Un Tchadien de 32 ans, habitant du squat du gymnase Jeanne Bernard de Saint-Herblain, à 100 mètres des limites de la commune de Nantes (quartier Beauséjour), est décédé cette nuit, après des soucis de santé constatés la veille. Son corps a été retrouvé à midi. Des tensions ont éclaté l’après-midi entre squatteurs et forces de l’ordre, riverains et politiques demandent l’ évacuation immédiate des lieux.

Le gymnase Jeanne-Bernard est occupé par des migrants installés par des militants immigrationnistes depuis maintenant plus de 10 mois. Ces jours-ci, le tribunal administratif a accordé trois mois de répit avant l’évacuation des lieux à la préfecture, qui se refuse d’évacuer et de mettre à l’abri les migrants pour ne pas aggraver l’appel d’air que connaît Nantes. Toléré par l’évêché de Nantes – propriétaire des lieux via la fondation la Providence – le gymnase fait vivre l’enfer aux riverains.

Près de 800 migrants entassés dans le squat

En effet, ils sont maintenant près de 800 à s’entasser dans et aux abords du gymnase, avec  un cortège quotidien de bagarres, agressions, trafics, squats… il y a même eu un viol en juillet dernier. Jusque là, les élus ne s’en sont guère préoccupés – à commencer par le maire de Saint-Herblain, mais les municipales se font de plus en plus proches.

Suite à la mort du migrant – décédé d’un arrêt cardiaque – de vives tensions ont éclaté vers 15h20 puis 17 heures lorsque les forces de l’ordre ont voulu faire enlever le corps. Des migrants se sont pris aux forces de l’ordre et ont incendié des poubelles, notamment pour protester contre leurs conditions de vie. Un escadron de CRS a été déployé sur place à partir du début de soirée – à la grande joie des dealers de Commerce où ils sont habituellement positionnés.

Le calvaire des riverains

Suite à la mort du migrant et aux émeutes aux abords du gymnase, les riverains sont consignés chez eux et regardent avec inquiétude les policiers devoir reculer face aux squatteurs. Nous avons joint un des riverains : « il faut évacuer ce gymnase tout de suite. Il devait être expulsé depuis le 12 juin, le préfet d’Harcourt a refusé de faire son travail et d’apporter le concours de la force publique. Résultat, un mort. En faudra-t-il un chez les riverains ou la police pour comprendre, enfin, qu’on a raison et que la situation est invivable ? Ils sont ici chez nous chez eux et se comportent comme une armée d’occupation, on n’en peut plus et la loi nous empêche de nous défendre ».

Dans les colonnes de nos confrères d’Ouest-France, la maire PS de Nantes Johanna Rolland, grandement responsable de la situation – nombre de ces migrants ne seraient pas arrivés à Nantes sans l’accueil inconditionnel que leur ont fait miroiter les élus de sa majorité – déclare sans sourciller : « Je dis ma colère, mon écœurement. Qu’est-ce que le ministère de l’Intérieur attend ? Ça fait des mois que les associations l’interpellent. Je rappelle que dans la loi française, c’est au ministère de l’Intérieur de mettre à l’abri les migrants ».

Quant à Jean-Marc Ayrault, l’ex-maire de Nantes, et de Saint-Herblain, il est sorti de sa retraite sur Twitter pour plaider lui aussi l’accueil inconditionnel : « La mort d’un homme au gymnase #JeanneBernard nous rappelle la situation dramatique dans laquelle se trouvent des centaines de #migrants qui y sont réfugiés.Qu’attend l’Etat pour enfin les accueillir dans des conditions dignes,conformes au Droit et aux valeurs de notre République? ».

« C’est à cause de ces salauds que ce migrant est mort »

Pour un autre riverain du gymnase, « les déclarations des politiques, à commencer par la maire socialiste de Nantes, sont indignes. Ils sont directement responsables de la situation, de notre calvaire, et de la mort de ce migrant. Tout comme les petits bourges qui ont ouvert ce squat et qui viennent les nourrir, tout en nous insultant. Ceux qui veulent des migrants partout, sauf chez eux, ceux qui plaident l’accueil inconditionnel, mais aux frais des autres. C’est à cause de ces salauds que ce migrant est mort ».

Louis Moulin

Crédit photo : Breizh-info.com
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine