond Le Deun, un Préfet condamné pour homicides involontaires
Alors directeur de cabinet du préfet de Haute-Corse, Raymond Le Deun présidait, également, la commission de sécurité . Déclaré coupable d’homicides et de blessures involontaires, Raymond Le Deun est condamné à 20 mois de prison avec sursis par la Cour d’Appel de Bastia. Ce haut fonctionnaire aura bien tenté de faire casser la décision par la Cour de Cassation mais la haute juridiction a confirmé la peine estimant que « Raymond Le Deun a commis des négligences qui ont contribué à la réalisation de la catastrophe ». La Cour de Cassation relève « les différents manquements à la charge de Raymond Le Deun qui n’a pas accompli les diligences normales qui lui incombaient, notamment de vérifier l’existence d’un rapport attestant de la solidité de la tribune ! ».
Préfet du Morbihan depuis 2016, Raymond Le Deun vient d’être promu au poste de Préfet du Val-de-Marne. Une carrière « aboutie » jugée inacceptable par le collectif des victimes de la catastrophe de Furiani. « C’est juste scandaleux et « aberrant » expose-t-il car Furiani reste un cauchemar pour beaucoup.
Mais ce n’est pas tout, déjà décoré de l’Ordre national du mérite, Raymond le Deun s’est vu décerner la Légion d’honneur. « Indigne ! » s’offusque ledit collectif qui se dit « scandalisé ».
Des décisions arbitraires
Cette situation horripile, également, du côté de la Bretagne où les décisions du Préfet sont apparues, ces derniers mois, particulièrement « arbitraires ». Il lui est, notamment, reproché son approche de la crise des gilets jaunes lorsqu’il y a quelques mois, ce représentant de l’Etat ordonnait la destruction de leurs cabanes à Vannes… des cabanes détruites à la pelleteuse puis brûlées !
Beaucoup ont alors dénoncé des messages de fermeté inappropriés ainsi qu’un « deux poids deux mesures » systématique dans ses prises de position à l’égard de citoyens Gilets jaunes.
Une pétition en ligne
Une pétition en ligne réclame le retrait de la Légion d’honneur pour Monsieur Raymond Le Deun et son exclusion définitive de l’Ordre. Une pétition qui « considère que ce Préfet n’a aucune légitimité à exercer un tel pouvoir » et qui « sollicite en sus l’annulation des décisions du Préfet Le Deun en Morbihan, notamment de ces six derniers mois.»
Les signataires allant jusqu’à exiger qu’il soit démis de ses fonctions !
« Vergogna », « Une honte » scandent les familles ainsi que de nombreux internautes des quatre coins de la métropole, en Corse, mais aussi depuis l’étranger qui s’insurgent de la situation de ce haut fonctionnaire à une période charnière où la société se rebelle, ne supporte plus les privilèges ni les injustices et le fait savoir.
Oui, au moment précis où les décisions étatiques posent question et où les Préfets sont en première ligne.
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