st_malo

Les origines de la cathédrale de Saint-Malo remontent au XIIe siècle, mais il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que le clocher soit enfin pourvu d’une flèche. En 1894, la cathédrale se dote également d’un ensemble de quatre cloches neuves fournies par la fonderie Havard de Villedieu : Malo, Jacques Cartier, Noguette, qui sonne chaque soir le couvre-feu à 22h, et Jean de Châtillon.

Des cloches épargnées par les bombardements

Après les destructions de la Seconde Guerre mondiale, ces cloches, épargnées par les bombardements, sont installées dans un nouveau beffroi et munies de jougs métalliques cintrés, destinés à atténuer les poussées sur l’édifice. Malheureusement, cette installation, dite « en rétrograde », empêche les cloches d’exprimer pleinement leur potentiel musical tout en les usant prématurément. Malo est ainsi refondue à deux reprises en 1980 et 1994, mais est fausse depuis lors. Noguette est quant à elle remplacée en 1989 et Jacques Cartier mise hors service depuis la rupture d’une partie de ses anses en 2015, toujours en raison de l’installation défectueuse.

En août 2016, quelques Malouins passionnés créent l’association CAMPANA afin de soutenir un projet de restauration globale de l’ensemble campanaire de la cathédrale au lieu des refontes et réparations ponctuelles qui se sont succédé depuis les années 1970. De son côté, la municipalité de Saint-Malo a mandaté M. Hervé Gouriou, expert campanaire agréé par le ministère de la Culture, pour que soit réalisé un audit complet de l’installation. La décision a alors été prise de refondre trois cloches autour de Noguette, pouvant seule être conservée, afin de retrouver un ensemble campanaire d’une qualité digne de l’édifice destiné à l’abriter. Une cinquième cloche, qui a pris le nom de Notre-Dame de la Grand’Porte, Vierge protectrice de la cité corsaire, a également été créée afin de rendre le plenum de la sonnerie plus allègre et accroître les possibilités de combinaisons musicales. La remise en « lancé franc » de l’ensemble doit achever de redonner tout son éclat à la sonnerie de cette cathédrale à laquelle l’histoire des Malouins est si intimement liée.

Inauguration des nouvelles cloches le samedi 8 novembre

La fonderie Cornille-Havard située à Villedieu-les-Poëles (54), qui avait déjà livré les cloches de la cathédrale de Saint-Malo en 1894, et qui a plus récemment fondu les nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris, a été choisie pour mener à bien l’intégralité du projet. Les quatre coulées de cloches se sont succédé du 31 octobre 2018 au 28 juin 2019. Les nouvelles cloches sont ensuite arrivées à Saint-Malo le 16 juillet pour être exposées tout l’été dans la cathédrale, à la plus grande joie des Malouins et des estivants qui ont ainsi pu se familiariser avec leurs silhouettes majestueuses et apprécier leur riche décoration. Ces quatre cloches ont été bénies solennellement par Mgr Émile Marcus, évêque émérite de Toulouse, le 28 juillet 2019. Au cours du mois de septembre, les Malouins ont pu les voir s’élever les unes après les autres sous les voûtes de la cathédrale pour rejoindre le beffroi où les attendait Noguette, seule rescapée de l’ancienne sonnerie.

Le nouvel ensemble sera inauguré le samedi 8 novembre prochain. Un écran géant installé sur le parvis de la cathédrale permettra à tous d’admirer les nouvelles cloches en mouvement au moment des différentes sonneries qui seront données à entendre. Quelques discours alterneront avec des carillons et des interventions du chœur de la cathédrale. Un film retraçant les différentes étapes du projet sera présenté et la cérémonie se terminera bien évidemment par la sonnerie tant attendue du plenum, c’est-à-dire de l’ensemble des cinq cloches.

Pour permettre la réalisation de ce grand et beau projet, l’association CAMPANA, soutenue par la municipalité de Saint-Malo, propriétaire de la cathédrale et maître d’ouvrage, a lancé le 31 mars 2018 une campagne de mécénat populaire sous l’égide de la Fondation du patrimoine. Les nombreuses visites du clocher organisées par l’association au cours des étés 2018 et 2019 ont permis de présenter concrètement le projet de restauration et de sensibiliser un très large public à la cause campanaire. La souscription a ainsi permis de réunir à ce jour la somme de 175 000 euros incluant un généreux abondamment de la Fondation elle-même. Le montant des travaux s’élevant à 238 000 euros, il reste donc 63 000 euros à trouver avant la clôture de la souscription le 31 décembre de cette année (pour soutenir, c’est ici).

Crédit photos : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V