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En Allemagne, la police du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie va désormais révéler la nationalité de tous les suspects. Un aveu d’échec supplémentaire pour Angela Merkel dans un pays où l’insécurité liée à l’immigration extra-européenne est devenue un phénomène de société. Mais l’information parviendra-t-elle pour autant jusqu’au citoyen allemand ?
Origine des suspects : la fin d’un tabou en Allemagne ?
L’annonce a été faite lundi 26 août par le ministère de l’Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie aux mains d’Herbert Reul, par ailleurs membre de la CDU de la chancelière. Dorénavant, la police de ce Land du nord-ouest de l’Allemagne précisera pour chaque affaire traitée la nationalité de tous les suspects dans ses communications dès lors qu’aucun doute ne subsistera. Le ministre a aussi déclaré que cette nouvelle politique s’inscrivait dans une démarche plus large de transparence accrue.
Toutefois, cette politique de communication sur l’origine des individus à la presse n’est pas la même selon les Länder. Pour l’heure, dans la majorité d’entre eux, la police ne révèle la nationalité que lorsqu’elle considère qu’il s’agit d’un élément important permettant d’expliquer la nature du crime commis ou les motivations.
Basse-Saxe : le SPD ne veut pas violer les droits des suspects
Ainsi, si les lignes du politiquement correct semblent enfin bouger en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il n’en va pas de même en Basse-Saxe. Le ministre de l’Intérieur Boris Pistorius (SPD) a, pour sa part, affirmé que la police du Land continuerait de nommer la nationalité des suspects seulement dans des cas exceptionnels justifiés. Ce membre du Parti social-démocrate allemand considère que la communication systématique de la nationalité des suspects est une atteinte aux droits de l’Homme.
Boris Pistorius a déclaré qu’il ne voyait donc aucune raison de modifier la pratique actuelle, qui sert, selon lui, à protéger les minorités et à empêcher les généralisations et les conclusions inadmissibles. En s’appuyant sur des arguments qui auront peine à convaincre certains Allemands déjà échaudés par les violences migratoires : « Il n’y a pas non plus de valeur ajoutée si la police parle d’un citoyen étranger dont la famille vit en Allemagne depuis deux générations, ou s’il s’agit d’une personne ayant deux nationalités. »
Allemagne. Une femme de 75 ans saignée à mort par des Turcs et un Africain
Nationalité des suspects : la barrière de la presse
Mais, malgré le décret à venir pour mettre en pratique cette nouvelle mesure de transparence en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le chemin de l’information concernant la nationalité des suspects parait encore long avant de parvenir jusqu’au citoyen allemand.
Ainsi, le Syndicat de la police GdP (Gewerkschaft der Polizei), par la voix de son président Oliver Malchow, souligne que la nationalité des suspects joue toujours un rôle dans les enquêtes policières. Avant de tempérer : « Cependant, les résultats des enquêtes n’appartiennent au public que dans une mesure limitée. C’est pourquoi il ne peut y avoir de transparence générale dans le travail de la presse policière dans ce contexte. »
Du côté du Conseil de la presse allemande, on s’est félicité de la nouvelle disposition. Mais, là encore, le filtrage de l’information quant aux origines des suspects est esquissé à demi-mots : « Le simple fait qu’une autorité mentionne la nationalité ne justifie pas son utilisation dans les publications […]. L’origine d’un suspect doit présenter un intérêt public justifié ». Par ailleurs, le Code de la presse allemande indique que, lors de la dénonciation d’infractions pénales, il soit également tenu compte « du fait que la mention des suspects ou des auteurs comme appartenant à des minorités ethniques, religieuses ou autres ne conduise pas à une généralisation discriminatoire de la faute individuelle. »
Une recommandation déontologique qui aura toutefois du mal à duper les lecteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce même Land où ont eu lieu les évènements de Cologne dans la nuit du 1er janvier 2016…
Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/reportyorym)
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