C’est un sale coup pour le tourisme en Irlande du Nord. La compagnie aérienne Ryanair a annoncé réduire drastiquement sa présence au sein des deux aéroports de Belfast (International et Georges Best) et de celui de Derry/Londonderry. Une décision qui fait polémique. De son côté, l’autre compagnie irlandaise Aer Lingus va également réduire son activité depuis l’Irlande du Nord.

Le député du DUP (unioniste) Ian Paisley, a qualifié cette décision d’« attaque vicieuse de Dublin pour plomber le tourisme et l’économie en Irlande du Nord ». Les deux compagnies aériennes n’opéreront désormais qu’à partir de Dublin, Cork, Kerry et Shannon, pour ce qui concerne l’Irlande. « Cela confirme ce que j’ai dit à la commission chargée de l’Irlande du Nord à Westminster, à savoir que la stratégie consiste à faire de Dublin la seule porte d’entrée vers l’Irlande et à détruire les autres aéroports ».

Ryanair n’est toutefois pas la principale compagnie aérienne opérant à partir de l’aéroport de Belfast (International). EasyJet représente environ 80 % de l’activité et ses opérations ne sont pas affectées. Des négociations seraient déjà en cours pour remplacer le plus rapidement possible les vols et les destinations perdues par d’autres compagnies aériennes.

Le départ de Ryanair serait lié – comme à chaque fois que Ryanair quitte un aéroport – à une nouvelle taxe imposée sur les tickets d’avion sur les vols courts en provenance d’Irlande du Nord. Les directeurs des aéroports de Belfast International, de Belfast et de Derry ont fait pression pour que la taxe, qui provoque une hausse du prix du billet d’avion, soit abolie sur les vols courts.

En octobre 2010 déjà, le patron de Ryanair, Michael O’Leary, avait retiré la compagnie aérienne de l’aéroport de Belfast City, après qu’une enquête publique sur un projet de prolongement de piste avait été retardée. En mars 2019, Ryanair a réduit le nombre de ses vols au départ de l’aéroport international de Belfast. Puis la compagnie a abandonné trois destinations vers Gdańsk, Varsovie et Wroclaw, ainsi que des vols vers Malte.

Du côté de la compagnie Aer Lingus, qui sous-traite des vols au départ de l’aéroport de Belfast City vers Faro au Portugal et Malaga en Espagne depuis mi-2018, les services seront interrompus dès 2020. « La décision a été prise à la suite d’un audit qui a déterminé que les routes n’étaient pas conformes aux attentes. En 2020, Aer Lingus continuera à fournir un service quotidien à haute fréquence entre Belfast City et Londres Heathrow. En été 2019, Aer Lingus a augmenté les fréquences sur la ligne à 4 fois par jour les mardis, mercredis, jeudis et samedis. » explique la direction.

Du côté de l’aéroport international de Belfast, c’est la déception qui prime, comme l’indique un porte-parole : « Naturellement, nous sommes extrêmement déçus de cette nouvelle réduction du service. L’aéroport a travaillé dur avec Ryanair au cours des quatre dernières années pour construire, développer et maintenir ces routes directes. Une fois de plus, cela met en évidence le désavantage fiscal que représentent les droits sur les passagers aériens (APD) pour les compagnies aériennes opérant à partir de l’Irlande du Nord. Nous n’avons cessé de souligner le problème que pose la taxe sur les passagers aériens (APD) en Irlande du Nord pour le développement des services aériens et la création d’emplois. Nous espérons maintenant qu’avec ces nouvelles, le gouvernement constatera les dommages que l’APD continue de causer à notre secteur et l’obstacle que la taxe crée pour attirer et maintenir les services. En ne supprimant pas la barrière concurrentielle qu’est l’APD, le gouvernement refuse aux passagers d’Irlande du Nord un choix de destination et un secteur du transport aérien qui offre un potentiel considérable. Il subsiste une forte demande du marché pour des services aériens directs vers les destinations qui ne seront plus desservies par Ryanair. Nous avons déjà obtenu des capacités supplémentaires aux îles Canaries et nous continuerons à travailler avec nos partenaires aériens pour remplacer les services perdus ».

Pas sûr que la perspective d’un Brexit arrange les choses, au détriment du tourisme notamment, mais surtout de la possibilité pour les Nord-Irlandais de se déplacer dans toute l’Europe directement depuis Belfast ou Derry.

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