Breizh-Info s’arrêtera le 31 décembre s’il manque 30 000 euros
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Six mois après l’incendie de Notre-Dame – dont on ne sait toujours s’il est criminel, ou s’il est dû à une négligence criminelle – il semble qu’à Nantes, aucune leçon n’ait été tirée. Breizh Info a testé la sécurité de plusieurs lieux de cultes nantais. Le constat est accablant : dans une ville qui a déjà connu deux gros incendies sur des lieux de culte (Cathédrale en 1972 et Saint-Donatien en 2015) liés à des chantiers de réparation, rien n’a été fait pour sécuriser durablement les accès toitures des lieux de culte.
A Saint-Clément – une église néogothique située non loin de la gare, à l’est du centre-ville nantais, le clocher est fermé à clé. Sauf pendant le triduum de Pâques, du Jeudi au Samedi Saint, où des paroissiens montent dans la galerie pour photographier d’en haut la munificence de la messe traditionnelle. En oubliant de verrouiller derrière eux. Là haut, il y a un des plus hauts clochers de Nantes, et une vue magnifique sur la ville. Merci.
Au centre du Bouffay, l’église Sainte-Croix est bien sécurisée. Le clocher, toujours fermé, et il y a souvent un paroissien musclé pour faire le vigile. La vue est belle [lire notre article exclusif avec photos], mais dans une église hélas abonnée aux intrusions hostiles en tout genre – voire aux tentatives de certains mendiants de harceler les fidèles dans l’église même – la sécurité est un impératif, assumé avec efficacité.
A Saint-Nicolas (1844-1869), érigée en basilique mineure en 1882, église emblématique du centre-ville nantais, pour aller dans les hauteurs, rien de plus simple. Il suffit d’attendre une grande messe, quand l’orgue joue. L’organiste ne referme pas derrière lui, si bien qu’il suffit de repousser une grille dans l’indifférence générale, puis ouvrir une porte et grimper un colimaçon. Là-haut, on accède à l’arrière de l’orgue, ainsi que les galeries qui courent de part et d’autre de la nef – le triforium.
Si les portes donnant sur la toiture au niveau du transept sont dûment fermées, on ne peut pas dire que le clocher est sécurisé. La serrure est en applique, retenue par six vis – il suffit d’en enlever deux, sur le chambranle, pour s’ouvrir la route des cimes. Là-haut, outre le clocher et la toiture, y a la flèche, vue imprenable sur Nantes garantie.
Plus à l’ouest, on s’arrêtera à l’église Sainte-Thérèse, située non loin du rond-point de Vannes et du marché des Américains (mardi matin). Lors d’un chantier récent de réhabilitation, une porte menant à l’intérieur de l’église est restée souvent ouverte, selon des riverains. Pourtant, cette porte donne sur la chaufferie… mais aussi le clocher.
Là-haut, quatre cloches : Marie-Anne, ré, « je sonne pour la Bretagne », 1 500 kilos, Marie-Agnès, 3 700 kg, « je sonne pour l’Église universelle », si bémol grave, Marie-Thérèse de l’Enfant Jésus, fa, 900 kilos, « je sonne pour la paroisse », Marie-Françoise d’Amboise, mi bémol, 1 200 kilos, « je sonne pour Nantes », reliées par un escalier branlant quoique récent. Sans oublier un grand nombre de plaques de remerciement abandonnées contre le mur du clocher – si leurs donateurs savaient – et un certain nombre d’accès possibles vers les combles et la toiture – si les Nantais savaient !
Bref, il semble nécessaire que les paroisses concernées – ou la Ville pour les principaux monuments bâtis avant 1905 ou suite aux réparations de guerre – investissent dans un certain nombre de cadenas et un minimum de sécurité.
Louis Moulin
Crédit photos : Breizh-info.com
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