Delta Meca, une entreprise de Loire-Atlantique reprise par ses propres salariés

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En France, chaque année, plus de 185 000 entreprises sont susceptibles d’être cédées, ce qui permettrait de sauvegarder 750 000 emplois. Les chiffres donnés par Bercy montrent pourtant une autre réalité : seulement 60 000 d’entre elles sont effectivement mises en vente chaque année… et à peine la moitié d’entre elles finissent par trouver un repreneur. Une des raisons majeures de cette difficulté à passer la main ? La cession de l’entreprise n’a pas été anticipée et n’a pas forcément été envisagée pour ce qu’elle est : une transmission de savoir-faire et de compétences.

Transmettre une société, c’est avant tout une aventure humaine ! Le choix ne se résume pas à céder l’entreprise à un tiers ou à passer le relais à ses enfants. Il existe une autre alternative qui redonne ses lettres de noblesse à la transmission : la transmission aux salariés. Dès la création de Delta Meca en juin 2008, les fondateurs, Christian Caillé et Mireille Breheret, se sont fixés un objectif : permettre à leurs salariés d’autofinancer le rachat de leur entreprise. Un pari un peu fou qui s’avère être une réussite totale ! 11 ans plus tard, l’avenir de Delta Meca est assuré, et la succession déjà engagée : en 2020, Damien Vostry et Arnaud Chevalier prendront officiellement les rênes de l’entreprise.

Delta Meca, une pionnière de l’économie sociale et solidaire

Christian Caillé et Mireille Breheret décident de créer leur SARL le 1er juin 2008 à Couëron (Loire-Atlantique) en mettant l’accent sur la dimension humaine. Leur priorité est de permettre à leurs salariés de devenir actionnaires. À l’époque, il y a plus de 10 ans, cette démarche est totalement avant-gardiste ! Ils commencent par concentrer leurs efforts sur le développement de Delta Meca, une société spécialisée dans l’usinage et la coupe des métaux par tournage fraisage, ainsi que la chaudronnerie et la soudure. Pour se démarquer de la concurrence, ils se positionnent sur la fabrication de pièces urgentes, techniques et unitaires, toutes technologies confondues. Un choix stratégique qui s’avère payant : Delta Meca compte aujourd’hui plus de 200 clients, emploie 46 personnes (dont 7 apprentis) et elle a réalisé en 2018 plus de 5 millions de chiffre d’affaires. En mai 2015, pour couronner tout le travail accompli et le deuxième déménagement vers des locaux plus grands et plus fonctionnels, Delta Meca innove alors en lançant la toute première SCOP d’amorçage en France. L’idée est de partager la gouvernance et les bénéfices, tout en transmettant les responsabilités aux hommes et aux femmes qui font la richesse de l’entreprise.

« Il faut démystifier la SCOP ! Dans le milieu industriel, ce statut fait un peu peur et il y a beaucoup d’idées reçues qui circulent. Pourtant, il s’agit d’une structure formidable pour valoriser le travail des équipes et assurer la pérennité de l’entreprise. C’est une excellente voie pour créer les bonnes conditions pour une bonne transmission » explique Christian Caillé.

Les principes fondamentaux du statut SCOP (Société coopérative et participative) sont les suivants : un homme, une voix ; des salariés majoritaires au capital ; le partage des résultats cadré par le schéma de la SCOP. Le grand avantage de la SCOP est que les règles de fonctionnement sont très souples, car définies sur-mesure d’une entreprise à l’autre.

Une transition tout en douceur avec un réel accompagnement

Réservée aux entreprises « en bonne santé » de moins de 250 salariés, la SCOP d’amorçage simplifie considérablement la transmission de l’entreprise. Il y a en effet un délai de 7 ans, durant lequel les dirigeants sont également salariés, et accompagnent leurs futurs successeurs. Quand Delta Meca a décidé de passer en SCOP d’amorçage, il y a d’abord eu une validation collective via une Assemblée générale ordinaire. 33 collaborateurs sur les 35 employés que compte Delta Meca en 2015 adhèrent à ce projet qui leur permet d’utiliser leurs dividendes pour autofinancer l’entreprise. Le montant de la vente est également négocié dès le départ. L’aventure collective peut ensuite démarrer… Le concept est simple : lorsque un salarié apporte 5 000 euros à la création ou à la transmission, la région réalise un investissement identique. Et tous sont associés à la gouvernance. Un système de commissions, très ouvert, permet de proposer des orientations à prendre sur de nombreuses thématiques, qui alimentent le Conseil d’administration. Elles sont ensuite validées en assemblée générale puis, une fois par mois, une réunion de suivi permet de faire le point.

« Alors que les métiers techniques et le travail manuel sont complètement dévalorisés en France, le passage en SCOP permet aux hommes et aux femmes de retrouver une dignité au travers de leur entreprise. Nous les avons vu se redresser, s’impliquer, et prendre des décisions efficaces » explique Mireille Breheret.

Aujourd’hui, Delta Meca compte 32 actionnaires, bientôt 38 avec les derniers embauchés en CDI, car au bout d’un an d’ancienneté, tout le monde adhère à la SCOP. La future direction sera assurée par : Damien Vostry (PDG), 34 ans, actuellement chargé d’affaires et futur responsable administratif et financier, et Arnaud Chevalier (DG), 29 ans, actuellement directeur technique et commercial. Un choix qui a été approuvé par l’ensemble des salariés sociétaires ! Christian et Mireille leur passeront les commandes en 2020.

Officiellement pressentis pour diriger Delta Meca depuis 4 ans, ils se préparent à leurs futures fonctions depuis deux années déjà, tant en interne qu’en externe. Par exemple, alors que l’entreprise a besoin de financer et de concrétiser la construction d’un bâtiment de 1 000 m², ils ont déjà endossé leur costume de chef d’entreprise pour gérer l’ensemble de cette opération. Ils se chargent aussi de l’acquisition de nouvelles machines et du développement de nouvelles activités (chaudronnerie, métrologie, montage…).

Et Christian Caillé de conclure : « La mise en place de ce directoire, basé sur une hiérarchie de compétences reconnues, permet à des personnes charismatiques de s’occuper de la gestion de l’entreprise. Nous vivons dans la transmission et la pérennisation des savoirs. Cette vision sociétale nous permet de passer le relais en étant tout à fait sereins, car nous savons que notre entreprise ne tombera pas entre les mains de spéculateurs ».

Crédit photos : DR
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