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Des élections législatives se dérouleront en Autriche fin septembre (le 29) à la suite de la dissolution de la coalition ÖVP-FPÖ. Des élections qui devraient porter la droite au pouvoir, et le FPÖ en 3ème position après le scandale ayant frappé la tête du parti et notamment Heinz-Christian Strache, il y a quelques mois. Comme partout en Europe, c’est l’immigration et l’islamisation qui préoccupent essentiellement la population autrichienne, et c’est autour de ces thèmes que devrait se jouer l’élection.
Cela n’empêche pas la gauche comme la droite de batailler, comme Sebastian Kurz, pour faire interdire le mouvement identitaire autrichien et ainsi donner des gages au système et à la bienpensance. Les conservateurs veulent déposer une proposition au Parlement pour modifier la loi sur les associations, en donnant aux autorités la possibilité de dissoudre une association qui propage une idéologie extrémiste ou hostile à l’État.
Dans le viseur des autorités, Génération identitaire, Identitäre Bewegung Österreich, branche autrichienne de l’ONG européenne anti-immigration et anti-islamisation. Nous avons interrogé à ce sujet son responsable, Martin Sellner, dissident politique chassé récemment par les autorités du Royaume-Uni, passoire migratoire en raison du Commonwealth et qui se paye le luxe d’interdire son territoire à des militants politiques pacifistes issus d’un autre pays d’Europe.
Breizh-info.com : Quelle est la situation politique aujourd’hui dans votre pays, en Autriche ?
Martin Sellner (Génération identitaire) : L’Autriche se trouve actuellement dans une situation particulière. La coalition de droite a été détruite de l’extérieur et le paysage médiatique dominant marqué à gauche se mobilise contre la droite avec l’aide de l’appareil judiciaire. On parle même d’interdire le Mouvement identitaire autrichien (Identitäre Bewegung Österreich, IBÖ).
Breizh-info.com : En tant que responsable européen de Génération identitaire, comment avez-vous perçu les condamnations pour l’opération du col de l’Échelle ?
Martin Sellner (Génération identitaire) : C’est un scandale sans pareil. Des militants qui n’avaient d’autre intention que de protéger leur patrie et leur frontière, n’ont commis aucunes dégradations et ne se sont attaqués à personne, sont traités comme des grands criminels, tandis qu’au niveau international on célèbre et honore les passeurs.
Breizh-info.com : Parlez-nous de la situation de Génération identitaire à travers l’Europe. Comment le mouvement se développe-t-il ?
Martin Sellner (Génération identitaire) : Dans toute l’Europe, le mouvement identitaire est dans la ligne de mire, comme tous les partis de droite. Lʼ« État profond », qui est de gauche, la presse de gauche et les cercles mondialistes font tout pour empêcher les protestations patriotiques et pour qu’il y ait des gouvernements patriotiques. Mais naturellement, nous tiendrons bon.
Breizh-info.com : Ne pensez-vous pas que les actions « de communication » se heurtent désormais à un mur (le mur médiatique, politique, judiciaire, qui empêche finalement d’avancer sur les sujets que vous dénoncez) ?
Martin Sellner (Génération identitaire) : Ce mur n’est pas nouveau. Il a toujours existé et la presse [mainstream] n’a jamais parlé de nous autrement que par mensonge, outrage, diabolisation et moqueries. Mais ça nous est égal. Nous ne pourrons jamais amener la presse [mainstream] à écrire la vérité, par contre nous pouvons la contraindre à mentir de manière de plus en plus absurde.
Breizh-info.com : Pouvez-vous revenir sur l’affaire Christchurch sur laquelle les médias ont dit beaucoup de chose sans jamais vous contacter. Que s’est-il passé avec GI et le tueur ?
Martin Sellner (Génération identitaire) : Il n’y a pas eu la moindre relation entre lui et le Mouvement identitaire autrichien (IBÖ). Cet homme m’a fait un don de 1 500 euros via ma chaîne YouTube en janvier 2018. Sur quoi je l’ai remercié et il s’en est suivie une brève correspondance insignifiante. Il a commis un attentat un an plus tard. Ce meurtrier a été en contact avec beaucoup de gens. Il a fait des dons à de nombreux groupes de droite. Mais nulle part ailleurs qu’en Autriche, il n’y a eu à cause de cela de procès pour participation à un réseau terroriste. Par ce procès abusif, on m’a mondialement stigmatisé comme « complice » de ce terroriste.
Breizh-info.com : Avec Salvini qui vient de quitter le gouvernement italien, le recul sur le Brexit, les difficultés à parvenir au pouvoir pour Le Pen et consorts, quelles perspectives d’avenir pour les populismes et les identitaires en Europe ? N’est-il pas déjà trop tard pour stopper l’immigration ?
Martin Sellner (Génération identitaire) : L’immigration de remplacement n’est pas une chose nouvelle. Elle prend place depuis des décennies et se poursuivra encore pendant tout le siècle à venir. Nous devons tout faire pour la ralentir, la stopper et l’inverser. Dans le cadre du possible, nous en faisons encore beaucoup trop peu. Le potentiel de la protestation patriotique est encore dans les limbes du point de vue personnel et matériel, et il doit encore s’éveiller. Ce n’est qu’alors que nous pourrons débattre afin de savoir s’il y a encore ou non des possibilités d’action.
Breizh-info.com : Que pensez-vous des efforts laborieux du FPÖ pour prendre ses distances par rapport aux Identitaires, comme on le voit cette semaine avec Ursula Stenzel qui a participé à l’une de vos manifestations et prétend subitement ne pas avoir su que vous en étiez les organisateurs ?
Martin Sellner (Génération identitaire) : Je comprends ces figures imposées mais je n’ai aucun respect pour cet exercice, car ce faisant, on saute comme un animal de foire à travers les cerceaux des médias et on renforce ainsi leur souveraineté morale. Je ne me désolidarise par intime conviction que de ce que je refuse intrinsèquement, comme par exemple le terrorisme et la violence. Mais jamais sous la seule pression de [la presse] mainstream. C’est une attitude que tous les patriotes devraient avoir.
Propos recueillis par YV
Crédit photos : DR
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